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galet Voeux de Soeur Agathe : Homélie de Mgr Lebrun et retour en image

Profession perpétuelle de Sr Agathe Dembélé dans l’Institut des Sœurs du Christ à Gethsémani dimanche 5 juillet à 10 heuresen l’église Saint Jean de Rive-de-Gier. (Paroisse Ste Marie-Madeleine en Gier)








Ac 2, 42-47 ; Ps 122 _2 Co 12, 7-10 ; Mt 5, 1-12

Homélie

Sr AGATHE, « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » 2 Co 12, 9), dit JESUS à PAUL, et probablement à vous aujourd’hui. Frères et sœurs, nous le croyons la puissance de Dieu ne ferme pas les yeux devant la faiblesse. Sinon, serions-nous là ? En JESUS, Dieu est entré dans les limites de l’humanité. Et il n’a pas fait semblant. Il a appris à parler, il a appris à marcher, probablement que petit, il s’est fait mal en tombant ou bien, plus tard, s’est-il blessé en aidant son papa charpentier ; on raconte même que, adolescent, il a échappé à la surveillance de ses parents, une fugue en somme ! Une fugue, vous connaissez !

Mes sœurs, nous vous appelons les « sœurs de Gethsémani ». Gethsémani, c’est le lieu de la plus grande faiblesse de JESUS. C’est le jardin où Jésus ressent un profond abandon, le jardin où il est abandonné par ses amis ; c’est le lieu où JESUS dit à son Père : faut-il que je meure ? Il le prie en disant « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi » (Mt 26, 39), c’est-à-dire, si tu le veux, évite-moi la mort.

Et JESUS est mort. Mais JESUS est aussi ressuscité ! Il a mis sa confiance dans l’amour du Père qu’il n’a cessé de partager. JESUS est mort crucifié par amour et pour l’amour. On peut dire qu’en fait c’est la mort qui a été crucifié avec lui et, elle, elle n’est pas ressuscitée car la mort est le contraire de l’amour et du bonheur. JESUS est vivant : il ne mourra plus !

Il y a bien sûr la mort du corps mais Jésus a aussi crucifié avec lui tout ce qui sent la mort, toutes les blessures qui réduisent notre capacité d’aimer et, même, d’être aimé. Les sœurs de Gethsémani sont appelées à participer à la vie plus forte que la mort, à l’amour plus fort que toutes les blessures, en particulier celles qui affectent les enfants et les jeunes, peut-être les plus cruelles.

Mais, voilà, les sœurs le font à la manière de sœurs ! Elles s’unissent à JESUS, elles suivent JESUS à Gethsémani. Dans quelques instants, Sr AGATHE s’allongera par terre ; c’est presqu’imiter la mort que se coucher par terre. Dans la foi, c’est dire à Dieu, notre Père, tu vois, je suis de cette terre, je suis pécheur comme tous les habitants de la terre, je suis mortel, je m’unis à ton fils qui est mort pour être ressuscitée avec Lui, pour recevoir de Toi, la vie du Royaume avec tous les saints.

Relevée - déjà ressuscitée -, sr AGATHE s’engagera à vivre comme les saints vivent dans le Royaume. Elle anticipe cette vie où l’on ne se mariera plus, cette vie où l’on fera toujours la volonté aimante du Père, cette vie où le partage des biens ira de soi, sera l’unique mode de vie.

Ce sont les vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté. « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3). Les sœurs savent bien que ce ne sont pas leurs « immenses » qualités qui leur donneront de vivre fidèlement l’esprit du Royaume mais leur pauvreté de cœur, c’est-à-dire en vidant leur cœur de leur amour-propre pour le laisser entièrement se remplir de l’affection et de l’amitié de Dieu, et de celle de leurs frères et sœurs. Cette première béatitude entraîne les autres où toute l’humanité est présente et, plus particulièrement, la suivante qui lui est comme la plus voisine : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Mt 5, 4). N’est-ce pas votre vocation de sœur de Gethsémani de faire vivre cette béatitude ?

Frères et sœurs, soyons dans la joie de l’Evangile qui bouscule des vies, qui bouscule nos vies. Sr AGATHE témoigne aujourd’hui que le monde est fait pour l’amour, pour le bonheur : Heureux ! Demandons à Dieu d’être unis au cœur de Jésus qui s’ouvre sur la croix, et continue de battre dans le cœur de l’homme, de la femme, de l’enfant, du jeune qui souffre. Amen.

†DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 08.07.2015 17:59 - Mis à jour le : 09.07.2015 11:20