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galet Vocations ? une baisse inexorable depuis le milieu des années 50

Les statistiques sur le nombre d’ordination de prêtres diocésains sont bien connues… Elles indiquent une baisse inexorable depuis le milieu des années 50. On peut sans peine imaginer le nombre d’entrée dans les cursus de formation au ministère, grand séminaire GFU.GFO. Que penser de ces statistiques ? Nous ne cessons pas de prier pour les vocations ? Dieu serait-il sourd à nos appels ?

Les chiffres sont têtus.

Le diocèse de Saint-Étienne ne fait pas exception à la moyenne des diocèses de France hors Paris et Lyon. Le nombre de jeunes hommes se préparant au service de l’Eglise dans le cadre du ministère presbytéral s’est réduit à un mince petit filet. La « terre de vocation », autrefois donnait des cohortes de religieux, religieuses et de prêtres diocésains. Elle semble s’être progressivement asséchée…

Les causes sont multiples, effondrement démographique des « familles rurales » autrefois forte pourvoyeuses de vocation. Concurrence des structures de formation et disparition des petits séminaires. Crise d’identité du prêtre célibataire dans les années d’après concile. Petit filet admirable de jeunes hommes courageux, et finalement heureux de découvrir ce chemin vocationnel. Il rejoint les diacres de plus en plus nombreux. Dieu appelle des hommes répondent.

On comprend l’inquiétude de certaines… Avec ces statistiques demain, une Eglise sans prêtre ? La dureté des chiffres, semblent plaider pour ce constat… mais nous voyons qu’aujourd’hui le prêtre n’est pas seul. Il exerce son ministère en lien avec un grand nombre de baptisés tous passionnés par l’annonce de l’Evangile. Aujourd’hui comme hier, l’Eglise devrait-elle être moins regardante sur la qualité des jeunes qui se présentent ? Les processus de discernement sont sérieux, rigoureux, et nombreux sont ceux qui n’arrivent pas au terme du chemin.Ces derniers méritent notre estime et notre soutien lorsqu’ils retrouvent la vie "ordinaire".

Les chiffres sont trompeurs.

Si nous réduisons nos statistiques, pour évaluer le dynamisme « vocationnel » de notre diocèse, aux seules ordinations de prêtres diocésains, nous faisons deux erreurs majeures.

D’abord, nous oublions les nombreuses vocations en direction des ordres religieux. Elles sont plus ou moins connues du service des vocations. Les choix se font au gré des contacts avec l’une ou l’autre des grandes familles religieuses. Chacun connaît un ou des jeunes qui répondent à l’appel du Christ, chez les franciscains, les jésuites, ou les Pères de Saint Jean !

L’autre erreur tient à la « fuite des vocations », comme il y a une « fuite des cerveaux » scientifiques vers les pays où les conditions d’exercice de la recherche sont meilleures que chez nous. Cette « fuite des vocations » touche des jeunes garçons qui estiment ne pas pouvoir déployer leur chemin vocationnel dans le cadre de notre Eglise diocésaine. Ils seront prêtres diocésains, mais pour un autre diocèse. A ma connaissance les prêtres diocésains originaires de notre diocèse de moins de 40 ans sont plus nombreux en dehors de notre diocèse que chez nous. Leur chemin est tout à fait respectable et je ne doute pas qu’ils soient d’excellents prêtres là où ils ont été ordonnés, mais je ne puis m’empêcher de penser qu’ils manquent cruellement à notre presbyterium diocésain.

Cette fuite doit nous interroger tous, évêques, prêtres, laïcs au service de la pastorale, membre des mouvements, qu’avons-nous fait, pour rendre notre Eglise locale si peu attractive. Je passe sur cet autre élément bien connu et peu comptabilisé… Je connais plusieurs jeunes avec un réel projet vocationnel, mais qui n’ont pas donné suite à cause de l’exigence par notre église latine de n’ordonner prêtre que des hommes célibataires. Les statistiques manquent et c’est dommage.

Il ne suffit pas de prier

Ces statistiques nous encouragent à toujours prier pour les vocations, mais notre responsabilité est engagée autrement que par la prière. Comment parlons-nous des prêtres ? Une « race » en voie de disparition ? Une espèce menacée ? Comment partageons nous avec eux la même passion pour la mission, le même goût pour la prière et le service des hommes ? Et si un enfant ou un jeune parle avec intérêt de ce mode de vie… Que faisonsnous  ? Un silence pudique… « Pourvu que cela lui passe », ou au contraire une attention respectueuse.

Aujourd’hui pour avancer sur ce chemin, il convient de n’oublier personne et surtout pas ceux qui se sont arrêtés en route ou même qui ont quitté le ministère. Ils ont aussi des choses à nous dire, des fidélités à tisser avec d’autre. Leur liberté peut être aussi appelante.

Ce métier est beau, il est mal connu souvent caricaturé. Les prêtres diocésains sont de belles figures d’humanité chrétienne, savons-nous les aimer et les reconnaître avec la profondeur et l’intelligence spirituelle qui convient ?

P. Louis Tronchon





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Publié le : 29.11.2010 16:45 - Mis à jour le : 29.11.2016 15:01