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Que fête-t-on à l’Ascension ?

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galet Une messe d’action de grâce pour Bienheureux Jean-Paul II à la cathédrale St Charles

Une messe d’action de grâce pour la béatification de Jean-Paul II a été célébrée par Mgr Dominique Lebrun à la cathédrale Saint-Charles dimanche 8 mai 2011 à 10 h 30. A lire l’homélie de Mgr Lebrun.

Monition d’ouverture

Nous sommes particulièrement heureux de votre présence, Père JOATTON, à cette messe d’action de grâce pour la béatification du Pape Jean-Paul II. Vous étiez auprès du cardinal DECOURTRAY pour organiser la visite du Saint-Père à Lyon en 1986. C’est, d’ailleurs, peu après qu’il vous nomma évêque de Saint-Etienne.

J’ai bien perçu la fidélité intérieure à son enseignement que vous avez transmis tout au long de votre épiscopat. Et vous-mêmes avez tenu à ce que le parvis de notre cathédrale s’appelle le parvis JEAN-PAUL II.

Depuis l’aumônerie des étudiants a pris le nom d’aumônerie JEAN-PAUL II, témoin du rayonnement bien connu de ce Pape auprès des jeunes, en particulier à travers les JMJ. Dimanche dernier, avec le pèlerinage diocésain, j’ai aussi été frappé par le nombre de ceux que JEAN-PAUL II, témoin souffrant, a pu aider dans la traversée de toutes sortes d’épreuve (santé, famille, travail).

Notre diocèse comprend deux communautés polonaises dont de nombreux représentants sont heureusement présents parmi nous ce matin. Ils savent mieux que nous ce que représente la béatification d’un Pape polonais par un pape allemand. Nous en rendons grâce en ce 8 mai, jour de l’armistice de la guerre qui opposa férocement ces deux peuples.

Entrons dans la prière que nous offre le 3ème dimanche de Pâques. Que le bienheureux JEAN-PAUL II intercède auprès de Dieu pour que nous accueillons le Christ Rédempteur des hommes dans la joie, sans peur et en vérité.

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Pierre Joattton rencontre le pape Jean Paul II (photo d’archives)
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L’aumônerie étudiante Jean Paul II (photo /©Défrade)
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Messe de la communauté polonaise (/©photo Sophie Charroin)

Homélie de Mgr Dominique Lebrun

Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15
1 P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35 Troisième dimanche de Pâques (A)
Messe d’action de grâce pour la béatification du Pape Jean-Paul II (1er mai 2011)
Cathédrale Saint-Charles – dimanche 8 mai 2011

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Permettez, au début de cette homélie, que je vous dise mon émotion personnelle à chaque fois qu’il m’a été donné de rencontrer le Pape JEAN-PAUL II. Cette émotion s’est renouvelée dimanche dernier sur la place Saint-Pierre. Je pense, en particulier, au moment où se sont avancés deux sœurs portant une relique du sang du Bienheureux JEAN-PAUL II.

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deux sœurs portant une relique du sang du Bienheureux JEAN-PAUL II

L’une des deux, Sœur MARIE SIMON-PIERRE, sœur des maternités catholiques, a été guérie miraculeusement de la maladie de Parkinson. Certains, agacés par la course au miracle qu’amplifie les médias, s’étonnent. Le fait que l’Église ne béatifie une personne qu’après avoir constaté un miracle accompli par son intercession est la conséquence nécessaire que l’Église n’est que l’Église. Comment des hommes pourraient-ils juger de la sainteté d’une personne ? Bien sûr, il y a des traces de sainteté, - la réputation de sainteté -, mais comment juger les cœurs et sonder les reins, comme dit l’Écriture ? L’Église attend qu’un signe vienne du ciel.

Nous sommes dans la logique de la prédication de PIERRE : Écoutez bien ce que je vais vous dire. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien (Ac 2, 22). Sommes-nous assez humbles pour reconnaître notre dépendance du Ciel ? Sommes-nous assez ouverts au Ciel pour en recueillir les signes mais aussi les avertissements ?

Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa Gloire ?, dit Jésus tout en manifestant la patience et la miséricorde de Dieu : En partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Ecriture, ce qui le concernait (Lc 24, 27).

Inlassablement, le bienheureux JEAN-PAUL II nous a ramené au Christ victorieux de tout mal, nous a invités à repartir du Christ. France, qu’as-tu fait de ton baptême ? Son interpellation lors de son premier voyage en France, et reprise à chacun des sept suivants, n’a pas d’autre but.

L’autre sœur, Sr TOBIANA SOBODKA, est l’une de celles qui a servi le Pape dans sa vie de tous les jours. Dimanche dernier, nous n’avons pas célébré la papauté. Nous avons célébré la sainteté d’un homme qui fit sa première communion à 9 ans, fut confirmé à 18 ans, ordonné prêtre à 26 et dont le désir le plus grand fut de s’identifier à l’auteur du psaume 15 que nous avons entendu : Garde-moi mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

La sainteté est une grâce ; la sainteté, plus exactement, est la grâce. Elle est la vocation de l’Eglise ; elle est notre vocation.

… il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection dit Jean-Paul II au seuil du troisième millénaire, comme s’il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques génies de la sainteté pourraient pratiquer. Les voies de la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun. Je remercie le Seigneur, qui m’a permis de béatifier et de canoniser ces dernières années de nombreux chrétiens, et parmi eux beaucoup de laïcs qui se sont sanctifiés dans les conditions les plus ordinaires de la vie.

Le diocèse est reconnaissant au Bienheureux Jean-Paul II d’avoir béatifié ANTOINE CHEVRIER, précisément au cours de son voyage à Lyon, et d’avoir canonisé nos deux saints, JEAN-LOUIS BONNARD et MARCELLIN CHAMPAGNAT. En ce temps de Pâques, il est bon d’entendre le conseil pastoral du Pape : Demander à un catéchumène : « veux-tu recevoir le baptême ? » signifie lui demander en même temps : « veux-tu devenir saint ? »

Entendons-nous la question pour nous-mêmes ?

La relique apportée par nos deux sœurs contenait un peu de sang. Ce sang a coulé place Saint-Pierre, le 13 mai 1981, il y aura bientôt 40 ans, au jour anniversaire de l’apparition de NOTRE-DAME aux bergers de Fatima. Le sang, signe de vie, signe du martyr, sacrement de l’amour !

Bienheureux JEAN-PAUL II, apprends-nous à verser quotidiennement notre sang, sans peur et dans la vérité, à l’image de la Vierge Marie et sous sa maternelle protection.

Bienheureux JEAN-PAUL II, apprends-nous à contempler et à aimer l’amour vraie qui coule en chaque eucharistie.

Bienheureux JEAN-PAUL II, entraîne-nous vers le Ciel.

+ DOMINIQUE LEBRUN
Evêque de SAINT-ETIENNE.





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Publié le : 04.05.2011 07:42 - Mis à jour le : 16.05.2011 15:33