Accueil > Actualités > Reportages et photos
Rejoindre le Monastère Invisible

Don en ligne

galet Une journaliste russe à Saint-Étienne pour témoigner des droits de l’homme en Russie

Zoïa Svetova est venue témoigner des droits de l’homme dans son pays le jeudi 8 octobre 2009 au Centre d’Information Catholique à Saint-Étienne.

« Trois ans après le meurtre d’Anna Politkovskaïa, le 7 octobre 2006, la répression continue sur les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes » explique sereinement Zoïa Svetova, journaliste francophone russe, jeudi 8 octobre 2009 lors de son étape stéphanoise dans son grand marathon qui la conduit dans toute la France pour sensibiliser l’opinion publique sur la question des droits de l’Homme dans la Russie de Medvedev/ Poutine.

Invitée par l’ACAT France et Amnesty [1] , Zoïa Svetova est la fille des écrivains dissidents soviétiques, Zoïa Krakhmalnikova et Félix Svetov, des prisonniers politiques libérés par Gorbatchev.

JPEG - 26.2 ko
Zoïa Svetova au fond

Zoïa Svetova a toujours pris la défense des citoyens face aux injustices commises par l’État. D’abord professeur de français et interprète de conférence, cette jeune femme est devenue journaliste par fidélité à la mémoire de ses parents et à l’héritage spirituel orthodoxe. Dans les colonnes du Novye izvestia, elle dénonce les procès montés contre les Tchétchènes accusées de terrorisme, les dissidents turkmènes ou ouzbeks déportés ou encore les chercheurs russes accusés de haute trahison pour avoir collaboré avec des collègues étrangers. Titulaire de nombreux prix des droits de l’Homme, elle a livré un réquisitoire sans complaisance sur l’état de corruption qui gangrène les rouages du pouvoir et selon elle bloque tout processus démocratique dans la Russie de Medvedev/ Poutine. Trois ans après le meurtre d’Anna Politkovskaïa, le 7 octobre 2006, la répression s’accentue...

A une courte échéance du sommet entre l’Union européenne et la Russie, ces propos méritent d’être entendus.

Jean-Pierre Jusselme

Droits de l’homme, RUSSIE, mauvais élève de l’Europe

JPEG - 53.6 ko

Malgré la volonté de renforcement de l’État de droit annoncée par le président Medvedev lors de sa prise de fonction, la situation des droits de l’Homme reste extrêmement préoccupante en Russie : les assassinats de journalistes et défenseurs des droits de l’homme se multiplient ; la torture est systématique (la Russie est le pays du Conseil de l’Europe le plus souvent condamné pour torture et mauvais traitements par la Cour européenne des droits de l’homme) ; malgré une paix fragile dans le Caucase, les détentions arbitraires, tortures, exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées continuent. Ces violations sont encouragées par l’impunité quasi-complète dont bénéficient leurs auteurs.

Assassinat de Natalia Estemirova

Natalia Estemirova, collaboratrice de l’ONG russe Memorial, a été enlevée le 15 juillet 2009 à Grozny et retrouvée morte de deux balles à la tête et la poitrine quelques heures plus tard en Ingouchie voisine. Elle enquêtait notamment sur les crimes de l’armée russe commis durant la guerre de Tchétchénie. À la suite de cet assassinat, Memorial a décidé de suspendre ses activités en Tchétchénie de façon à protéger la vie et la sécurité de ses employés. Avec ce départ, c’est l’une des rares voix qui dénonçait les violations des droits de l’Homme en Tchétchénie qui s’éteint et il est à craindre que les sujets sensibles tombent peu à peu dans l’oubli.

Les revendications de l’ACAT

L’ACAT-France demande aux autorités russes de respecter les engagements auxquels a souscrit la Fédération de Russie comme membre du Conseil de l’Europe et notamment de :

  • prendre des mesures concrètes de protection et de soutien des défenseurs des droits de l’Homme ;
  • garantir l’intégrité physique et psychologique des détenus et leur permettre d’avoir accès à un médecin et à un avocat de leur choix ;
  • mettre fin à l’impunité en menant des enquêtes impartiales sur les assassinats de défenseurs des droits de l’Homme et de journalistes, et sur les allégations de tortures, afin que les responsables soient traduits en justice ;
  • coopérer sans réserve avec les mécanismes internationaux contre la torture, en autorisant immédiatement la publication des rapports du Comité européen pour la prévention de la torture, et en facilitant sans délai la visite du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture dans tous les centres de détention, y compris dans le Caucase nord.

- Dépliant Russie, droit de l’homme en péril


[1] Des associations étaient partenaires ici localement dont Pax Christi, l’AFL (Conseil départemental des associations familiales laïques), la Cimade , le Comité Tchétchénie Loire Haute-Loire et le mouvement de la paix.




Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 09.10.2009 16:28 - Mis à jour le : 07.06.2010 15:07