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Fête de l’éveil à la foi

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galet "Une foi éprouvée, mais aussi une profonde espérance" par Mgr Lebrun

Articles d’archives 2010

Pour beaucoup de personnes, la fête de la Toussaint est communément associée au 2 novembre, jour des défunts, pourtant la Toussaint est avant tout la fête « de tous les saints », c’est un message de joie et d’espérance qui rappelle que chacun de nous est appelé à la sainteté. Mgr Dominique Lebrun nous invite, comme Bernadette Soubirous, à nous poser la question « quelle est notre vocation ? Qu’attend Dieu de moi ? ». Il aborde la communion des saints, la place de l’Eglise et de la famille dans le deuil, la foi éprouvée face au tombeau, mais aussi la profonde espérance en la résurrection.

Quand certains fidèles associent Toussaint et 2 novembre, jour des défunts

Depuis un certain nombre d’années, nous essayons de mettre en valeur la fête de la Toussaint, qui n’est pas la fête des morts. Pourtant, plus je réfléchis, plus je pense que c’est la même fête : les gens n’ont pas tort quand ils viennent pour la Toussaint en pensant à ceux qui sont morts, car la fête de la Tous les saints, c’est la fête des personnes qui sont effectivement décédées et dont nous croyons aujourd’hui qu’elles sont définitivement dans la lumière de Dieu, dans un amour infini. Surtout dans un amour qui comme le souligne la Bible, « ne connaît plus ni larmes, ni deuil, ni les grincements de dents ».
Pour moi, c’est un peu une même fête avec deux facettes, et c’est bien que nous commencions par celle de la communion des saints ; que nous commencions par la fête joyeuse. La sainteté de Dieu concerne tellement de monde que nous ne pouvons tous les nommer.

De Sainte Bernadette à Sainte Jeanne Jugan : une vocation

Je ne peux m’empêcher de penser à ces saintes que j’ai fréquentées ces dernières semaines, Sainte Bernadette lors du pèlerinage diocésain à Lourdes et Jeanne Jugan, canonisée à Rome le 11 octobre dernier. Nous nous sommes beaucoup intéressés à Bernadette, cette jeune fille pauvre, qui, à 14 ans connaît cet événement incroyable des apparitions et qui continuera par la suite à chercher sa vocation : « Qu’est-ce que Dieu attend de moi ? ». Comme elle, nous ne devons pas rester dans l’autodétermination, dans l’autosuffisance. Notre vie, notre amour, nous les recevons de Dieu et nous devons nous poser, nous aussi, la question : « Quelle est ma vocation ? ». Après les apparitions, Bernadette ne s’est pas dit : « tout est fini ! », non, elle a appris à soigner les malades, est devenue religieuse à Nevers, quittant Lourdes à jamais car, selon elle, « elle n’avait plus rien à y faire. Ce n’est pas ce que Dieu attend de moi ».

Et puis, il y a Jeanne Jugan, fondatrice des Petites sœurs des pauvres [NDLR : Mgr Lebrun a assisté à la canonisation de Jeanne Jugan à Rome le 11 octobre 2009 et célébré une messe d’action de grâce pour la sainte à la cathédrale Saint Charles le dimanche 25 octobre 2009] dont on pourrait dire qu’elle a été « précurseur » dans la création des maisons de retraites, et Dieu sait que nous en avons besoin aujourd’hui !

Prier afin que les défunts soient admis dans la communion des saints

Le lendemain de la Toussaint, le 2 novembre, nous basculons dans la fête des morts qui est, pour les catholiques, la commémoration des défunts. Ce jour, nous faisons mémoire de toutes celles et de tous ceux qui ont quitté cette terre. Nous en faisons mémoire ENSEMBLE car nous croyons que leur devenir, s’il est en Dieu, est aussi dans cette humanité au nombre infini. Nous prions alors pour qu’ils soient admis dans cette communion des saints ; dans la gloire du Seigneur.

Un accompagnement pour les familles endeuillées

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Le 2 novembre (le jour de la Toussaint dans certaines paroisses), nous invitons aux célébrations, avec les autres, les familles ayant perdu un parent dans l’année. C’est une proposition qui est bien accueillie. Les défunts sont nommés, les familles vont déposer une lumière vers l’autel, là où le Christ est présent, car nous croyons qu’Il est ressuscité. L’Église est là dans ces moments importants, mais n’oublions pas que la première Eglise, c’est la famille et que, sans attendre le 2 novembre, il y a des dates importantes à se souvenir : la date anniversaire du défunt, l’anniversaire de mariage pour les veuves ou les veufs… tous ces moments plus ou moins importants, secrets, intimes, que l’on peut célébrer et auxquels les amis, voisins proches, doivent être sensibles car si dans les premiers moments du deuil, on est souvent accompagné, il y en a d’autres où l’on se retrouve seul, ce qui n’est pas forcément souhaitable.

Une foi éprouvée, mais aussi une profonde espérance

Depuis que je suis arrivé à Saint-Étienne, j’ai tenu à me rendre, chaque 2 novembre, sur la tombe des prêtres décédés, au Crêt de Roch [1] où tous les fidèles sont invités car c’est pour eux l’occasion d’exprimer leur reconnaissance. Là, devant la tombe, j’éprouve ma foi : « Où est-il ? Dans cette tombe ou auprès de Dieu ? ». Nous faisons confiance dans ce que Jésus nous a dit : « Je pars vous préparer une place ». Oui ma foi est éprouvée, au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’elle trouve là le creuset où elle se réaffirme. Je ne dis pas « je crois » parce que je l’ai appris au séminaire, mais parce que je suis dans cette espérance devant le trou, devant le vide, devant l’absence de communication. Une profonde espérance de connaître ces personnes que je n’ai pas connues moi-même. J’ai été frappé par la foi d’un homme bénévole qui a mis tout son cœur à remettre les tombes de prêtres en ordre.

Se rendre au cimetière muni de sa foi, de son espérance, de sa charité

J’encourage les familles à aller au cimetière mais pas par goût morbide. En ce domaine, je pense que les excès sont signes qu’il y a encore du chemin à faire. J’entends par excès, les personnes qui n’arrivent pas à quitter le cimetière, qui s’y rendent tous les jours, de même celles qui ne vont jamais au cimetière, qui ne veulent pas accompagner. Il faut respecter mais en même temps inviter à dépasser cela. Je souhaite que les chrétiens aillent au cimetière, munis de leur foi, de leur espérance, de leur charité et pas seulement sur la tombe de leur proche. On peut se recueillir sur les autres tombes, pas par curiosité, mais avec respect, en se disant : « les autres aussi sont mes sœurs et frères ». C’est bien aussi d’inviter les enfants car on peut « raconter des choses » au cimetière, cela vaut largement un temps de catéchèse.

Propos recueillis par Frédérique Défrade 28-10-2010


[1] En raison des funérailles du P. Pierre Dessalces ce jour, Mgr Lebrun n’a pu s’y rendre cette année




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Publié le : 28.10.2010 14:57 - Mis à jour le : 25.10.2011 11:31