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galet Un religieux de notre diocèse, missionnaire en Haïti

Stéphanois d’origine, frère Jean-François Preynat est maintenant à Corail en Haïti, après avoir vécu de nombreuses années en Centrafrique. Le service de la mission universelle de l’Église nous donne de ses nouvelles.

« Haïti est un pays qui accumule les malchances. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a été terrible. Pour ceux qui l’ont vécu, c’était la fin du monde. Ceux qui s’en sont tirés y ont vu une bénédiction de Dieu. La foi, est en effet, très présente en Haïti, mais peut-être pas selon les mêmes critères que les nôtres, et c’est aussi une terre de vaudou », raconte le frère Jean-François.

Par la suite, le pays a été frappé par des ouragans et a vécu une élection qui a porté l’ancien chanteur Michel Martelly à la présidence. Son arrivée au pouvoir s’est faite dans la confusion, le nouveau dirigeant ne parvenant pas à faire accepter un premier ministre aux députés élus. « Le président risque gros, même sa vie. Il y a une espérance avec ce nouveau gouvernement, du moins, pour une grande partie de la population, mais ça va être difficile, car il y a beaucoup de corruption et plusieurs personnes ont tout intérêt à ce que l’ancien système perdure. Ce n’est qu’à la fin octobre 2011 que le premier ministre est entré en fonction.
Il y a aussi des jeux de coulisses dans lesquels sont impliqués Américains, Français et autres. Au plan de l’aide internationale, les Canadiens sont les mieux positionnés parce qu’ils n’ont pas de passé colonial. »

Une aide indispensable aux effets parfois négatifs

Les Haïtiens sont travailleurs, mais la situation économique et l’aide humanitaire - comme effet pervers - ont favorisé le développement d’une mentalité de l’assistanat et de mensonge difficile à enrayer. Il n’est pas facile de faire marche arrière, sous peine d’engendrer de la haine et même de la violence en certains endroits. L’aide internationale marche "sur le fil du rasoir" et l’existence d’une véritable "industrie du don" oblige à un discernement permanent.

De nombreux Haïtiens reçoivent une aide financière de leur famille ou de la communauté haïtienne installée aux Etats-Unis et au Québec, mais les besoins sont immenses et les envois diminuent à cause des difficultés financières actuelles.

Son parcours

Frère Jean-François appartient à la fraternité capucine de Corail (deux frères). Les Capucins étaient présents depuis longtemps en Haïti, les premiers étant arrivés vers 1665.

La vie quotidienne à Corail est bien remplie, et commence par la messe à six heures, soit dans la paroisse, soit à la fraternité. Tout de suite après le petit déjeuner, les activités se mettent en route jusqu’à midi. Frère Jean-François s’occupe de réparations, mais aussi de la gestion de la fraternité.

Jean-François est né à Saint-Etienne en 1944 et il est rapidement entré en contact avec les Capucins qui y avaient une fraternité. Tout jeune, il a appris la menuiserie, puis la mécanique, tout en habitant dans un Foyer placé sous la responsabilité de frère Pierre Domergue. Vers 1967, c’est l’appel de l’Afrique et le départ comme missionnaire laïc, au Gabon d’abord, puis en Centrafrique où il tiendra le garage de Bossangoa, au nord Bangui, jusqu’en 1975.

Retour en France, plus précisément à Menton, sous la direction de frère Pierre Domergue : il y sera le seul novice pendant un an et y prononcera ses premiers voeux le 8 décembre 1976. Avec la possibilité de renouvellement annuel de ses voeux - les voeux permanents seront prononcés neuf plus tard - il reprend le chemin de la Centreafrique et son métier de mécanicien. En charge du garage du diocèse, il restera à Bossangoa jusqu’en 2002, alors que la guerre le force à se réfugier au Tchad.

Il rentre en France en 2003, puis repart pour trois mois au Brésil "pour se changer les idées" . En septembre 2003, retour en Centrafrique par désir d’y retourner, par fidélité et ne pas laisser tomber la population de Bossangoa profondément marquée par la guerre. Nouvelle affectation à Bouar, une année sabbatique à partir de 2006 et le départ pour Haïti le 20 janvier 2008 où il passe par Béraud (2007) et Abacou (2009) avant d’être détaché pour Corail en août 2010.

Un parcours de soixante-sept ans, sur trois continents ...

« On fait ce qu’on peut, avec ce qu’on a et ce qu’on est et c’est Lui qui tire les marrons du feu » affirme le disciple de François pour résumer son action missionnaire. Il ajoute : « Si Dieu a pu se servir de moi pour faire le bien, tant mieux. J’ai été très heureux, en particulier à Bossangoa en Centreafrique où, après le travail au garage, on soignait les plaies des enfants. Ce fut une expérience, non pas méritante, mais gratifiante, à cause de le reconnaissance manifestée par les enfants ».

Enfin, conscient que Dieu travaille avec l’homme et vice-versa, il conclut : « Quand tu sens que tu soulages quelqu’un, tu es prêt à soulever des montagnes. Et Dieu, lui se débrouille avec tout ça ! » .

Un article proposé par Geneviève Boeuf, responsable du service de la Mission Universelle de l’Eglise, diocèse de Saint-Etienne.
Source "Mission franciscaine", revue des Capucins, n°46, février 2012





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Publié le : 26.03.2012 09:55 - Mis à jour le : 12.01.2015 11:38