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galet Un appel aux évêques en faveur de l’écologie

Alors que se tenait le week-end des 11 au 13 novembre 2011 les Assises Chrétiennes de l’écologie, un appel aux évêques de France en faveur de l’écologie est porté par des catholiques qui souhaitent que l’Église de France s’engage concrètement.

Appel aux évêques pour l’écologie : les 15 propositions des acteurs de terrain

Ce texte est issu de la rencontre de chrétiens réunis lors de la Fête de la Nature le 21 mai 2011.

Nous Chrétiens, nous sentons particulièrement préoccupés par les questions écologiques - effet de serre, désertification, artificialisation croissante de la nature et de la vie, dangers liés aux technologies du vivant ou du nucléaire.
Les problèmes générés par les modèles de vie et les systèmes techniques et économiques ont des conséquences sur la biodiversité, sur nos personnes, nos frères et soeurs proches ou lointains, né(e)s ou à venir et suscitent notre mobilisation. Migrations massives, développement de maladies liées à l’environnement, stress hydrique et pollution des eaux, perte de souveraineté alimentaire, mal vivre en sont autant de conséquences, dont souffrent au premier chef les plus pauvres, devant lesquels nous sommes en devoir de nous engager en pensant aux paroles énoncées par le cardinal Villot en 1971 : « Toute atteinte à la Création est un affront au Créateur. »

À ce titre, nous devons donc toutes et tous nous engager dans nos vies, dans la société ou dans nos milieux ecclésiaux et notre mobilisation est indispensable.
Nous connaissons les nombreuses prises de position des papes, allant des mots de Paul VI lors de l’ouverture de la Convention des Nations Unies de 1972 au passage sur l’écologie humaine dans l’encyclique Caritas in veritate de Benoit XVI de juillet 2009, ainsi que la déclaration « Respect de la Création » de la Commission sociale des évêques de France en 2000 qui nous a rappelé que loin d’être le maître absolu de la Création, l’homme doit en être son intendant et son gérant responsable. Mais ces informations ne sont pas encore assez diffusées et connues. Nous observons que de nombreuses initiatives locales en France ou à l’étranger se développent, preuve que les Chrétiens sont en demande.

Nous estimons toutefois qu’en France la parole de l’Église est encore peu visible et insuffisante à la fois dans le débat de société et à l’intérieur de nos communautés. Entendre que « Sauvegarder la Création, c’est participer au Salut. » [1] cela est encore trop rare dans les homélies. C’est pourquoi nous en appelons à la Conférence des Évêques dont la parole commune en novembre prochain - lors de l’assemblée plénière à Lourdes - saura apporter l’impulsion indispensable sur une série de sujets. Une prise en compte sérieuse des questions écologiques dont la gravité et l’urgence nécessitent de dépasser les simples bonnes volontés, est en effet cruciale.

Veuillez trouver ici les 15 propositions sur lesquelles nous espérons votre appui afin que les diocèses, paroisses et mouvements d’Église puissent se mettre en marche :

Célébrer avec la Terre

1. Commencer par le plus saint, c’est-à-dire des hosties et du vin de messe issus de l’agriculture biologique est un premier pas essentiel. Le corps et le sang du Christ qui apportent la vie ne peuvent plus contenir des substances dont nous savons à présent qu’elles sont susceptibles de la détruire. Soutenir par un accompagnement la conversion des communautés qui s’engageront dans cette voie est nécessaire ;

2. Inviter à célébrer la fête oecuménique de la Création entre le 1er septembre et le 4 octobre de chaque année, fête de saint François d’Assise, patron des écologistes. Cette fête est une proposition du Réseau chrétien européen pour l’environnement. Elle pourra donner lieu à un temps de prière, d’échange et pourra aussi être l’occasion de réactiver la tradition des « rogations », bénédiction des fruits de la Terre avec les paysans qui le souhaitent afin de donner une vision cosmique de la Création, néanmoins sans tomber dans la magie du sacré.

3. Mettre en évidence la dimension cosmologique dans la liturgie et valoriser une dimension solidaire et écologique des sacrements. Chaque eucharistie réitère un mystère dont la portée dépasse infiniment celle de l’Église pour s’étendre au cosmos car, comme le rappelle Benoît XVI dans Caritas in Veritate : « La nature est destinée à être “récapitulée”dans le Christ à la fin des temps ». L’humanité ne se sauve pas seule : souligner cette solidarité de l’Homme avec toutes les créatures dans le plan de Dieu apporterait un motif spirituel fondamental pour encourager les Chrétiens à des changements d’attitudes concrets favorisant la préservation des écosystèmes ;

Une église, un jardin

4. Encourager le développement d’espaces de jardinage partagés, grâce à la culture de « simples », plantes ornementales ou par des jardins solidaires et écologiques de production potagère et les mettre à la disposition des fidèles et des voisins du quartier. Cette pratique associative connaît un grand développement depuis une décennie en France et les terrains gérés par les paroisses pourraient y participer activement ;

5. Témoigner davantage de notre espérance en faisant de nos cimetières des espaces naturels préservés où pourra s’épanouir la vie des plantes afin de permettre un retour paisible à la Terre. Le cimetière-jardin de Reims est un bon exemple ;

Paroisses et rassemblements responsables

6. Mieux gérer les lieux ecclésiaux en tenant compte de l’effet de serre. Adapter à la taille de l’assistance l’espace consacré aux célébrations, comme c’est le cas dans la cathédrale de Saint-Étienne où, selon les besoins, les fidèles se rassemblent dans une chapelle plus petite. Adapter et diffuser le travail du groupe suisse Oeku [2] pour l’efficacité énergétique des églises permettrait une meilleure cohérence et de substantielles économies ;

7. Favoriser la prise en compte de pratiques écologiques lors des nombreux rassemblements en tirant parti de ce qui a été mis en oeuvre par la Communauté Vie Chrétienne lors de son congrès de Nevers en 2010 (co-voiturage, vaisselle durable, limitation des déchets, produits locaux) ou par les Scouts et guides de France lors du jamboree de juillet 2010 en Gironde (limitation de la consommation d’eau...). Une mutualisation et une professionnalisation des expériences permettraient la mise en place de labels ou de conditionnalités des soutiens. Une charte des rencontres chrétiennes pourrait être élaborée et servir d’exemple ;

8. Veiller à ce que les célébrations soient accessibles et accueillantes à tous dans leur diversité et notamment aux personnes porteuses de tout type de handicap ;

9. Promouvoir dans les lieux collectifs d’Église (maisons diocésaines, séminaires, lieux de formation de retraite spirituelle, enseignement catholique) des repas issus de l’agriculture biologique et/ou locale ;

Des outils pour réussir

10. Favoriser l’émergence de lieux chrétiens de formation spirituelle et d’initiation à l’écologie pratique ;

11. Programmer dans les Centres de formation diocésains et Facultés de théologie, des sessions de formation à l’écologie théorique (philosophie/sociologie/théologie) et d’autre part dans les centres spirituels des sessions spirituelles axées sur la théologie de la Création afin que des éléments de cette théologie puissent être repris dans le catéchisme dispensé à nos enfants, aux jeunes et aux adultes ;

12. Faciliter la mise en place d’un lieu de représentation des Chrétiens sur l’écologie ;

13. Encourager l’engagement des Chrétiens en faveur de l’environnement en appuyant des outils dédiés (par exemple site internet « Vie simple », réseaux de personnes engagées à l’exemple des « familles zero carbone », bilans carbone) ;

14. Réaliser des audits fonciers à l’échelle diocésaine en vue de proposer des terrains en AMAP (Association de Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou en jardins solidaires d’insertion ;

15. Mettre en place des outils de découverte de la Création et de sa préservation dans les écoles. Quant au nucléaire, malgré les difficultés et la longueur du chemin qui mènera au non-nucléaire, nous demandons que l’Église de France, devant l’absence de maîtrise des installations et du devenir des déchets à l’échelle de centaines de milliers d’années, propose une réflexion éthique susceptible d’entraîner la société vers des solutions plus saines, telle la moindre consommation d’énergie. Nous sommes bien entendu à votre disposition pour approfondir au cours d’un entretien le contenu de l’appel ci-dessus. Il est entendu que les signataires s’engagent à titre personnel.

Premiers signataires :

Damien de Blic, maître de conférence à l’Université Paris VIII -
Colette Brillant -
Anne Camelot, membre d’une fraternité franciscaine et responsable du groupe Pax Christi environnement à Belfort -
 Claire Castellini, documentaliste, animatrice de club Unesco en collège (Monaco) -
 Marie Françoise Colomb -
 Catherine Delestre -
 Martine Delwaste, Développement personnel -
 Alain Demairé, membre des semaines sociales de Toulouse, instructeur régional stagiaire de la Fédération de plongée, signataire de la charte de protection de l’environnement -
 Annie Elain - 
Maurice Elain -
 Cécile Entremont, co-Présidente de Parvis - 
François Euvé s.j. - 
Père Gianni Fazzini, directeur du bureau des styles de vie au Patriacat de Venise et coordinateur national des Bilans de justice (Venise) - 
Xavier de Fontgalland, consultant -
 Damien Gangloff, fondateur de la Christian Organisation for Ecology (CORE) -
 Philippe Gastine, compositeur (Marseille) - 
Anne Gastine, pianiste (Marseille) -
 Michel Giraudeau, Ile d’Olonne -
 Michel Hamon, Chrétiens sans Frontières 61 (CSF 61) militant EELV - 
Florence Grall, photographe - 
Patrick Hubert (Les Teppes - 71) -
 Dominique Jonglez, enseignante -
Monique Konté, bénévole du Ccfd-Terre Solidaire (membre de l’Équipe d’Animation Diocésaine de Paris) -
 Christine Kristof, journaliste et animatrice du Réseau des écosites sacrés (Marseille) - 
Régis Laithier -
Gilbert Landais, participant d’un groupe de réflexion sur les « Biens communs » au diocèse de Rennes (Servon- sur-Vilaine -35) -
 Gérard Lasserre -
Annie-Lou Lecuyer, Fraternité Franciscaine Séculière (Réseau Franciscain Gubbio) -
 Geneviève Planté-Longchamp, orthophoniste -
 Philippe Morand, chercheur retraité - 
Fabrice Morando, auteur compositeur interprète (Paris 20e) -
 Laura Morosini, initiatrice du Plan climat de Paris et responsable « Église et écologie » au comité de rédaction de l’Ami du 20e (Paris) -
 Marco Morosini, docteur en analyse environnementale, école polytechnique de Zurich (Zurich) -
 Sylvie-Nuria Noguer, consultante et médiatrice en développement durable (Montréal) -
 Annie Pech, animatrice du Réseau des écosites sacrés (Paris) -
 Christine Pasquier, retraitée (Les Billanges) -
 Sabine Petit - Dominique Ballonet - 
Serge Baquesano, conseiller d’entreprise -
 Annie Barbay, membre des réseaux Parvis, Seine maritime. 
 
 Jean-Marie Pelt
Diégo Pollet, avocat à la Cour (Paris) -
 Gabrielle Pollet, juriste en environnement -
 Janine Prost (Paris) -
 Jean-Pierre Raffin, co-fondateur et ancien responsable du DESS Espace & Milieux de l’Université Paris 7-Denis Diderot, ancien membre du Parlement européen, président d’honneur de France Nature Environnement -
Bertrand Rollin, membre de l’association culturelle Boquen (membre du réseau Parvis) (Rennes) - 
Axelle Rotella, naturaliste -
 Éric Sapin, animateur socio-culturel, permanent dans une coordination nationale d’associations engagées dans le domaine du service civil/service civique et des volontariats (Évry) -
 Philippe Vachette, économiste, ancien chargé de mission DD à la Ville de Chambéry -
 Gérard Valette, Pax Christi (Colmar) -
 Monique Valteau, moniale.


[1] Adolfe Gesché - Dieu pour penser - -Ch. IV Le Cosmos (Éditions Le Cerf, 1994)

[2] Le guide Paroisses vertes - Guide écologique à l’attention des Églises - conçu par Oeku est une association oecuménique reconnue par la conférence épiscopale suisse et composée de 600 paroisses. Ce guide est notamment destiné à améliorer et rénover les modes de chauffage des paroisses, afin de réduire leur contribution à l’effet de serre. En effet, le chauffage représente souvent et de loin le premier poste en termes d’émissions de gaz à effet de serre et en termes de dépenses. Pour commander en ligne le guide « Paroisses vertes » - Guide écologique à l’attention des Églises
Auteur : Kurt Aufderreggen et Oeku église et environnement
Edition Labor et fides et Oeku - 29 € : ISBN 978-2-8309-1397-2
http://www.oeku.ch/fr/bestellungen.php




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Publié le : 10.11.2011 14:01 - Mis à jour le : 14.11.2011 09:12