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galet Témoignage : Depuis plus de 50 ans... prêtre avec l’ACO !

Le père Pierre Giron est prêtre accompagnateur depuis 50 ans. Il situe la place de son ministère auprès de ce mouvement de laïcs.

Envoyés par l’évêque en paroisses constituées de quartiers populaires, nous arrivions dans le ministère, sortant du Séminaire, sans rien savoir de la vie ouvrière, sinon ce que nous pouvions en connaître par notre famille si nous étions originaires de ce milieu. La première attitude qui nous était demandée, c’était donc d’ouvrir nos yeux et nos oreilles, pour découvrir ce qui faisait poids dans la vie des gens. Écouter pour pouvoir percevoir quelles étaient leurs attentes et pouvoir leur rendre accessible la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Cette attitude d’écoute est ainsi devenue une caractéristique de notre ministère, à l’égard de toutes les personnes rencontrées, quelle que soit leur situation.

Ardeur apostolique

Nous étions aussi habités de ce qu’on pourrait qualifier d’ardeur apostolique, ce désir de faire connaître et rencontrer le Christ à ceux auprès de qui nous étions envoyés. Mais d’autres nous avaient précédés. Et particulièrement s’il nous était proposé d’être aumônier d’une équipe ACO, nous avions à apprendre à « couler » notre volonté apostolique dans les projets d’un mouvement de laïcs. C’était l’époque du livre du Père Cardjin, le fondateur de la JOC en Belgique, intitulé « laïcs en première ligne ». Ces laïcs, engagés par leur vie dans les réalités familiales, professionnelles, sociales, comme baptisés et avec le désir de témoigner de Jésus-Christ, étaient plus qualifiés que nous pour savoir ce qui convenait pour annoncer l’Évangile à leurs compagnons d’existence. Organisés en mouvement, ils définissaient les orientations et les projets que nous avions à découvrir et à soutenir. Il nous a fallu faire confiance, et surtout faire l’expérience, comme prêtres, que nous n’étions pas les conducteurs du Mouvement, ses dirigeants, mais les accompagnateurs dont ils avaient besoin.

Un ministère de service enseigné par l’Esprit Saint

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Giron Pierre

Cette forme de collaboration avec les laïcs nous a appris à vivre notre ministère comme un service, en nous laissant enseigner par l’Esprit Saint, à travers eux. Ils nous ont fait percevoir ce qu’ils attendaient de notre ministère de prêtres : être présents auprès d’eux, notamment dans les équipes de Révision de vie, communier intérieurement à ce qu’ils vivaient, mais aussi chercher avec eux à découvrir et à rencontrer le Christ dans l’Évangile, dans la Parole de Dieu ; et nous soutenir par la prière, l’Eucharistie,... les récollections et les retraites qu’ils nous demandaient d’assurer, pour leur formation.

Progressivement, avec les changements dans la société et dans ce qu’on appelait « la classe ouvrière », le Mouvement a évolué. Des accents nouveaux sont apparus. Il les exprimait par « la volonté de servir la rencontre de Dieu avec les travailleurs ». Cette volonté s’est traduite par des initiatives nouvelles, qu’on appelait les « partages de foi ». Les membres de l’ACO proposaient à leurs amis, à leurs voisins, à leurs camarades de travail ou d’associations, de se rencontrer pour partager ce qui les anime ou ce qui les fait souffrir. Dans ces échanges qui se vivaient « dans la réciprocité », les membres de l’ACO pouvaient exprimer, en présence de tous, croyants ou incroyants, ce qu’ils puisaient dans leur Foi en Jésus Christ. Comme prêtre, j’ai souvent été invité à ces « rencontres élargies ».

Un nouveau visage de l’Eglise

Si la présence de notre « ministère » était souhaitée, c’était pour signifier aux participants que nous n’étions pas dans une rencontre syndicale, politique, associative mais une rencontre d’une « autre » nature. Notre présence comme prêtre pouvait étonner mais permettait souvent d’avoir des échanges en profondeur. Nous étions mis en contact avec des personnes sans aucun lien avec l’Église ou même avec la foi. Et ce contact « en pleine vie » pouvait se prolonger jusque dans les sacrements... C’était en tout cas, la découverte d’un visage de l’Église auquel les gens ne sont pas habitués. Plusieurs, à partir de ces rencontres élargies ont demandé à rejoindre une « équipe » ou exprimaient le désir que de nouvelles rencontres du même genre soient proposées.

Provoqué à approfondir ma foi

Cette participation en tant que prêtre à ces initiatives prises par les laïcs chrétiens m’a fait découvrir et expérimenter des dimensions de mon ministère que je ne soupçonnais pas. Notamment : confronté à l’incroyance, avec ces militants, j’ai été provoqué à approfondir ma foi, à l’enraciner, ainsi que celle des laïcs que j’accompagnais, pour être en mesure « de rendre compte de l’espérance qui nous anime ».

De telles initiatives « relues » en équipe de Révision de vie nous provoquaient à rendre grâce. Elles faisaient aussi apparaître des appels nouveaux qui étaient répercutés à l’ensemble du Mouvement, par ses structures diocésaines et nationales. C’est ainsi que se met en œuvre la volonté apostolique du Mouvement, tout en situant plus clairement la place de notre ministère de prêtre.

Tout cela ne s’est pas fait sans difficulté. Il y a eu des réussites mais aussi des échecs. Et cela nous a amenés à donner une place plus centrale au Mystère pascal. Comme prêtre, l’approfondissement spirituel et théologique auquel j’ai été ainsi provoqué rejaillit dans tous les domaines de la Pastorale.

C’est ce qui me fait considérer qu’être aumônier en ACO a été et reste pour moi une expérience lumineuse, et un stimulant dont je remercie les laïcs qui, souvent sans le savoir, ont contribué à me faire prêtre.

Pierre Giron, prêtre accompagnateur

NB : Si je parle à l’imparfait...c’est parce que ça s’est vraiment passé, et ça continue aujourd’hui de manière renouvelée... Je suis toujours aumônier en ACO et j’y trouve toujours du dynamisme pour ma vie et pour mon ministère.

Revue diocésaine Eglise de Saint-Etienne n°522


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