Accueil > Le diocèse > Communautés religieuses
Don en ligne

galet Soeurs de la Salette à Noirétable : un sanctuaire, lieu de pélerinage marial

La maison d’accueil de Notre-Dame de l’Hermitage à Noirétable est sous la responsabilité d’une communauté de soeurs de la Salette depuis 2000. Installées à plus de 1110 mètre d’altitude, elles proposent hôtellerie et repas pour les pèlerins ou simples visiteurs.

Entretien avec soeur Evelyne et le père Raffin, aumônier du sanctuaire

Article d’archives

Qui vient ici à Notre-Dame de l’Hermitage ?

Jean Raffin : Le sanctuaire et le pèlerinage ont une audience régionale qui n’excède pas cinquante kilomètres à la ronde. Les pèlerins, fidèles, retraitants et touristes viennent davantage du versant auvergnat et du Puy de Dôme. Le sanctuaire est un point de repère pour les auvergnats car il propose des messes à heures fixes. En revanche, on regrette de ne pas voir beaucoup de ligériens, sauf peut-être quelques groupes du Forez et du Montbrisonnais mais quasiment aucun stéphanois. Tout cela est bien sur très dépendant des curés de paroisse.

Qu’est-ce qui fait marcher financièrement et matériellement un tel lieu ?

Sœur Evelyne : C’est essentiellement l’hôtellerie avec les repas, les pensionnaires, les retraites. On est ouvert toute l’année mais le rythme n’est évidemment pas le même en hiver et en été. Les dimanches d’été, il n’est pas rare que l’on reçoive ici entre deux cents et trois cents personnes. Des sœurs supplémentaires et des bénévoles viennent nous aider alors. Jean Raffin : L’automobile a changé la vie du sanctuaire. Autrefois, les gens montaient, en foules immenses, en car pour les grands pèlerinages du 15 août et du 8 septembre. Aujourd’hui, l’affluence est plus diffuse. Le sanctuaire doit être capable d’assurer l’accueil individuel et des groupes, tout en restant à l’écoute de chacun…

Comment faire tourner un tel lieu, une telle maisonnée avec un tel périmètre de dépendances ?

Sœur Evelyne : Chacune a ses fonctions précises mais en même temps nous sommes toutes polyvalentes. Et puis, on est beaucoup aidées par les bénévoles, avec des familles entières qui nous sont fidèles comme la famille Chomette de Noirétable ou M. Paul Blettery, avec plus de soixante ans de présence active autour du sanctuaire et du pèlerinage.

Vous recevez vos orientations de votre congrégation, de la paroisse, du diocèse ?

Sœur Evelyne : Nous sommes au service de l’Eglise. Grâce au dialogue avec le P. Philippe Brunel (prêtre modérateur de la paroisse Saint Roch sur lequel se situe le sanctuaire), on apporte notre concours à la paroisse. Claudette par exemple intervient au niveau de la catéchèse. Tout cela se fait en bonne harmonie.

Quel est le sens d’une communauté de vie apostolique ?

Sœur Evelyne : Comme Marthe qui s’affaire, nous sommes dans le service. Nous sommes une communauté apostolique, ayant une mission d’accueil, de pastorale et de formation spirituelle. L’Hermitage est un lieu marial de réconciliation qui fait écho à notre charisme. Chacune a son apostolat mais nous prions ensemble pour toutes les personnes.

La langue et la culture sont-elles un frein à cette écoute ?

Sœur Evelyne : C’est la foi qui est notre langue et notre culture communes. En groupes, les personnes aiment nous entendre sur le sens de nos vocations. En privé, elles viennent nous trouver pour partager leurs difficultés relationnelles ou leurs interrogations personnelles. Certains ont de « gros bagages » qu’ils viennent déposer entre les mains de la Vierge. Après le partage, ils repartent plus légers…. Je suis très frappée par leur confiance

Vous lâchez tout pour les écouter ?

Sœur Claudette : Vous avez l’heure et nous avons le temps…. ! (sourire)

Sœur Evelyne : Dans ce monde qui vit l’urgence affairée, ils sont notre urgence. Et même si nous avons alors beaucoup de couverts sur le feu ou d’invités à servir, nous laissons cela au second plan car notre urgence, ce sont eux..

Et l’impact catéchétique du lieu ?

Jean Raffin : Souvent, ces jeunes ou ces enfants devenus adultes, nous racontent bien des années plus tard comment ils ont été marqués par le lieu mais sur le moment on ne peut mesurer l’impact sur les enfants et les jeunes. D’expérience, nous savons que l’Hermitage est un point de repère ouvert vers lequel ils pourront se retourner un jour s’ils ont des décisions à prendre ou des choses à déposer…. On aimerait que plus de groupes de la Loire viennent.

Propos recueillis par Jean-Pierre Jusselme pour Eglise à Saint-Etienne n°502

La Vierge et l’assassin : un peu d’histoire

C’est probablement sur un crime qu’a été fondé au XIIème siècle l’Hermitage de Notre Dame. Selon l’histoire la plus répandue, un des massacreurs de la famille d’un seigneur d’Urfé, fuyant la justice, trouva refuge dans les Bois Noirs des hauteurs du Forez. La « Bonne Mère » lui apparut et lui demanda, pour le salut de son âme, de faire pénitence. « Va te confesser au prieur de Noirétable et reviens ici faire pénitence ». Il devint le premier ermite de ces lieux. Très rapidement, les pèlerins vinrent nombreux en ce lieu reculé prier auprès de la source miraculeuse et de la pierre qu’aurait foulée la Vierge marie. Le premier acte officiel mentionnant le pèlerinage de Noirétable date de 1381.

La première église fut construite non loin de la source et de sa chapelle. Elle était desservie par les Bénédictins de Noirétable dépendant de Cluny. Au XVIIe siècle, lutte contre le Protestantisme oblige, les Missionnaires investissent les lieux. Le monastère, à l’emplacement actuel, a été achevé en 1669 et sa physionomie actuelle date de 1746. La Révolution française frappe de plein fouet l’établissement. Des prêtres sont guillotinés ; d’autres entrent dans la clandestinité comme le père Gashon. Il fallut attendre près d’un siècle pour voir revenir une petite communauté, celle des Pères de l’Union au Très Saint Sacrement, qui relance le pèlerinage et restaure les bâtiments. En 1889, la communauté est remplacée par les Missionnaires de La Salette qui doivent s’en aller en 1905 (lois anti-cléricales) pour revenir en 1925. La communauté actuelle, accompagnée par le père Raffin, compte huit sœurs originaires de Madagascar et d’Angola.

Contact : Communauté des Sœurs de Notre Dame de la Salette - Sanctuaire Notre Dame de l’Hermitage - 42 440 Noirétable - paroisse Saint Roch des Montagnes. Renseignements et réservation au 04 77 96 20 30 - Mail : ndh42@wanadoo.fr-
Tous les jours de 8 h 30 à 21 h 30 (sauf heures des offices).





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 02.08.2016 16:47 - Mis à jour le : 08.08.2016 11:31