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galet Service civique, l’Église se prépare à accueillir de nouveaux volontaires

Le service civique est un dispositif gouvernemental destiné à encourager l’engagement des jeunes dans la société en ce qui concerne des domaines comme la solidarité et la lutte contre l’exclusion, l’éducation, l’environnement, le sport et la culture, le développement international et l’action humanitaire, santé. L’Eglise doit réfléchir à la manière de s’y engager.

Le 25 février 2010, les parlementaires français votaient la proposition de loi qui scellait la création du service civique, dispositif initié par le Haut commissariat à la jeunesse. Conçu pour répondre aux besoins d’engagement de la jeunesse, ce projet veut offrir, selon Inès Minin de l’Agence du service civique, "l’opportunité à des jeunes de donner de leur temps à la collectivité et aux autres, renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale." Dans la théorie, des garçons et filles entre 16 et 25 ans pourront accomplir une mission "d’intérêt général reconnue prioritaire pour la nation" en France ou à l’étranger. Neuf champs d’action ont été définis : culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation pour tous, environnement, intervention d’urgence, mémoire et citoyenneté, santé, sports, solidarité.

75000 volontaires en 2014

Le projet est ambitieux, 10 000 jeunes sont espérés cette année, 75 000 d’ici 2014. Quelles structures accueilleront ces volontaires ? Les organismes publics (collectivités locales, un établissement public ou une administration de l’État), les fondations et les organisations non gouvernementales à but non lucratif, les associations. Les structures d’Église sont aussi concernées. C’est pour s’interroger sur les modalités d’application d’un tel dispositif qu’une centaine de membres et responsables de mouvements et associations d’Église ont participé à une journée de réflexion à la maison de la Conférence des évêques de France, le 27 mai 2010. "Ce service civique constitue un enjeu pour la société et les jeunes, estime Sr Nathalie Becquart, directrice adjointe du Service national pour l’évangélisation des jeunes, scolaires et étudiants qui chapeaute la plate-forme. L’Église fait partie de la société et cherche à œuvrer pour le bien commun. Ce service civique rejoint les préoccupations des uns et des autres."

Quelle application concrète ?

Plusieurs associations catholiques expérimentent déjà le volontariat civil (DCC, MRJC, Arche, etc.). Aurore a 21 ans. Après un parcours universitaire indécis, la jeune femme décide de prendre le temps pour "réfléchir à sa vie". Touchée par le témoignage de Jean Vanier et d’un handicapé, elle décide de s’engager au sein de l’Arche. Son volontariat est d’abord surprenant et déstabilisant. "On découvre ses faiblesses, avoue-t-elle. Le volontariat implique d’accepter de perdre ses repères. Je n’ai pas perdu un an mais j’en ai gagné au moins quatre." La journée du 27 mai a été l’occasion d’un partage des expériences et des expertises, et d’une interpellation sur la pertinence du service civique. Si l’intérêt des participants pour le dispositif est perceptible, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur son application : "Quelle distinction entre un salarié, un stagiaire et un volontaire ? Quelle mission confiée à un volontaire ? Qu’attend l’Agence des tuteurs ? Des questions le plus souvent liées aux obligations des structures d’accueil. Celles-ci doivent garantir à chaque jeune une mission sur le terrain et en contact avec le public ; son accompagnement par un tuteur ; assurer au volontaire une formation civique et citoyenne en interne ou via une association spécialisée, etc. Des critères qui, pour les organisateurs de la rencontre, ne doivent pas être un frein à l’arrivée de volontaires. "Le service civique est une opportunité à saisir, il a une finalité différente que l’embauche d’un salarié, remarque Charles Le Gac de Lansalut, directeur de la Délégation catholique pour la coopération (DCC). Il s’agit de construire un projet avec un jeune. Ce dispositif est l’occasion de donner aux jeunes et de recevoir d’eux. La jeunesse est une richesse, il ne faut pas passer à côté."

Les domaines prioritaires pour le Service Civique

La solidarité et la lutte contre l’exclusion, l’éducation, l’environnement, le sport et la culture, le développement international et l’action humanitaire, mémoire et citoyenneté, santé.

Pourquoi l’Eglise catholique s’intéresse-t-elle au Service Civique ?

Sr Nathalie BecquartSr Nathalie Becquart : Parce que c’est un dispositif nouveau et ambitieux, lancé par Martin Hirsch et le Haut Commissariat à la Jeunesse, essentiellement destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, pour répondre à leur soif d’engagement. Derrière lui, c’est tout un projet de société : plus de cohésion sociale, plus de solidarité entre les générations, plus de citoyenneté. Ce projet citoyen rejoint tout à fait ce pour quoi œuvre l’Eglise au service du lien social et de la fraternité. Par ailleurs, à travers toutes ses actions, ses propositions jeunes, ses mouvements et organisations de jeunesse, l’Eglise en France aujourd’hui est un acteur majeur de la politique jeunesse car elle est en lien avec eux par de nombreux biais. On peut citer que 50% des jeunes passent aujourd’hui par l’enseignement catholique, près de 70.000 jeunes français iront aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Espagne, avec les diocèses et les communautés.

Quels sont les enjeux pour l’Eglise ?

Sr Nathalie Becquart :Les premiers enjeux sont de faire connaître aux jeunes ce dispositif et de leur proposer. Car l’expérience de l’Eglise sur le volontariat montre que cette initiative peut être réellement un plus, un atout, un enrichissement pour les jeunes. Les objectifs du gouvernement sont très ambitieux puisqu’il s’agit dès 2010 d’avoir 10.000 jeunes en Service Civique, pour atteindre 75.000 en 2014, soit 10% d’une classe d’âge. Cela ne pourra se faire sans des relais forts et les « prescripteurs » que peuvent être des animateurs, aumôniers, accompagnateurs... Je pense que l’Eglise a un rôle important à jouer pour le proposer, non seulement par des campagnes de communication mais aussi et surtout de manière interpersonnelle, et par des témoignages de volontaires, grâce aux contacts qu’elle entretient avec les jeunes, à travers de multiples organismes. De par ses nombreuses actions, l’Eglise joue un rôle dans la société, notamment dans les domaines de la solidarité et de l’éducation. Elle a donc aussi la possibilité de proposer des missions de Service Civique. Elle en a d’ailleurs déjà une bonne expérience à travers les dispositifs précédents de volontariat civil. Le Secours catholique, les Scouts et Guides de France, le MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne), l’Arche, le Rocher, le réseau Lasallien, notamment, ont déjà une expérience de volontariat en France sur de petits effectifs et souhaitent augmenter le nombre de missions proposées à des jeunes. De plus, il y a une dimension pastorale, de permettre ce type d’aventure et d’y accompagner les jeunes. On le voit bien sur le volontariat international avecla DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) : pour beaucoup, c’est le lieu d’une expérience humaine et spirituelle forte, qui permet d’avancer sur le chemin de la rencontre avec le Christ et de devenir davantage acteur dans la société et dans l’Eglise.

En quoi consiste la plateforme de concertation qui réunit certaines structures d’Eglise ?

Elle rassemble tous ceux qui ont déjà l’expérience du volontariat selon les modalités précédentes et tous ceux qui ont déjà exprimé l’envie de se lancer dans l’aventure du Service Civique. Aujourd’hui cette plateforme, en plus des acteurs déjà cités, réunit la JIC (Jeunesse Indépendante Chrétienne), l’Enseignement catholique et la Facel (centres de loisirs et patronages dans le diocèse de Paris) et pourra s’ouvrir à d’autres. Cette plateforme de concertation a pour objectif de partager les expériences, les savoir-faire ou les questions autour du Service Civique, de voir comment mutualiser les forces, en termes d’action et de communication. Elle pourrait aussi devenir l’interlocuteur ecclésial pour l’Etat sur la question du Service Civique. (...) Tout le monde s’accorde à dire que l’Eglise ne peut pas être indifférente au déploiement du Service Civique et doit réfléchir à la manière de s’y engager.

Source : Conférence des Evêques de France

La Délégation Catholique pour la Coopération : lieu d’une expérience humaine et spirituelle forte

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Publié le : 19.06.2011 16:26 - Mis à jour le : 25.06.2011 07:05