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Fête de l’éveil à la foi

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galet Retour sur les rencontres Chrétiennes de l’Ennéagramme

900 personnes ont assisté aux Rencontres Chrétiennes de l’Ennéagramme du 9 au 11 novembre 2013. Des vidéos du week-end sont disponibles sur le site des rencontres chrétiennes

confrontation de questionnements pour une meilleure connaissance de soi et un chemin de foi

Des vidéos du week-end sont disponibles sur le site des rencontres chrétiennes sur http://www.rencontreschretiennesenn...

L’événement, co-organisé par l’hebdomadaire La Vie et le Diocèse de Saint-Etienne, en partenariat avec RCF et le Centre d’Etudes de l’Ennéagramme, a rassemblé près de 900 personnes venues de toute la France. Ces rencontres ont permis de se poser la question de la compatibilité entre développement personnel et vie spirituelle à travers l’outil de l’Ennéagramme, de plus en plus utilisé en psychologie et ressources humaines notamment.

Le Père Jean-Luc Souveton, responsable de la Délégation diocésaine au développement personnel et aux spiritualités hors frontières, vise à ouvrir des dialogues d’amitié, dans des domaines où il n’y a pas réellement de pastorale, mais pour lesquels le monde contemporain interroge notre foi. Après les Assises Chrétiennes du Jeûne en 2010 et celles de l’Ecologie en 2011, il souhaitait mettre l’accent sur la relation entre vie spirituelle et connaissance de soi à travers cet outil pédagogique d’étude de la personnalité reposant sur neuf profils systémiques qu’est l’Ennéagramme.

Qu’est-ce que l’Ennéagramme ?

L’Ennéagramme représente un instrument de connaissance de soi ayant sa cohérence propre, indépendamment de toute religion ou spiritualité. Il s’adresse à tous ceux qui cherchent à s’introspecter, mais n’a aucune prétention théologique. Ce n’est pas une connaissance théorique, mais avant tout une auto-observation dans sa vie quotidienne la plus simple. Il constitue un travail sur soi-même permettant d’élargir le champ de ses possibles.

Le cercle de l’Ennéagramme représente les hommes et femmes du monde. Sur ce cercle, neuf points de repère représentent chacun un type de personnalité. Ces neuf types de personnes regardent chacun le centre du cercle. Nous sommes souvent convaincus que notre point de vue est le seul valable et, quand l’autre perçoit une réalité différente, nous considérons qu’il a tort et que nous avons raison. L’Ennéagramme propose de sortir de ce carcan et d’écouter l’autre de son propre point de vue.

Ennéagramme et vie chrétienne : pourquoi ?

Les chrétiens ne vivent pas en dehors des autres hommes. Il faut savoir accueillir ce qui est bon dans notre monde. Il faut aussi pouvoir connaître l’outil pour accompagner les gens qui l’utilisent. L’important est d’entrer dans une réflexion, de comprendre que des automatismes nous limitent au lieu de nous déployer. L’objectif est ensuite propre à chaque personne : « on n’est pas esclave puisqu’on sait », explique le Père Jean Luc Souveton. L’Ennéagramme reste un outil parmi tant d’autres, mais sa spécificité réside dans ce travail d’auto-observation à partir du réel conduisant à une prise de conscience. Il permet de mieux se connaître et donc de mieux accueillir l’amour de l’autre et l’Amour de Dieu : "Me connaître. Te connaître", disait Saint Augustin. L’outil permet aussi de découvrir qu’il y a des attitudes de Jésus vers lesquelles nous allons spontanément plus facilement selon notre type.

Etre des chercheurs de la rencontre de soi, de la rencontre des autres

Parmi les conférenciers, Norbert Mallet, consultant en management et organisation, pose la question de la place de la personne humaine dans l’Amour de Dieu. Pour lui, l’Ennéagramme, en tant qu’outil, permet d’harmoniser l’histoire du Salut et de la personne humaine. « Dieu peut me parler en fonction de qui je suis, c’est en cela que l’Ennéagramme peut être un outil efficace. Il faut savoir l’utiliser et être cohérent avec l’éthique des caractères. Cette philosophie s’enracine chez Aristote et est très bien décrite par Thomas d’Aquin. Il faut accompagner chaque personne en fonction de qui elle est, comme le Christ s’adapte aux tempéraments de chacun. Le but est de comprendre comment Dieu s’adresse à chacun. »

Etienne Séguier, journaliste à La Vie, écrivain et formateur en développement personnel, souhaitait à travers ces rencontres « prendre le temps avec des personnes de différents horizons, se donner les moyens de réfléchir ». Il aime à donner cette image du marteau qui peut à la fois construire des cathédrales et faire le mal. Pour lui, ces rencontres permettent d’avancer dans l’intelligence de la foi.

C’est aussi ce qu’explique l’évêque Monseigneur Dominique Lebrun lors de la joyeuse messe du dimanche soir : « être des chercheurs de la rencontre entre notre humanité et notre Dieu ». L’événement constitue un temps de rencontre et d’interrogation. « Il faut chercher ce qui est bon pour notre développement personnel et commun. Pour les chrétiens selon Saint Paul, ce qui est bon est que la parole poursuive sa course (…) C’est un acte d’amour dans la mesure où nous laissons l’autre nous rejoindre (…) il ne faut pas convaincre les autres, mais recevoir des autres une lumière nouvelle. L’Ennéagramme porte en lui cette humilité ».

Pour les psychiatres et psychothérapeutes présents lors de la table ronde « Intégrer l’Ennéagramme dans un travail psychologique », l’outil possède également cette notion d’humilité car chacun est obligé de se remettre sans cesse en question. Il met le doigt sur ce que l’on n’a pas forcément envie de voir de nous-mêmes, sans pour autant nous plonger dans la culpabilité. Il permet aussi d’accepter plus facilement l’autre. Quand une personne victime de sectes par exemple redécouvre qu’elle existe, après un long travail préalable, l’outil permet de retrouver des repères sur soi-même pour prendre son propre envol.

Faire avancer le dialogue sur la relation entre soi et les autres, entre soi et Dieu

Les participants ont apprécié la variété des approches d’intervention. Au programme, des conférences, ateliers, exercices, retours d’expériences, mises en perspectives et présentations de champs d’application ; le tout animé par des conférenciers reconnus, ont permis de réfléchir sur comment aujourd’hui l’Eglise entre en dialogue avec le monde ? Peut-il y avoir une vie chrétienne sans connaissance de soi ? Parmi les participants, Beaucoup de chrétiens, mais aussi des gens d’autres confessions, intéressés par l’outil et la relation qu’il peut avoir avec la foi. Autant de néophytes que de personnes déjà initiées. Une bouddhiste confiait ainsi : « Dans le bouddhisme, tout est basé sur la connaissance de soi. J’étais interrogée par la relation entre Ennéagramme et Christ. Pour moi, Jésus constitue l’être suprême et unique et pour les intervenants, pas forcément. Je suis étonnée de cela ». Une autre personne disait « Cette rencontre unifie. Je fais déjà de la méditation, mais je vais aussi me former à l’Ennéagramme, je veux trouver quelque chose de plus profond ». Les participants ont beaucoup apprécié l’organisation admirable de ces trois jours, ainsi que l’intelligibilité et le concret des conférences. Beaucoup mettent également en avant un moment de rencontre et de partage : « J’ai déjà fait les assises du Jeûne et celles de l’Ecologie, ces événements permettent de partager entre chrétiens, de réfléchir ensemble pour mieux avancer ».





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Publié le : 21.11.2013 09:20 - Mis à jour le : 26.09.2016 09:25