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galet Retour sur la rencontre diocésaine des équipes funérailles

Face à la mort, donner du sens, et accompagner les vivants

Tous les 5 ans environ, les personnes qui aident les familles en deuil à préparer les funérailles à l’Eglise catholique dans le diocèse de Saint-Etienne se réunissent. Cette année, le 30 avril à Montbrison, ils étaient près de 350 sur environ 700 invités.

Chaque année, 4 000 funérailles sont célébrées à l’Eglise catholique de notre diocèse, qui comprend 580 000 habitants. Il y a également 150 temps de prière en crématorium. Une équipe de bénévoles, hommes et femmes, est en place dans presque toutes les paroisses. Ces personnes reçoivent une formation initiale, puis régulière. Elles accueillent les familles en deuil, et préparent avec elles la cérémonie la plus adaptée à la personne décédée et à sa famille. Ce sont elles qui ensuite, animent la célébration des funérailles. Très souvent, ces célébrations ont lieu sans la présence d’un prêtre.

Sœur Sylvie André, responsable nationale de la pastorale des funérailles, est intervenue sur le thème : « Quels visages d’Eglise transparaissent à travers notre mission ? »

Une enquête réalisée en 2008 révèle que l’image donnée par l’Eglise au moment des funérailles est positive. C’est un fait avéré, l’Eglise connait une baisse de la pratique religieuse. Et les funérailles sont l’occasion d’accueillir des personnes qui rentrent très rarement voir jamais dans une église. Certains membres des familles en deuil avouent ne pas avoir la foi mais souhaitent des funérailles religieuses par respect pour le défunt et pour le reste de la famille. C’est pourquoi l’Eglise s’attache aujourd’hui à proposer une célébration qui rejoigne les aspirations du défunt et de sa famille.

Au moment d’un décès, l’Eglise cherche à être présente auprès des familles. Etre proche des personnes, mais pas uniquement par de la gentillesse. Il s’agit de montrer quelque chose de l’amour du Christ. Car la mort a des impacts affectifs très forts. Les proches ont à vivre un passage : accepter l’absence de la personne aimée. C’est le processus du deuil, et il faut du temps. Grâce à un rituel très marquée, la liturgie propose un chemin pour remettre l’être aimé dans les mains du Père. Déjà, on attend le corps sur le parvis, sur le seuil. L’église symbolise ce franchissement. Ensuite, la Parole de Dieu nous ouvre à d’autres souffrances, ainsi que la prière universelle. La célébration des funérailles est aussi l’occasion de rendre grâce, c’est-à-dire de relire les traces du passage de Dieu dans nos vies. Et puis, c’est un acte de confiance : on passe le relais, le défunt ne nous appartient plus, il appartient au Christ. Enfin, la beauté de la célébration, les bougies, l’encens, les fleurs, les gestes…sont autant de signes pour rencontrer, en écho, la beauté de Dieu.


L’Eglise prend en compte la vulnérabilité. Dans une société qui valorise les plus forts, ceux qui gagnent, ceux qui réussissent, l’Eglise se met au service d’une société fragilisée. La société dénie la mort, même le mot n’est plus utilisé, on dit « il est parti », il a « disparu ». C’est par exemple le cas par rapport au corps mort. Quand il meurt, le corps peut être considéré comme un échec. On peut ressentir une révolte affective. Et bien l’Eglise signifie la dignité du corps, créé par Dieu, à son image, il va ressusciter. On dit dans le Credo, une descente au royaume des morts pour que là, une vie nouvelle jaillisse. Au lieu de dire « nous avons un corps », nous devrions dire « nous sommes un corps », car c’est par notre corps que passe toute communication, toute relation. Pendant les funérailles, le Christ honore le corps, qui est au centre de l’église, dans un cercueil. Respecter les morts, c’est respecter les vivants.


Grâce aux équipes funérailles, les familles sont entourées par plusieurs personnes. Cela montre la dimension « plurielle » de l’Eglise, et cela exprime son identité même. En effet, l’Eglise n’est pas une organisation humaine, elle se reçoit de Dieu. Et à ce titre, elle doit manifester le mystère du salut à travers ses membres et leurs charismes. A travers tous les baptisés, qui, par leur baptême, sont devenus « prêtre, prophète et roi ».

Quel sens une cérémonie de funérailles à l’église peut-elle avoir pour ceux qui n’ont pas la foi ?
S’il y une demande de la famille, ils sont là, donc inconsciemment peut-être, ils veulent savoir : « qu’est-ce que vous dites de la mort et de la vie, vous les catholiques ? » D’où l’« art » de célébrer, les gestes, les bougies. Il est important de donner du sens à cette célébration, et qu’il soit compris du plus grand nombre. Ce corps reste une personne. Il a essayé d’être lumière, il est honoré jusqu’au bout. Face à une société qui refuse la mort, l’Eglise dit : il est quelqu’un, il reste quelqu’un.

Chantal de Rosemont





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Publié le : 12.05.2014 09:59 - Mis à jour le : 17.05.2014 06:33