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Fête de l’éveil à la foi

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Homélie de Mgr Dominique Lebrun.

Le Jeudi saint est le jeudi précédant Pâques. Il commémore pour les chrétiens l’institution par le Christ de la Cène, ou Eucharistie, lors du dernier repas pris avec ses disciples avant son arrestation. Depuis la Cène, les chrétiens célèbrent l’Eucharistie : ils font mémoire de la mort et de la résurrection du Christ ; ils proclament sa vivante présence ; ils se nourrissent de sa Vie.

C’est le début du triduum pascal [1], célébrant la Passion et la Résurrection de Jésus.


Homélie du Jeudi Saint de Mgr Dominique Lebrun

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Jeudi Saint
Cathédrale Saint-Charles – le 5 avril 2012

Ex 12,1-8.11-14
Ps 115
1Co 11,23-26
Jn 13,1-15

La scène dont nous venons d’entendre le récit commence dans le silence. Le combat est bien entamé : d’un côté, le démon avait déjà inspiré à Judas Isacriote l’intention de le livrer (Jn 13, 2) ; de l’autre, Jésus sachant qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu (Jn 13, 3)
Jésus se lève, retire son vêtement, prend un linge et se met à laver les pieds de ses disciples (cf. 13, 4-5). Ceux-ci ne disent rien, Jésus non plus. Y a-t-il quelque chose à dire ? En tous les cas, St Jean ne nous a rien transmis.
J’imagine que les disciples se regardent, Judas y compris. Et, peut-être que leurs regards interrogateurs se tournent vers Pierre que Jésus a déjà désigné comme le premier d’entre eux. Ils lui font signe de faire cesser ce qui semble insupportable. Pierre s’enhardit : Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais !
Jésus répond alors : Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. Cela signifie qu’être lavé par Jésus est une condition pour être du côté de Jésus. Jésus ne demande pas d’abord à Pierre de l’aider ; il lui demande de se laisser faire. D’ailleurs, Jean a précisé que Jésus a agi seul : il a quitté son vêtement, il a pris le linge, il a versé l’eau, il lave, il essuie. Le combat est clair : d’un côté le démon qui demande de l’aide ; d’un autre Jésus qui demande d’accueillir son aide, qui demande d’accepter d’être lavés !
De quel côté sommes-nous ? A qui appartenons-nous ? Sommes-nous de ceux qui voulons aider ou bien de ceux qui veulent être aidés, être sauvés. En cette semaine, Dieu nous propose le salut. L’accepterons-nous ? Silencieusement, sans protester de notre innocence ou de nos mérites. Ce soir, vous aurez la possibilité de rester en silence devant le Saint-Sacrement, devant la présence cachée mais bien réelle de Celui qui nous sauve. Prenez le temps de vous laisser aimer, laver.
Ni Judas, ni Pierre ne se sauvent par eux-mêmes. Nos pieds sont toujours sales même si notre cœur peut être pur. Aucun saint-exceptée la Vierge Marie- ne s’est considéré sans péché, bien au contraire ! Seul Jésus peut déclarer : vous êtes purs !
Après ce rude dialogue, Jésus récapitule : vous avez raison de m’appeler maître et Seigneur ; si donc je le suis, faites donc comme j’ai fait : lavez-vous les pieds les uns aux autres (cf Jn 13, 13-15).
Jésus nous engage à devenir les serviteurs les uns des autres, dans la réciprocité. Diakonia a bien raison de dire que la charité, c’est servir la fraternité, c’est-à-dire servir ce lien de réciprocité : Si je suis frère de François, alors François est mon frère ! Autrement dit, nous ne pouvons pas donner si nous ne recevons pas en même temps ou, même, avant.
Prétendre apporter aux autres sans recevoir apparaît même démoniaque. Aimer est un verbe qui se conjugue à l’actif après le passif : Je suis aimé, nous sommes aimés, vous êtes aimés.
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout (Jn 13, 1). Lorsque le monde n’accueille plus Dieu, il ne sait plus qui a aimé le premier, il ne sait plus qu’il est sauvé.
Ce soir, réjouissons-nous de ces innombrables petites lampes de sanctuaires qui brillent dans nos églises pour nous rappeler que Jésus, le premier nous a aimés. Comme ces lampes, tant qu’il y a des prêtres pour célébrer l’eucharistie, l’espérance ne peut s’éteindre.
Ce soir, soyons ces lampes sanctuaires, si possible auprès du Saint-Sacrement ; sinon, chez vous en prenant au moins un quart d’heure pour veiller au cœur de la ville et de nos familles que Dieu a aimés le premier et jusqu’au bout.

+ DOMINIQUE LEBRUN


Galerie Photos

photos /©Sr Sophie Richer


[1] Mot latin signifiant « un espace de trois jours » (tres : « trois » et dies : « jour »). Le Triduum pascal, qui va de la messe du soir le Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus, est le centre de gravité de l’année liturgique.

De la Cène à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion (cf. Mt 12, 40 ; 26, 61 ; Jn 2, 19) dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal. Voir Jeudi saint, Vendredi saint, Samedi saint, Pâques.




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Publié le : 06.04.2012 21:19 - Mis à jour le : 12.04.2012 09:53