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Fête de l’éveil à la foi

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galet Quand le père Bernard Robin évoque l’Algérie...

Plus qu’un récit vibrant sur les évènements qu’il a vécus sur le terrain en Algérie, le livre du père Bernard Robin, prêtre du diocèse de Saint-Etienne parle d’espérance, de reconstruction et de fraternité. Cette réédition a été agrémentée de nombreux témoignages d’anciens appelés, recueillis après la sortie de son livre en 2005, et de nouveaux souvenirs évoqués sous forme d’un alphabet.

Préface du livre "Entre Bible et matraque" par le P. Thierry Magnin

La guerre d’Algérie... Un sujet douloureux, encore tabou en France, plus de quarante après ! Pourtant, depuis quelques années, certains de ceux qui l’ont vécue sur le terrain osent une parole sur ces sombres évènements. L’expérience que Bernard Robin, prêtre du diocèse de saint-Etienne, nous livre dans ces pages, s’inscrit dans cette audace, dans cette "libération" de la parole.

"Entre Bible et matraque" réédité : un appel à l’espérance après la guerre d’Algérie

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Père Bernard Robin /©photo F.Défrade

Agé de 22 ans, jeune séminariste, Bernard Robin part pour l’Algérie au début de l’année 1962 dans le cadre du service militaire obligatoire. A cette époque, on ne parle pas encore de guerre d’Algérie, mais de maintien de l’ordre. A son, retour, meurtri dans sa chair et dans son cœur face au déchainement de haine dont il fut le témoin, sa foi vacille, il sombre dans "la déprime", "l’amertume", "le dégoût de lui-même" et se tait, comme beaucoup d’autres qui ont vécu un tel "gâchis". Grâce à une équipe de prêtres qui le soutient, il expérimente l’importance de la fraternité. Cet accompagnement spirituel va l’aider à "se relever", à "remonter des enfers comme le Christ ressuscité". Il poursuit son séminaire et avance de nouveau en organisant sa vie autour de son minstère de prêtre.

Si le temps passe, les souvenirs sont toujours là, enfouis au tréfonds de son âme. S’en libérer ? Pourquoi pas ? Mais il hésite encore, retarde le moment de prendre le crayon pour coucher sur le papier tous ces mots qui s’entrecroisent dans son esprit. Et puis un jour, le déclic se fait "comme un diablotin sorti de sa boîte" explique-t-il, "un besoin irrépressible !". Ce n’est pas le crayon qu’il prend alors, mais le clavier de l’ordinateur.

Il écrit, écrit encore, des mots personnels destinés qu’à lui-même. L’écriture devient thérapie. Elle exorcise la douleur et le traumatisme : les familles pieds-noirs qui ont tout perdu et qui attendent en fil indienne devant un guichet, un billet pour la France ; les blessés et les morts sur les trottoirs qu’il finit par "chiffrer" avec froideur ; les gens qui passent à côté avec indifférence ; la peur constante des explosifs de l’OAS (Organisation Armée Secrète) ; le blessé qui agonise dans ses bras ; le pistolet mitrailleur qu’il tient dans la main et dont il ne veut pas se servir ; les tortures dont il entend parler ; les assassinats ; la politique de la terre brûlée... La haine, partout.

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Entre Bible et matraque, couverture dessinée par Thierry Grosfilley

Imprimé noir sur blanc, le texte prend une autre dimension. Tout est là, ce qu’il a tu pendant des années, ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu. Il le fait lire de çi de là, mais hésite encore à le publier. Le père Pierre Joatton, évêque du diocèse de Saint-Etienne le persuade de partager ce récit avec d’autres. Plus d’hésitations, le livre est publié à compte d’auteur en 2005 en 500 exemplaires.

Dès lors, le dialogue peut s’instaurer, collectif sur sa paroisse ou avec des jeunes, mais aussi individuel avec ceux qui ont également vécu la guerre d’Algérie et n’osaient pas en parler. Les tabous tombent. C’est une libération pour le père Robin mais aussi pour ces hommes profondément marqués par cette expérience douloureuse. De ces rencontres refleurit l’espérance, renaît la lumière, elles permettent à certains de trouver enfin la paix car "c’est en parlant avec quelqu’un de ce qu’on a vécu qu’on l’apprivoise peu à peu" (cf. page 117).

« L’écriture d’Entre Bible et matraque, à cinq secondes près m’a permis une relecture spirituelle », explique le père Bernard Robin, « j’ai pu analyser ce que j’ai vécu et comment je suis devenu prêtre, non pas malgré cela, mais sûrement à cause de cela. J’ai dû arracher de moi-même ces pages et ces pages que je ne pouvais pas même relire sans frémir. C’est dire la difficulté de porter des choses un peu trop lourdes ! » .

L’ouvrage vient d’être réédité. Cette deuxième édition a été enrichie par rapport à la première - notamment à partir de la page 107 - par les nombreux témoignages qui sont nés des rencontres qu’il a vécues après la première publication en 2005. Une richesse qu’il a souhaité partager avec le lecteur. "Mon but est bien résumé par cette écrivaine algérienne" conclue-t-il : "Que vienne la parole pour réconcilier les mémoires".
Frédérique Défrade

Le livre est disponible :
- à la libraire Siloé Culture et foi de Saint-Etienne
- à la librairie "La belle plume" à Saint-Galmier
- à "Croc en fleurs" à Veauche

A noter les illustrations des pages de couverture réalisées par Thierry Grosfilley, aquarelliste à Saint-Etienne





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Publié le : 09.01.2012 12:00 - Mis à jour le : 09.01.2012 14:14