Accueil > Infos pratiques > Préparer un baptême, un mariage, des funérailles > Le sacrement du baptême
Don en ligne

galet Quand des adultes choisissent le baptême : interview de responsables du catéchuménat

Au cours de la nuit pascale, sept baptêmes ont été célébrés sur la paroisse Sainte Anne de Lizeron. Dans ce groupe de baptisés, il y avait des enfants en âge scolaire, Erwann, Yannis, Guillaume, Aymerik), et trois adultes, Virginie, Éléonore et Nicolas. Leur initiative a fortement interpellé la communauté. Entretien avec Marie-Pierre Delorme et Annie Perrier, responsables du catéchuménat sur la paroisse Sainte Anne de Lizeron.

- Qu’est-ce qui a poussé ces jeunes adultes à demander le baptême ? Annie Perrier : "Les trois ont en commun d’avoir senti dès l’enfance comme un appel. Pourtant le milieu familial n’était pas forcément "porteur". L’un des catéchumènes avoue Dieu, personne ne m’en a jamais parlé, et pourtant j’y ai toujours cru. Leur désir, à l’occasion d’événements personnels ou même occasionnels, s’est progressivement fortifié au point d’arriver à une demande de baptême".

Marie-Pierre Delorme : "Dès la première rencontre, j’ai entendu : Je sens une présence à mes côtés depuis toujours".

- Chaque catéchumène a été accompagné, au cours de sa préparation, par deux laïcs. Qu’attendait-on de ces personnes ?

Annie Perrier : "Ces accompagnateurs sont tout simplement des chrétiens, missionnés par le curé de la paroisse, à qui on a demandé de témoigner de leur foi. Ils ont eu aussi à prendre en charge la formation du catéchumène. Aidés en cela par une des responsables du catéchuménat".

Marie-Pierre Delorme : "Je dirai qu’un accompagnateur doit être proche de la vie des catéchumènes : par son état de vie (conjoint, enfants), son lieu géographique pour mieux partager et comprendre sa vie. Parfois l’accompagnateur va s’engager plus profondément en acceptant la vocation de parrain ou marraine. Ne perdons pas de vue que l’accompagnateur est l’instrument de l’Esprit Saint".

- Y a-t-il eu précisément un programme de formation ?

Annie Perrier : "On peut dire que trois priorités ont été prises en compte. La prière d’abord : chaque réunion a commencé par une prière, temps de mise en présence du Seigneur. Puis un temps a été consacré à la découverte de la Parole Dieu, à partir de textes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament. En somme, une phase de connaissance. Mais, très important aussi un autre temps consacré au partage de vie, aux questions du catéchumènes sur la foi, sur sa propre vie. Toute cette formation s’est étalée sur 2 à 3 ans ".

Marie-Pierre Delorme : "Nous ne pouvons commencer une rencontre qu’avec l’apport de ce qui fait la vie du catéchumène : ses soucis, ses souffrances, ses aspirations pour qu’il puisse mieux entrer dans le partage de la Parole de Dieu. Celle-ci est contrôlée pour mieux découvrir un Dieu Père pour qui « chacun est mon Fils bien aimé »". Nous ne passons pas un examen de fin de parcours ! Mais nous nous assurons que la foi en un Dieu Trinitaire est bien acquise.

- Comment s’est déroulée l’année de préparation ? Marie-Pierre Delorme : "Nous avons la chance que le catéchuménat existe depuis une cinquantaine d’année et de bénéficier ainsi de différents parcours adaptés à chacun".

Annie Perrier : "Une fois par mois, les catéchumènes se sont réunis avec leur équipe d’accompagnement (deux témoins et une responsable du catéchuménat). A cela s’est ajouté, un regroupement par mois des catéchumènes du diocèse en assemblée pour partager et célébrer la Parole de Dieu. La formation a été jalonnée de quelques moments-clés D’abord une étape de pré-catéchuménat, au cours de laquelle on a fait connaissance avec le futur catéchumène et on a vérifié que le postulant voulait bien devenir disciple du Christ. Puis une entrée officielle en Eglise : le catéchumène, au cours d’une célébration, a été reconnu officiellement comme catéchumène et il entre dans la communauté. Est intervenu ensuite "l’appel décisif" : Tous les catéchumènes, au cours d’une célébration, ont été appelés, individuellement, par l’évêque. Enfin, un temps fort vécu par l’ensemble de la paroisse, au cours duquel toute l’assemblée a prié pour le catéchumène afin que l’Esprit Saint vienne sur lui. Enfin, lors de la veillée pascale, ils ont reçu deux sacrements : le baptême et l’eucharistie.
Venons-en à la célébration du baptême, au cours de la veillée pascale. Plusieurs signes ont particulièrement marqué l’assemblée… Il y a eu d’abord ce passage de l’écharpe violette à l’écharpe blanche".

Annie et Marie-Pierre : "Oui, l’écharpe violette, dont la couleur est évidemment en lien avec la liturgie du carême, était là pour représenter l’homme ancien, c’est-à-dire l’homme avec ses limites, ses péchés, ses difficultés. Après le baptême, le catéchumène a revêtu une écharpe blanche. Signe qu’il revêtait effectivement le Christ ressuscité. _Il y a eu aussi ce geste effectué par le prêtre au moment du baptême : "à pleines mains".

Annie Perrier : "C’était pour signifier que le baptisé était plongé dans la mort et la résurrection du Christ, pour renaître avec Lui. Donc surtout un signe de re-naissance. D’où l’importance d’un geste ample et généreux !".

- Comment les nouveaux baptisés ont-ils vécu l’événement ? Annie Perrier : "Il y a eu à la fois de l’émotion et de la joie. Ils étaient aussi heureux de manifester publiquement leur adhésion au Christ. Bref, on peut dire qu’ils étaient fiers d’être devenus chrétiens !".

Marie-Pierre Delorme : "Une des baptisés nous a dit : « Je ne suis plus comme avant, même mon mari me l’a dit ; j’ose, je me sens légère, image du papillon qui déploie ses ailes »".

Propos recueillis par Edmond Majcherczak

A lire également

Monique Gourgaud : un nouveau visage au service des catéchumènes





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 19.05.2009 15:53 - Mis à jour le : 19.05.2011 09:59