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galet Plus que jamais, développons le dialogue interreligieux

Déclaration du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux du 21 avril 2015.

Les événements de ces temps derniers conduisent bien des gens à se poser la question suivante : « Y a-t-il encore place pour le dialogue avec les musulmans ? »

La réponse est : oui, et plus que jamais.

D’abord, parce que la plupart des musulmans eux-mêmes ne se reconnaissent pas dans la barbarie en acte.

Le mot "religion" est malheureusement souvent associé aujourd’hui à celui de "violence", alors que les croyants ont le devoir de démontrer que les religions sont appelées à être annonciatrices de paix et non de violence. Tuer, en invoquant une religion, ce n’est pas seulement offenser Dieu mais c’est aussi faire échec à l’humanité.

Le 9 janvier 2006, le pape Benoît XVI, s’adressant au Corps diplomatique et parlant du danger des affrontements entre civilisations, et en particulier du terrorisme organisé, affirmait ceci : « Aucune circonstance ne peut permettre de justifier ce genre d’activité criminelle qui couvre d’infamie celui qui la commet et qui est d’autant plus condamnable lorsqu’on utilise une religion comme bouclier, réduisant ainsi la pure vérité de Dieu à l’aveuglement et à la perversion morale de l’auteur. »

Nous assistons malheureusement ces temps-ci à une radicalisation du discours communautaire et religieux, ce qui risque par conséquent d’accroître la haine, la violence et le terrorisme, et de faire que les musulmans et leur religion soient de plus en plus stigmatisés et banalisés.

Dans ce contexte, nous sommes appelés à renforcer la fraternité et le dialogue. Nous autres croyants, constituons un formidable potentiel de paix si nous croyons que l’homme a été créé à l’image de Dieu et que l’humanité forme une unique famille et, plus encore si, comme nous chrétiens, nous croyons que Dieu est Amour.

Poursuivre le dialogue, même lorsqu’on expérimente la persécution, peut devenir un signe d’espérance. Cela ne signifie pas que les chrétiens veuillent imposer leur vision de la personne et de l’histoire, mais qu’ils entendent proposer le respect des différences, la liberté de pensée et de religion, la sauvegarde de la dignité humaine et l’amour de la vérité.
Il nous faut avoir le courage de revoir la qualité de la vie familiale, les modalités d’enseignement de la religion et de l’histoire, le contenu des prédications au sein de nos lieux de culte. La famille et l’école sont, par excellence, les clefs pour que le monde de demain se fonde sur le respect réciproque et la fraternité.

Nous unissons notre voix à celle du Pape François pour affirmer ceci : « La violence qui cherche une justification religieuse mérite par conséquent la plus forte condamnation, parce que le Tout-Puissant est le Dieu de la vie et de la paix. Le monde attend de tous ceux qui prétendent l’adorer qu’ils soient des hommes et femmes de paix, capables de vivre en frères et soeurs, en dépit de leurs différences ethniques, religieuses, culturelles ou idéologiques » (Ankara, 28 novembre 2014).

Traduction de l’original en italien, pour la Conférence des Évêques de France.





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Publié le : 30.04.2015 10:04 - Mis à jour le : 07.05.2015 11:38