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galet Plus d’un Français sur cinq touché par la pauvreté

Dans sa campagne 2010, le Secours Catholique invitait les chrétiens à porter un regard attentif aux « ressources des pauvres ». Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations rencontrées par le Secours Catholique augmente en 2009 pour la seconde année consécutive avec 1 480 000 personnes accueillies. .

Plus d’un Français sur cinq touché par la pauvreté

Le rapport annuel de l’Insee rendu public le 16 novembre 2010 révèle qu’au moins un cinquième des Français ont traversé une période de pauvreté. Une étude réalisée entre 2004 et 2007, qui fait écho et donne une nouvelle résonance au rapport statistique annuel du Secours Catholique, paru le 9 novembre dernier.

Plus d’un Français sur cinq a traversé une période de « pauvreté », selon un nouvel indicateur de l’Insee, qui ne s’arrête pas à la fiche de paie mais prend en compte d’autres aspects de la vie quotidienne, comme les privations alimentaires ou les difficultés de logement.

« La pauvreté ne se réduit pas aux seuls revenus », a souligné Jean-Philippe Cotis, directeur général de l’Insee, en présentant à la presse l’édition 2010 de France, portrait social publié par l’institut.

Dans la lignée du rapport du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, qui recommande de compléter la croissance (évaluée par le PIB), par des indicateurs de « bien-être » prenant en compte des activités non marchandes et des inégalités, l’Insee a forgé de nouveaux instruments.

La pauvreté en conditions de vie

Le nouvel indicateur, la pauvreté en conditions de vie, mesure les privations d’éléments de bien-être de la vie quotidienne : rentrent en ligne de compte les contraintes budgétaires (découverts bancaires), les retards de paiement (de loyers ou de factures), la consommation (possibilité de manger de la viande tous les deux jours, partir une semaine de vacances par an, acheter des vêtements neufs, recevoir), rencontrer des difficultés de logement.

Au regard de ces critères, 22 % des Français de plus de 16 ans ont connu entre les années 2004-2007 (durée de l’étude) au moins une année de pauvreté, souvent de manière temporaire notamment pour les ménages jeunes. Seuls 4 % sont restés dans cet état durant les quatre années.

« La pauvreté monétaire [disposer de moins de 950 euros par mois] touche 13 % de la population », rappelle Stéfan Lollivier, directeur des études sociales à l’Insee, et la pauvreté non monétaire touche une population équivalente, mais seuls 4 % y restent de manière durable, souligne-t-il.

Cette chute temporaire dans la pauvreté s’explique notamment par « une croissance, des gains de productivité et un pouvoir d’achat relativement faibles en France », qui renforcent les aléas et l’impact sur la consommation, souligne M. Cotis.

Mais la France n’est pas seule dans ce cas, « dans tous les pays industrialisés il y a des aléas dans une vie professionnelle, qui sont encore plus forts dans les pays anglo-saxons où les gens ont plus de mal à sortir de la pauvreté », souligne M. Cotis qui rappelle l’importance de la redistribution publique en France.

Capital social

Par ailleurs, l’Insee a esquissé un autre indicateur pour mesurer la qualité de vie : outre les conditions matérielles, il tient compte de l’état de santé, des conditions de travail, du niveau d’éducation, de la sécurité, et du « capital social », c’est-à-dire « la participation à la vie publique et les contacts avec les autres ».

Sans surprise, les personnes aux revenus faibles et les familles monoparentales « sont les deux groupes qui ont la qualité de vie la plus dégradée » au regard de ces critères. Le risque de dégradation est nettement moindre pour le quart des Français les plus aisés.

Mais, les revenus ne sont pas toujours déterminants, ainsi pour les personnes âgées la qualité de vie est dégradée par une moins bonne santé, des contacts moins nombreux.

Selon une étude européenne (portant sur la période 2003-2007) et basée sur des données subjectives (le ressenti de la population), la France se situe dans la moyenne européenne pour la qualité de vie, loin derrière les pays scandinaves.

Mais, en matière de cohésion sociale et d’intégration de groupes ethniques, elle décroche la plus mauvaise note, après les Pays-Bas et l’Italie.

(Avec AFP)

Statistiques d’accueil 2009 du Secours catholique : « Ressources, crise et pauvreté »

Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations aidées par le Secours Catholique augmente pour la seconde année consécutive : 637 200 situations de pauvreté (94 % se situant sous le seuil de pauvreté) représentant 798 000 adultes et 682 000 enfants soit 1 480 000 personnes, contre 1 400 000 l’an dernier.

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Ce qui frappe en ces temps de crise, c’est le moral des personnes que nous aidons. L’absence de perspectives d’amélioration de leur situation dans un avenir proche fait que la confiance en soi s’amenuise tout comme celle dans les dispositifs sociaux.

Les ressources des pauvres

Compte tenu de la faiblesse des revenus, aucun des ménages que nous aidons ne peut faire face, sans basculer dans l’endettement, aux charges exceptionnelles que représentent des soins médicaux mal pris en charge, la réparation d’un moyen de transport indispensable, un déménagement ou une rupture dans le versement d’une prestation… Ces ménages vivent donc au jour le jour, sans toujours faire valoir leurs droits. Vivre avec de faibles ressources nécessite ingéniosité et « débrouillardise ».

Le Secours Catholique prend position en s’appuyant sur ces constats de la pauvreté en France. Au moment où la rigueur s’installe durablement dans notre pays, protéger les plus faibles est le devoir de l’État, des collectivités territoriales et locales. L’agenda politique ne prend pas suffisamment en compte les attentes des 8 millions de personnes victimes de la pauvreté et qui luttent chaque jour, avec des ressources insuffisantes, dans une société opulente où la consommation est le moteur de l’économie, société violente qui fabrique cette pauvreté excluante.

Nous interpellons l’opinion publique et l’ensemble des décideurs politiques et économiques pour que notre pays fasse vivre avec plus de force et de volonté ses valeurs d’Égalité et de Fraternité.

Quête annuelle du Secours catholique, lettre d’appel de Mgr Bernard Housset

Dans sa campagne 2010, le Secours catholique invite les chrétiens à porter un regard attentif aux "ressources des pauvres". Si globalement, la pauvreté n’augmente pas en France, les inégalités se creusent de façon souvent dramatique, au point que "le reste à vivre mensuel" de beaucoup de personnes et de familles diminue dangereusement. Chacun connaît les conséquences de ces manques essentiels : désocialisation, perte de dignité, handicaps pour le devenir des enfants.

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Les baromètres qui observent la situation concrète des personnes émettent quelques clignotants significatifs le moral et le goût de vivre de personnes qui sont marginalisées sont atteints ; les aides publiques apparaissent très insuffisantes le tissu social est fragilisé.

Les bénévoles qui accompagnent les personnes en situation de précarité peuvent heureusement témoigner de leurs propres ressources humaines et spirituelles : sens de la solidarité, confiance donnée, énergie pour s’en sortir par le haut.

Les communautés chrétiennes sont de plus en plus sensibles à la dimension diaconale de l’être chrétien : servir le frère, porter un regard bienveillant sur chacun, donner de son temps et aussi de son argent pour des actions d’aide dans la durée et l’efficacité.

La journée de la Collecte Nationale du Secours Catholique, le dimanche 21 novembre 2010, permet aux chrétiens d’entrer encore plus dans la dynamique de la Parole de Dieu « Ce que vous avez fait aux plus petits... » de célébrer, dans le Seigneur, l’unité de la famille humaine de faire œuvre de solidarité concrète, afin que rayonne la charité du Christ.

Différents médias interpellent les chrétiens et les hommes de bonne volonté « Croyez-vous en nous ? « Croyez-vous en moi ? », « Tu crois en moi ? » En la fête du Christ-moi, les catholiques sont invités à mettre leurs pas dans ceux de Jésus. Car il fait confiance à toute personne humaine.

+ Bernard Housset
Evêque de la Rochelle et Saintes
Président du Conseil pour la Solidarité


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