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galet Pas facile d’être catho, s’inquiètent les évêques

Pas facile d’être catholique quand les églises se vident, que la transmission de la foi est en chute libre et qu’il faut refuser de s’ériger en groupe de défense là où des intégristes crient à la "christianophobie", s’inquiètent les évêques de France.

Les évêques, réunis en assemblée plénière à Lourdes jusqu’au mercredi 9 novembre 2011, admettent devoir affronter des défis majeurs pour enrayer un catholicisme déclinant et faire qu’"on ne rougisse pas d’être croyant".

Invitée de la dernière heure à l’agenda épiscopal : la fronde menée par des groupes intégristes contre la pièce de l’Italien Romeo Castellucci, "Sur le concept du visage du fils de Dieu". Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, est clair : "Nous ne nous situons pas comme un groupe de défense".
"Ce n’est pas très tendance de dire qu’on est chrétien. Il y a parfois une façon de traiter le christianisme qui peut nous révolter, reconnaît ce vice-président de la Conférence épiscopale. Mais nous voulons être les disciples de celui qui, souffrant la passion, a dit "Remets ton épée au fourreau".

Les évêques ont d’autres fers au feu.

Comment motiver "les empêchés du dimanche", prêts, déplore Mgr Bernard Dubasque, secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale, à "faire 20 minutes de route pour aller au supermarché, mais pas dix pour se rendre à l’église ?"

Comment valoriser le dimanche dans un diocèse à dominance rurale, où chaque paroisse compte dix à quinze clochers, lorsqu’on sait qu’à terme, il n’y aura qu’un seul rassemblement dominical ? Certains évoquent le covoiturage, d’autres un partage accru des bonnes pratiques, de meilleures liturgies, tant il est "essentiel que le dimanche reste un temps fort de ressourcement".

Et "comment parler de Dieu dans une société de consommation ?", s’interroge Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence épiscopale. On ne vit plus dans un monde où la foi se transmet d’une génération à l’autre, par imprégnation. Les jeunes sont aujourd’hui confrontés à une multitude de possibles. Comment les aider à discerner, à hiérarchiser ?"

Certains évoquent "une énorme rupture de transmission", un "analphabétisme religieux" qu’une trentaine d’heures de catéchisme par an, dispensées en dehors de tout environnement porteur, ne suffiront pas à pallier.

Reste que la situation est loin d’être désespérée et que plus d’un - parmi les 125 évêques réunis à Lourdes - a déjà retroussé ses manches pour aborder la mutation d’un "christianisme d’héritage" en un "christianisme de proposition".
La "nouvelle évangélisation", prônée par le pape Benoît XVI, a même donné des ailes à certains, comme à Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon-Fréjus, diocèse où l’on passe de la "pastorale de la cloche" à la "pastorale de la sonnette".
Autrement dit, comment aller prêcher l’Evangile hors les clochers et jusque dans les boîtes de nuit, si nécessaire, ou encore le confier à des communautés charismatiques venues tout droit d’un Brésil plus coloré, plus effervescent.

Si le but est de "chercher avec ardeur et humilité des voies nouvelles, sans avoir à rougir de l’Evangile", comme le souligne Mgr Bernard Podvin, cette méthode implantatoire ne fait pas toujours l’unanimité. Certains veulent rétablir "la culture chrétienne", "enseigner le fait religieux", en plus de la catéchèse. Connaître les bases du judaïsme, de l’islam, insistent-ils, permettrait de supprimer la peur de l’autre. D’autres souhaitent une meilleure formation des prêtres à l’écoute et à l’accompagnement spirituel. Savoir parler de la vie, de la mort, du pardon, des questions existentielles, voilà ce qui fait défaut Ou, plus simplement, selon Mgr Yves Patenôtre, évêque de Sens-Auxerre : "savoir dire les mots de toujours dans le monde d’aujourd’hui".

© 2011 AFP


Les évêques de France veulent promouvoir la vie religieuse

A Lourdes, Mgr Jean-Louis Papin, évêque de Nancy et Toul, président de la Commission pour la vie consacrée a fait le point sur la vie religieuse en France, ses mutations et sa vitalité. P. Jean-Pierre Longeat, Président de la Corref, et Sr Florence de la Villeon, vice-présidente, l’accompagnait.

Longtemps, les congrégations religieuses ont prospéré sans intervention épiscopale particulière. Répondant à des besoins spécifiques de la société, selon leur charisme propre, les fondations se sont succédées. Désormais, la crise des vocations concerne aussi la vie religieuse. Historiquement « passifs », les évêques, aujourd’hui inquiets, ont à cœur de valoriser la vie religieuse, en lien avec la Corref. Lire la suite de l’article sur le site de l’Eglise catholique de France





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Publié le : 09.11.2011 09:33 - Mis à jour le : 10.11.2011 12:01