Accueil > Célébrer et prier > Sanctuaires, lieux de pèlerinages > Notre-Dame de Pitié à Saint-Genest-Lerpt
Chaîne d’Adoration eucharistique continue pour le diocèse

Don en ligne

Rejoindre le Monastère Invisible

galet Partir à la découverte de la chapelle de N-Dame de Pitié

La petite chapelle de Notre-Dame de Pitié abrite des merveilles, la statue de la Vierge, vénérée lors du pèlerinage annuel, mais également une série de fresques murales peintes dans le style iconographique russe et un gisant du Christ. Partons à sa découverte...

Visite guidée

« Profitant de la pause estivale, et dans la perspective du pèlerinage annuel qui débute chaque année le 14 septembre, je décide de faire un reportage à Saint-Genest-Lerpt afin de découvrir la chapelle Notre-Dame de Pitié. Ne connaissant pas du tout la ville, je me laisse guider par le clocher de la belle église de style romano-byzantin pour trouver la chapelle qui se situe sur le côté. Je suis accueillie avec gentillesse par Monique Fumi, "la gardienne" des lieux. Elle me montre du doigt la chapelle, et j’avoue que je suis un peu surprise. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais, au regard du pèlerinage important qui se déroule ici chaque année, je l’imaginais… plus grande. Je la contemple tout en écoutant Monique Fumi relater l’histoire de la Belle Dame en blanc qui est apparue à une petite bergère dans les années 1630, alors que la région est décimée par la peste (cf plus bas et qui est à l’origine du pèlerinage de Notre-Dame de Pitié. Je prends quelques notes puis deux ou trois photos avant d’en franchir enfin le seuil. Et là, ma surprise est à son comble. Je ne vois plus la petitesse du lieu mais seulement sa beauté. Je suis stupéfaite par les peintures murales et par le style - sans doute parce que j’ai une prédilection pour les icônes russes. Mes yeux se portent rapidement vers la statue de Notre-Dame de Pitié - que j’avais souvent vue en photo - mais reviennent, comme aimantés, vers ces peintures murales. Je m’approche et je les contemple avec émerveillement, prenant le temps de lire les citations et d’analyser les interprétations qu’à fait l’artiste russe Nicolaï Greschny des récits bibliques : d’un côté Eve, pleurant la mort de son fils Abel, couché à ses pieds et de l’autre, les lamentations de Rachel devant ses enfants. Deux femmes de la Bible qui ont vécu la désespérance de la Vierge Marie quand elle assiste à la mort de son Fils sur croix. Je poursuis ma découverte des fresques, découvrant la crèche et ce petit enfant qui naît pour "que les péchés du monde soient pardonnés" ; sa présentation au temple en présence de Siméon qui voit en lui « la lumière du monde » ; son dernier repas. La représentation de la Cène n’est pas habituelle. Le Christ n’est pas au centre avec ses disciples, mais sur le côté tandis que ses amis le contemplent, la tête penchée dans sa direction. Judas est là également, la bourse à la main, un petit diable à ses côtés pour rappeler son infamie. En levant les yeux au plafond, je découvre les quatre évangélistes autour du Christ victorieux et en baissant la tête, Tobie, dont on raconte qu’il s’est mis en route en compagnie de son chien. Pour la petite histoire, l’artiste s’est inspiré du petit chien blanc du curé de l’époque - le père Albert Montagny - à l’origine de la commande des fresques et qui s’appelait... Toby !

Monique Fumi me raconte l’histoire de ces fresques, les deux séjours à Saint-Genest-Lerpt de l’artiste russe accompagné de son épouse, puis poursuit ses explications avec passion. Je ne cesse de m’émerveiller et je suis saisie d’une sérénité qui m’étonne. Ce lieu apporte la paix et invite à la prière. Devant le gisant du Christ - dans un sépulcre sous l’autel - mon cœur se serre ; il est d’une beauté saisissante et d’un réalisme poignant. On voit les muscles finement sculptés, le visage parfait. Il semble dormir. Serein. Apaisé. Sa main ouverte me rappelle le don qu’il a fait de sa vie. Pour nous, pauvres pécheurs.

Enfin, je me rends devant la statue du XVIIIème siècle de Notre-Dame de Pitié qui est placée dans une mandorle peinte. Elle est cernée par les archanges Gabriel, Raphaël et Michel. Je me souviens l’avoir souvent vue en photo parée d’or et de bijoux cousus sur le grand manteau qu’elle revêt lors des processions mariales. Là, devant moi, dépouillée de son habit de fête, sa sobriété n’en est que plus poignante. Habituée à la très grande beauté de la Vierge - comme le savent si bien peindre ou sculpter les artistes - je m’étonne de son visage banal, si ce n’est ingrat. Il n’y a nulle expression sur son visage, elle est impassible. Dans un sens, je suis heurtée. Ne tient-elle pas sur ses genoux, son fils, descendu de la Croix ? Sa douleur devrait meurtrir son visage, déformée ses traits ? J’essaye de comprendre pourquoi elle est représentée ainsi. Et puis qu’importe finalement ! Je préfère me laisser porter par l’inscription inscrite sur la voûte : "Par les prières de Ta mère, Seigneur, sauve-nous".

Je termine la visite de cette chapelle dans une heureuse stupéfaction. Au-delà de la beauté du lieu et de la richesse de son art sacré, je ne peux me départir de cette agréable sensation de plénitude que j’ai ressentie. C’est ce que j’ai voulu vous faire partager.

Frédérique Défrade

Notre Dame de Pitié

Nicolaï Greschny





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 12.09.2017 14:16 - Mis à jour le : 21.09.2017 10:11