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galet Noël 2010, homélie de Mgr Dominique Lebrun

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Noël 2010 – Cathédrale Saint-Charles.
Is 9, 1-6 ; Ps 95
Ti 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14.

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Homélie

Frères et sœurs, pourquoi êtes-vous venus cette nuit ?

En ces jours-là … arrivèrent les jours où elle devait enfanter (Lc 2, 1…6).

Nous sommes dans le souvenir de la naissance de Jésus. Elle est advenue au temps de l’empereur Auguste qui avait ordonné de recenser toute la terre. Le projet de l’empereur était ambitieux, comme sont ambitieux encore les projets de gouvernance du monde. Mais qui fête encore la naissance de l’empereur Auguste ?

Et pourtant, qu’est-ce qu’un enfantement face aux projets ambitieux et parfois désastreux de l’humanité ? Ce soir, restons penchés sur la crèche, nous souvenant de la naissance, d’une seule, celle de Jésus.

En fait, cette naissance n’est pas comme toutes les naissances, car c’est celle du Fils de Dieu. Le Fils de Dieu peut-il naître ? Le Fils de Dieu peut-il avoir une Maman ? Le Fils de Dieu peut-il crier comme un bébé ? Oui, puisque Dieu, qui est Dieu, l’a voulu ainsi.

Sommes-nous prêts à dire ensemble que le Fils de Dieu est dans la crèche ?

Si vous êtes là cette nuit, c’est parce que la grâce vous est faite comme aux bergers. Si vous êtes là, c’est parce que votre cœur vous dit que de là-haut pourrait bien venir le bonheur, un vrai bonheur. La terre tourne mais pas si bien que cela ! Si vous êtes là, c’est que vous êtes proches de Celui qui nous approche du salut.

Dieu- car le Fils de Dieu est Dieu- a voulu se faire l’un de nous. Vraiment l’un de nous, commençant sa vie neuf mois dans le sein de sa mère, la poursuivant en apprenant à parler et à travailler comme nous, l’achevant en affrontant les affres de la mort, comme nous.

Cette nuit n’est pas un anniversaire. Car le Fils de Dieu, qui a pris chair, est retourné auprès de son Père depuis sa résurrection. Et, dès lors, il ne cesse de nous inviter à naître et renaître à la vie divine.

Notre âme, le cœur de chaque homme et de chaque femme, est fait pour l’amour, non pas un amour fini comme le sont nos ressources énergétiques. Notre âme est durable, le seul élément vraiment durable de l’économie humaine.

Emerveillons-nous de la tendresse de Dieu qui nous redonne notre vocation divine en se faisant petit d’homme.

Emerveillons-nous de la patience de Dieu qui nous laisse avancer, de recensement en recensement, sans interrompre de force les folies des hommes mais en nous appelant doucement par nos noms, par nos vies, par le cœur.

Emerveillons-nous de l’amour divin qui, dans le secret de nos âmes, nous redit qu’il aime à la folie, la folie d’un Dieu qui pardonne.

Frères et sœurs, le Fils de Dieu est né pour que pas un homme ne puisse ignorer qu’il est enfant de Dieu, qu’il a Dieu pour Père. Je vous invite ce soir à dire dans votre cœur « Papa » à Dieu, comme Jésus, par Jésus, avec Jésus. Le dire ce soir et chaque jour, pas comme une prière apprise et récitée mais comme une prière du cœur. Nous le dirons ensemble en chantant à haute voix : « Notre Père » !

« Notre » Père, pas le mien, pas le vôtre, le « nôtre » ! Le « nôtre » ? C’est à dire ? Le Père tous les hommes … de la Palestine à La Loire en passant par l’Irak et la Côte d’Ivoire.

A Noël naît une famille aux contours infinis, aux contours de l’amour qui ne peut être qu’infini pour être vrai ! Si vous êtes là ce soir, c’est que Dieu vous a choisis, comme les bergers, pour être des messagers ordinaires de son amour extraordinaire.

En son nom, permettez-moi de vous en remercier. Dieu est aussi heureux de vous voir ici que ne l’ont été Marie et Joseph d’accueillir les bergers et leur chant dans la grotte de Bethléem.

Demain, sans attendre, soyons joyeux de cette annonce qui passe par nos vies : l’amour ne peut trouver place dans un recensement, car il est infini ; et cet amour, c’est chacun de nous qui en est un reflet, une parcelle, un messager ... dont le fruit est autant la Gloire de Dieu au plus haut des cieux que la paix sur la terre aux hommes que Dieu aime (Lc 2, 14).

Frères et sœurs, ce soir, vous êtes venus fêter la Gloire de Dieu et accueillir sa paix. Pour que la terre toute entière y participe, ouvrez votre âme et choisissez le chemin humble et pauvre de Jésus : l’Evangile !

Amen ! + DOMINIQUE LEBRUN
Evêque de SAINT-ETIENNE.





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Publié le : 25.12.2010 23:46 - Mis à jour le : 14.03.2011 13:49