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galet Mieux connaître les sœurs Clarisses de Montbrison

A Montbrison, les Clarisses suivent la règle de pauvreté de Sainte Claire. L’ordre de Sainte Claire fut créé en 1012 par Sainte Claire à la demande de Saint François d’Assise.

Dans la Loire, la communauté des Clarisses perpétue la règle écrite au XIIIème siècle : vie cloîtrée et pauvreté

Membres de la famille franciscaine, les sœurs clarisses appartiennent à un ordre contemplatif... le contraire d’un retrait de la vie. Comme Saint-François, elles ont à cœur de chercher dans la Création les traces de Dieu et portent au monde le feu d’une vie de prières, d’oraison et de louange. Fondée par Pierre d’Urfé le 2 juillet 1500, la communauté des clarisses est présente à Montbrison depuis cinq siècles. C’est une des 50 communautés monastiques en France vivant du charisme de Sainte claire. Leur vie témoigne d’une forme de perfection de la vie chrétienne et miracle de la Providence, le monastère tient comme un roc vivant. Extrait d’archives- revue Eglise à Saint-Etienne


Vidéo : "Chemins d’intérieur" - Les Clarisses de Montbrison

Extrait d’un documentaire consacré aux Soeurs Clarisses de Montbrison, près de Saint Etienne, un lieu où Sainte Colette prophétisa qu’un jour naîtrait dans cette ville un monastère qui durerait jusqu’à la fin des temps... Le monastère Sainte-Claire de Montbrison vient de fêter son 500ème anniversaire.


Histoire des Clarisses de Montbrison par Henri Chaperon sur le site Forez Histoire

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Dans le secret d’un Ordre cloîtré : pourquoi devient-on Clarisse à Montbrison ?

« Ça me paraissait un peu monstrueux, d’atterrir ici dans ce monastère cloîtré. Cette vie est austère. Quand on a vingt ans, on le sent bien. Mais j’ai éprouvé une telle joie que je me suis dit que le Seigneur m’aiderait ». Celle qui est aujourd’hui sœur Claire Madeleine avait 23 ans à son entrée au Monastère Sainte-Claire de Montbrison. Pourquoi décide-t-on, un jour, de tout quitter pour offrir sa vie à l’Ordre des Clarisses ?

« Chaque histoire est différente » résume sœur François Marie. « J’étais étudiante en Suisse. Je suis venue ici pour préparer mes examens, je cherchais un endroit tranquille. Je n’avais pas l’intention de devenir Clarisse. Je me suis sentie bien, j’ai rejoint l’Ordre deux ans plus tard, à 25 ans… ».

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L’Ordre des Clarisses est un Ordre mendiant : le monastère vit essentiellement de dons. Un petit magasin, ouvert tous les jours, sauf le vendredi, propose livres et produits divers /© Photo Marie PERRIN Le Progrès

À Montbrison, les sœurs Clarisses (cinquante communautés en France) sont seize. Venues de toute la France. « Nous accueillons également une sœur congolaise, ainsi qu’une postulante tchèque ». Toutes différentes, « aucune vocation ne se ressemble ». Et pourtant tellement semblables : lumineux visages sans âge bordés du voile noir, jumelles silhouettes drapées de bure grise, portant sandales et croix de saint Damien. Et immuable cursus gravé dans les siècles. « Après une période de postulat, vient la prise d’habit qui marque le commencement du noviciat. A partir de là, on fait partie de l’Ordre ». Deux ans plus tard, les vœux sont prononcés. Mais six années minimum s’écouleront avant l’engagement définitif.

Le monastère Sainte-Claire s’entrouvre sur l’extérieur. « Tous les offices sont accessibles au public ». Chaque soir, à 17 h 30, quelques laïcs assistent ainsi aux vêpres et/ou à l’heure d’adoration qui suit. La messe dominicale de 8 heures attire également son monde.

Les Clarisses demeurent pourtant un Ordre cloîtré. Même si une petite hôtellerie héberge ponctuellement les familles des sœurs, des adultes venus faire une retraite ou des pèlerins de Compostelle, les religieuses tiennent au strict maintien de leur clôture, un bâtiment qui s’organise entre pièces communautaires au rez-de-chaussée et cellules à l’étage. « Nous avons aussi notre jardin, indispensable à notre santé physique et morale. Montbrison a grandi autour du monastère, mais nous avons réussi à préserver ce paradis de silence et de repos ». Plusieurs sœurs y cultivent fruits, légumes ou fleurs.

Deux religieuses dites « externes » sont chargées de faire le lien entre la communauté et l’extérieur. Sœur Geneviève est l’une d’elles. « En entrant ici, commente-t-elle avec humour, j’avais peur de deux choses : de l’eau froide, et de m’ennuyer ». Sœur Geneviève n’a affronté ni gel, ni spleen. Elle assure l’accueil à l’hôtellerie. « On doit être à l’écoute du pèlerin qui pose parfois à la fois son sac à dos et ses problèmes ». Anime le magasin. « Nous vendons des livres, quelques produits. Nous sommes un Ordre mendiant, qui vit essentiellement de dons ». Et fait les commissions. Toujours au pas de course. D’où l’affectueux surnom de « Sœur Courate » donné par des commerçants de Montbrison !

Les autres sœurs quittent rarement leur clôture. La règle de Sainte-Claire autorise les sorties uniquement pour une « cause utile, raisonnable, manifeste et approuvable ». Se rendre chez le médecin, aller voter. En mars, la communauté n’a d’ailleurs pas manqué le rendez-vous des cantonales.

"Je me suis dit : si Dieu existe ma vie est pour lui"

Sœur François Emmanuel et sœur Cécile Marie

Nous sommes entrées chez les Clarisses le même jour. Nous ne nous connaissions pas auparavant, mais nos parcours se ressemblent.

- Sœur François Emmanuel : quand j’étais plus jeune, je me disais que je m’occuperais plus tard de savoir si Dieu existait ou pas. J’ai retrouvé la foi à 25 ans. J’avais un travail, j’ai rejoint les Clarisses à l’âge de 31 ans. Je m’étais toujours dit que, si Dieu existait, ma vie serait pour lui. J’ai senti que le Christ était vivant au moment où je ne m’y attendais pas. Quand j’ai trouvé Dieu, j’ai trouvé le Grand Amour. J’ai consacré la moitié de ma vie pour moi, et l’autre moitié pour Lui !

- Sœur Cécile Marie : je suis originaire d’une famille catholique, mais pas pratiquante. Je suis rentrée chez les Clarisses à 25 ans, après une révélation à Paray-le-Monial en voyant les frères et sœurs de la communauté Saint-Jean. J’ai dit à Dieu : si Tu existes, je Te donne tout. Ce qui est important dans notre communauté, c’est ce climat très familial, fraternel. Chez les Clarisses, on interroge jusqu’à la dernière sœur rentrée pour connaître son avis.

La pauvreté est la règle ?

Sainte Claire a lu dans l’Évangile « vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et suis moi ». Cette phrase, importante, s’applique à chaque vocation : une Clarisse doit arriver sans rien.

Jésus lui-même a vécu une vie d’humilité ?

Ce regard sur le Christ est cher aux Clarisses. Nous voulons le suivre, ensemble, en communauté car nous ne sommes pas des ermites. Le Fils de Dieu a choisi de vivre dans l’humilité et accepté de mourir de la mort infâme de la croix. Cela par amour pour les hommes et pour leur acquérir le salut. Nous nous laissons séduire par cette charité de notre Sauveur.

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Comment se déroule une journée au monastère

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Au monastère Sainte- Claire, les offices sont ouverts au public : l’accès à la chapelle est libre pendant la plupart des temps de prière. La messe dominicale de 8 heures attire son monde / © Photo Marie PERRIN le Progrès

La sonnerie d’un téléphone rompt le silence. La Clarisse glisse une main sous sa robe de bure, en extirpe l’appareil. Quelques mots. Fin de la conversation. Ainsi que d’une farandole d’idées reçues. Oui, les sœurs ont le téléphone, et même une boîte mail et des liaisons internet. Oui, elles proposent au visiteur d’étancher sa soif avec… un coca. Et oui, elles s’angoissent comme tout un chacun face aux « innombrables » grèves de la SNCF qui ont failli contrarier l’an dernier leur Congrès fédéral…

Le monde moderne ne s’arrête donc pas aux portes du monastère. Même si, curieusement, le vacarme de l’avenue de la Libération, saturée d’une incessante circulation, cesse net une fois franchi le seuil. Et que l’on vit ici en observant la règle de sainte Claire, écrite au XIII e siècle. Les Clarisses, Ordre contemplatif, orientent leur existence vers la prière et la louange. « Les temps de prières ponctuent notre quotidien : sept offices dans la journée, entrecoupés de temps de travail ou de récréation ». Les sœurs se couchent tôt, normalement à 20 h 30, mais se relèvent à 1 h 30 pour une heure d’oraisons et commencent leur journée par les Laudes à 6 h 15.

Le monastère fonctionne « comme une famille ». Comptabilité, infirmerie, ménage, cuisine : chaque Clarisse a ses tâches propres. « Les emplois sont donnés aux sœurs en fonction de leurs compétences. Chacune est évidemment capable d’être sœur Sacristine. Mais on admet que certaines puissent, par exemple, être allergiques à la couture ou à la musique ».

L’organisation n’est pas figée. « Les élections communautaires redistribuent les emplois. Changer de tâche nous permet de nous renouveler, d’éviter de nous scléroser ».

Particularité de l’Ordre des Clarisses, chaque sœur « a le droit de s’exprimer et d’être écoutée ». Même la mère abbesse, sœur François du Christ, se définit comme « la sœur de ses sœurs ».

« La joie est dans l’austérité » concluent-elles d’une seule voix. Une vie austère ? C’est indéniable. Mais assumé. Il n’est qu’à écouter les Clarisses, qui chantent avec des voix d’enfants et prient avec des âmes de géants…

- Monastère Sainte-Claire - 29 avenue de la Libération à Montbrison - Tél. : 04 77 58 13 35 - www.clarissesmontbrison.org

Marie Perrin article 2011 Le Progrès






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Publié le : 05.08.2016 09:37 - Mis à jour le : 08.08.2016 10:32