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galet Michael LONSDALE à Montbrison pour lire le chemin de croix de Paul Claudel

Écrit comme une prière, Paul Claudel voulait que ce texte, qui est une longue méditation sur la passion du Christ, soit dit à l’heure du chemin de croix. Il a été interprété dimanche 17 avril 2011 par Michael Londsale et Odile Samoel à la collégiale de Montbrison.

Dimanche 17 avril 2011, pour la fête des Rameaux, en ouverture de la saison des Amis des Orgues de Montbrison, Michael LONSDALE a lu, en alternance avec Odile SAMOEL, le Chemin de Croix de Paul CLAUDEL. Six cents personnes étaient venues de tout le Forez et des départements voisins pour écouter celui qui a reçu le César du Meilleur second rôle pour le film « Des hommes et des Dieux » où il incarnait Frère Luc, le médecin du monastère de Tibhirine.

Michael LONSDALE était déjà venu l’année dernière à la collégiale de Montbrison, devant trois cents personnes pour un concert lecture, « Eaux Vives », inspiré des textes de la bible. Il avait alors pu répondre en toute tranquillité aux questions des journalistes, ce qui n’a pas été le cas cette année, du fait de l’insistance de nombreux admirateurs venus demander des autographes. C’était le même comédien que l’année dernière, avec sa voix chaleureuse et envoûtante, mais la différence tenait à un César.

Une heure durant, l’ambiance de ferveur du poème de Claudel s’est amplifiée des bruitages et sons divers inventés par le percussionniste Éric Sanarens. En échos aux textes, le Père Vincent-Marie, tantôt improvisait, tantôt interprétait des airs empreints de spiritualité. A la 4eme station, après le cri du coeur de Marie « Adieu, mon bon petit enfant ! Adieu, ô chair de ma chair ! », les notes claires de l’orgue ont longuement résonné comme une plainte langoureuse et contemplative.

Des chants latins, interprétés magistralement par le baryton Bernard Masson ont ponctué ce concert. On se souviendra notamment d’un Agnus Dei poignant. Ce Chemin de Croix s’adresse à notre monde contemporain. A la sixième station, alors que tous abandonnent Jésus, Véronique n’hésite pas à essuyer son visage, et Claudel implore : « Enseignez-nous, Véronique, à braver le respect humain »…

Jean-Paul JASSERAND

/©photo Défrade

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Odile SAMOEL et Michael LONSDALE
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Paul Claudel : un écrivain

Poète, auteur dramatique, romancier, diplomate, Paul CLAUDEL fut élu au fauteuil 13 de l’Académie Française en 1946.
De famille catholique, l’enseignement laïque lui fait perdre la foi qu’il retrouvera, à l’âge dix-huit ans, lors d’une illumination subite. le jour de Noël, le 25 décembre 1886, alors qu’il assistait en curieux à l’office des vêpres dans la cathédrale Notre-Dame de PARIS : « J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la Maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus. » Sa foi catholique devient dès lors essentielle dans son œuvre qui chantera la création : « De même que Dieu a dit des choses qu’elles soient, le poète redit qu’elles sont. »
Cette communion de CLAUDEL avec Dieu a donné ainsi naissance à près de quatre mille pages de textes. Il y professe un véritable partenariat entre Dieu et ses créatures, dans son mystère et dans sa dramaturgie, comme par exemple dans Le Soulier de satin et L’Annonce faite à Marie.

Paul CLAUDEL : un homme de prière

Paul CLAUDEL était un priant. Il allait à la messe chaque jour, disait son chapelet, suivait chaque vendredi le chemin de croix et faisait oraison dans l’église de Brangues où il ne voulait rien perdre de "cette inestimable demi-heure". N’a-t-il pas pensé devenir moine en faisant un essai à Solesmes puis à Ligugé en1900 ?
Sa vie est restée marquée par ces deux expériences : oblat du monastère de Ligugé, il récite son bréviaire tous les jours, mais surtout il pratique assidûment la lectio divina. Il n’a pas été favorisé d’expérience mystique ou de révélations particulières ; c’est un caractère très réaliste, mais il a puisé ses intuitions dans la Parole de Dieu, la vie sacramentelle proposée par l’Église et sa propre vie de prière.
CLAUDEL a cherché à partager son expérience de prière. Il a entretenu une correspondance avec des convertis ou des chercheurs de Dieu du renouveau catholique qui s’est fait jour durant la première moitié du XXe siècle. Véritable père spirituel pour certains, il a saisi combien nous avons besoin de maîtres qui soient aussi des témoins. Il n’a pas hésité, comme saint Paul, à proposer son exemple personnel. Conscience de sa vocation de baptisé, il a été véritablement en mission auprès de ses frères écrivains d’abord et envers tous ensuite particulièrement à travers son œuvre.

Le chemin de la Croix : "Jésus n’est pas venu pour détruire la croix, mais pour s’étendre dessus"

Paul CLAUDEL écrivit ce Chemin de la Croix en 1911 à son retour en France après 13 ans passé en Chine. Revenir de l’autre bout du monde en Europe, c’était aussi revenir au cœur du christianisme. De ce fait, P. Claudel apportait beaucoup d’importance à ce texte qu’il avait écrit avec cœur afin d’y exprimer toute la ferveur de sa foi en Jésus, Christ et Seigneur, Sauveur de monde.
Écrit comme une prière, il voulait que ce texte, qui est une longue méditation sur la passion du Christ, soit dit à l’heure du chemin de croix ou, tout au moins, dans un contexte religieux et priant. Le pape Jean-Paul II ne pouvait mieux satisfaire la volonté de l’auteur, en faisant lire cette méditation au cour du Chemin de Croix du Vendredi Saint de l’Année Jubilaire 2000 au Colisée à Rome.





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Publié le : 25.04.2011 20:19 - Mis à jour le : 05.05.2011 15:26