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galet Mgr Pierre Joatton revient sur la visite du pape Jean-Paul II à Lyon en octobre 1986

25 ans après …. Pierre Joatton, ancien vicaire général de Lyon et ancien évêque de Saint-Etienne, se souvient profondément de la visite apostolique de Jean Paul II en octobre 1986 à Lyon et sa région.

La préparation de la visite apostolique du Pape Jean Paul II en octobre 1986, a commencé dès le mois de novembre 1985, soit un an avant sa venue. Préparation avec les responsables de l’organisation dans les diocèses d’Autun, de Belley-Ars et d’Annecy, et avec deux frères de la communauté de Taizé, et des membres de la communauté du Chemin Neuf chargés de l’accueil à Ars. Le Cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon, m’avait chargé de l’organisation de la visite apostolique de Jean Paul II à Lyon et sa région. J’en garde un souvenir vibrant et très heureux.

La préparation s’est aussi faite à Rome, où je suis allé plusieurs fois rencontrer Jean Paul II et ses collaborateurs. Pour la béatification du Père Chevrier, le responsable de la Congrégation pour la cause des Saints souhaitait plutôt qu’elle ait lieu à Rome. Jean Paul II étant bien d’accord pour Lyon, m’a conseillé d’aller rencontrer le responsable au moment de l’apéritif. Ce qui a facilité les choses !

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photo /© archives diocèse de Lyon

A partir du mois de janvier 1986 s’est instaurée une franche collaboration avec les autorités gouvernementales, régionales et locales. De plus en plus fréquemment, nous nous sommes retrouvés avec les préfets et les nombreux responsables de la cité, des administrations et des diverses entreprises, soit à la préfecture, soit à l’archevêché, soit sur le terrain. Et nous avions à vivre ensemble, parfois, des moments plus difficiles pour prendre certaines décisions, notamment au mois de septembre 1986 au cours duquel il a fallu gérer des contretemps de dernière minute dans un climat rendu lourd à cause des attentats de Paris.

Tout au long de ces mois de préparation sur les divers chantiers, nous nous sommes souvent réjouis de voir les choses se mettre en place pour un bon accueil de Jean Paul II et des foules que nous voulions de plus en plus nombreuses. Nous avons rencontré aussi des difficultés de toutes sortes. C’est alors que grandissait en nos cœurs, depuis le premier jour de la préparation, cette conviction que le Seigneur, par le ministère du successeur de Pierre qui parcourt le monde inlassablement, donnait un élan nouveau à l’Eglise pour l’évangélisation des hommes et des femmes de ce temps. Et nous étions rendus plus fermes dans la Foi lorsque nous nous retrouvions chaque vendredi avec les membres de l’équipe de préparation, pour célébrer l’Eucharistie dans la chapelle des sœurs à Fourvière. C’était pour nous, grâce à Dieu, la source à laquelle nous puisions profondément notre assurance, sachant aussi que de nombreuses communautés religieuses priaient à cette intention depuis des mois.

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Jean-Paul II

La préparation de cette visite a été un peu perturbée par une sombre prophétie de Nostradamus, prédisant la mort d’un pape dans une ville arrosée par deux fleuves, de quoi mettre sur les dents tous les services de sécurité, cinq ans après l’attentat qui avait failli coûter la vie à Jean Paul II, place Saint Pierre à Rome. Et juste après une vague d’attentats meurtriers à Paris en septembre 1986.

Du 4 au 7 octobre 1986, Jean Paul II venait en France pour la troisième fois. Répondant à l’invitation du Cardinal Decourtray, Jean Paul II venait en visite pastorale à Lyon et dans la région, sur les lieux qui ont marqué l’histoire de L’Eglise. Là où dix huit siècles plus tôt l’évêque Pothin, la jeune esclave Blandine et les autres Martyrs de Lyon avaient versé leur sang. Après Paris en juin 1980, Lourdes le 15 août 1983, Jean Paul II venait à Lyon aux racines de l’Eglise en France, et dans le quartier populaire de la Guillotière où, 150 ans plus tôt, le Père Antoine Chevrier avait choisi d’aller à la rencontre des plus pauvres et fonder le Prado, dont je suis.

Jean Paul II a été avec nous du samedi 4 au mardi 7 octobre 1986, c’est-à-dire Lyon, Taizé, Paray-le-Monial, Ars et Annecy. Et 25 ans après, on se souvient encore de cette visite qui a marqué la région et plus particulièrement Lyon.

En marchant dans les différents lieux, le Pape Jean Paul II nous rencontrait avec beaucoup de simplicité et d’écoute. Notamment pour la béatification du Père Antoine Chevrier, fondateur du Prado.

Jean Paul II portait en son cœur cette parole de Jésus "M’aimes-tu ?...sois le Pasteur de mes brebis." Nous l’entendions citer la parole du Christ qui rejoint ses disciples qui sont dans la tempête, "N’ayez pas peur" et il nous invitait à dépasser les peurs.

L’accueil de Jean Paul II

Dans le déroulement de la visite de Jean Paul II à Lyon et sa région, on peut noter en premier l’accueil. D’abord, l’accueil officiel de la France, puis l’accueil des chrétiens et de la ville de Lyon, l’accueil des autorités civiles, l’accueil à l’archevêché et l’accueil des enfants. Je parlerai plus particulièrement du premier accueil, celui de Jean Paul II à l’aéroport de Satolas. Puis j’évoquerai l’accueil à l’Amphithéâtre des Trois Gaules sur les pentes de la Croix Rousse.

1 - L’accueil officiel de la France à l’aéroport de Lyon-Satolas le matin du samedi 4 octobre

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Arrivée de Jean-Paul II à Satolas, accueilli par François Mitterrand en 1986 / Archives Le Progres

Il est 9 h 30, le soleil brille en cette magnifique matinée d’automne. Une atmosphère de fête baigne l’aéroport de Satolas. L’avion paraît, c’est un petit point dans le ciel. Puis il pique du nez et va se poser loin ! On le voit approcher, roulant lentement presque majestueusement. L’avion s’immobilise, ses moteurs s’arrêtent, une passerelle est approchée, la porte s’ouvre. Aussitôt, le Nonce apostolique Mgr Felici, le Président de la Conférence épiscopale Mgr Jean Vilnet, et le Cardinal Albert Decourtray montent dans l’avion pour saluer Jean Paul II. Et voici qu’apparaît Jean Paul II souriant, montrant la joie d’un visiteur heureux de répondre à une invitation qui lui fait plaisir.

Le Président de la République M. François Mitterrand s’avance vers Jean Paul II pour lui serer la main. Après une rapide prise de contact avec les personnalités, il accompagne Jean Paul II vers un salon de l’aéroport pour un entretien en tête à tête d’une demi-heure environ. Ils rejoignent ensuite une petite estrade et là devant les invités à cette cérémonie d’accueil, les journalistes et les photographes, M. François Mitterrand exprime la joie de la France d’accueillir Jean Paul II pour la troisième fois. Le Président de la République évoque les attentats qui, au mois de septembre à Paris, ont fait tant d’innocentes victimes et créent un climat d’insécurité dans notre pays. Jean Paul II, qui a si durement éprouvé l’horreur du fanatisme dans sa vie, répond en disant : "Nous sommes navrés…de voir les atteintes à la paix que la France subit en ce moment, sur son territoire ou ailleurs… " Et il poursuit son allocution pour dire le sens de sa visite et de son pèlerinage, tout en rappelant au peuple de France son rôle historique, culturel et spirituel avec tout ce que cela comporte de responsabilité et de dynamisme.

2 – L’accueil de Jean Paul II par des chrétiens et par la ville de Lyon à l’Amphithéâtre des Trois Gaules sur les pentes de la Croix Rousse, le 4 octobre

Il est 10 h 30 : trois hélicoptères quittent Satolas et viennent déposer au niveau de la Préfecture, Jean Paul II avec les personnes qui l’accompagnent depuis le Vatican, ainsi que le Cardinal Decourtray, le Cardinal Lustiger, Mgr Vilnet, Mgr Felici et moi-même parce responsable de l’organisation de la visite apostolique.

Puis un convoi d’une douzaine de voitures suit alors la papamobile qui traverse la ville pour gagner l’Amphithéâtre des Trois Gaules où va se dérouler la première rencontre de Jean Paul II avec des chrétiens et les responsables de la cité, dont Francisque Collomb sénateur maire de Lyon. Ce site prestigieux sanctifié par le sang des martyrs, semble prédestiné pour le baiser du sol dont Jean Paul II, à Lyon comme ailleurs, veut marquer le début de sa visite. Minute émouvante que celle où l’on peut voir le pape prosterné, apposer ses lèvres à la base du poteau symbolique qui marque l’endroit où Blandine et ses compagnons témoignèrent jusqu’au bout de cette Foi qui se perpétue depuis dix huit siècles dans le cœur des chrétiens de Lyon.

D’autres accueils

Pendant quatre jours, l’ancien séminaire régional Saint Irénée bâti sur les communes de Ste Foy les Lyon et de Francheville, devient "la maison du pape". Une courte visite à l’archevêché permet à Jean Paul II de remercier toute la petite équipe, qui heure par heure, et jour après jour, a vécu depuis un an toutes les phases des préparatifs de sa venue.

Jean Paul II, pressé par un programme bien rempli et pour des raisons de sécurité, se déplace le plus souvent en hélicoptère. Seuls quelques parcours en papamobile lui permettent de se rendre proche de la population et de rencontrer la foule venue l’acclamer. L’enthousiasme ne cesse de grandir tout au cours de cette visite apostolique. Les parcours rapides font sortir de leur maison, de leur village, de leur quartier, tous ceux qui ne veulent pas manquer le passage de Jean Paul II. Beaucoup sont à leur fenêtre ou à leur balcon.

Tout au long de sa visite apostolique Jean Paul II rencontre les enfants. Partout les enfants fêtent Jean Paul II qui les salue toujours chaleureusement et les embrasse parfois en les prenant dans ses bras.

Les grands rassemblements du Peuple de Dieu

Après avoir souligné l’accueil, je vais évoquer les grands rassemblements du Peuple de Dieu, en m’arrêtant tout particulièrement sur la célébration à Eurexpo.

1 - La célébration eucharistique avec la béatification du Père Chevrier à Lyon-Eurexpo le samedi 4 octobre

Il est 16 heures. La journée est magnifique. Tout est prêt. 350 000 fidèles regardent le ciel où doit apparaître le bel hélicoptère blanc porteur du Pape Jean Paul II.

Les organisateurs remercient le Seigneur de les avoir tant aidé depuis un an. Ce fut un dur labeur de conception, d’organisation et de méthode dans les plus petits détails. Tout était à faire sous l’angle de l’administration, de la sécurité, de la santé, des transports, de l’hébergement, des entrées, des répartitions des groupes de pèlerins. Et tout était à faire aussi pour concevoir et bâtir le podium avec l’autel, pour préparer la liturgie, pour rassembler et entraîner la chorale des mille choristes. Et depuis un an tous les organisateurs, qu’ils soient bénévoles, amateurs, ou spécialistes ont été présents.

La célébration à Eurexpo (près de Lyon)

Depuis 8 heures du matin, les 3 500 membres de l’équipe d’accueil sont là, bien reconnaissables à leurs foulards jaunes. Ils accueillent les pèlerins et les placent. Les premiers vont attendre de nombreuses heures l’arrivée de ce Pape qu’ils viennent rencontrer ; certains de ces pèlerins sont partis en car ou en train la veille au soir ; ils sortent d’une nuit blanche. Pendant leur attente, les pèlerins peuvent découvrir sur un écran géant divers aspects de la vie de l’Eglise dans le diocèse de Lyon.

Jean-Paul II à Lyon en octobre 1986 © France3 Lyon

A 16 heures l’hélicoptère est là, il survole la foule en liesse, puis va se poser bien loin derrière, et c’est en papamobile que Jean Paul II s’approche pour atteindre l’autel, en faisant un large tour dans les allées qui séparent les différents îlots. Porté par les applaudissements et les cris de joie, il progresse lentement jusqu’au podium, alors que la chorale et la foule chantent "Tu es Pétrus".

En bas et en haut des marches, il y a un groupe d’enfants portant des grandes fleurs à la main, parmi lesquels, un jeune garçon de 10 ans qui a reçu mission d’accueillir avec simplicité, Jean Paul II au nom des 350 000 fidèles qui l’acclament si chaleureusement : "Bonjour mon cher Pape, dit le jeune garçon. Je suis très ému car je suis un enfant et vous vous intéressez à nous. Soyez le bienvenu dans notre ville : la ville des premiers chrétiens. Nous vous remercions d’aller vers tout le monde et de servir comme l’ont fait Jésus et le Curé d’Ars. Vous voulez réconcilier tous les hommes et toutes les femmes, leur apprendre à se tourner vers Dieu. Vous êtes courageux, et important pour nous, vous donnez votre vie, vous nous avez appris à pardonner. Vous êtes lumière et gaieté pour nous. Quel plaisir de vous voir et de vous entendre nous parler : il me semble que nous avançons vers Dieu. Mille mercis de venir chez nous. Si je le pouvais j’aimerais vous inviter dans ma maison. Je vous aime." (Marc)

"Oui aujourd’hui, grâce à Dieu", nous a dit Jean Paul II, "j’ai sous les yeux un peuple immense, le peuple chrétien qui a voulu célébrer sa foi avec le successeur de Pierre".

Et un frère du Prado nous a raconté comment il a ressenti la longue marche vers la béatification du Père Chevrier, fondateur du Prado. "La béatification du Père Antoine Chevrier a été pour moi une cause de grande joie. Depuis longtemps je l’attendais. De nombreux malades faisaient des neuvaines de prière au Père Chevrier pour obtenir leur guérison. Matin et soir toute la communauté priait pour demander la béatification. En 1983 la cause de béatification semble sortir de l’oubli. Et en octobre 1986 Jean Paul II béatifie le Père Antoine Chevrier lors de sa visite à Lyon." Les jours suivant, le Pape Jean Paul II rencontre le Peuple de Dieu dans des célébrations Eucharistiques à Paray-le-Monial, à Ars et à Annecy, où des milliers de pèlerins sont venus prier avec lui.

Durant le séjour de Jean Paul II, des rencontres ont été particulièrement marquantes. Notamment la rencontre des malades, et la rencontre des jeunes à Gerland.

Des rencontres de groupes de chrétiens

1 – Rencontre des malades à la Primatiale Saint Jean à Lyon le dimanche 5 octobre

Depuis quelques minutes la grosse cloche annonce joyeusement l’arrivée de Jean Paul II à la Primatiale Saint Jean. Là sont rassemblés les malades, dont les premiers sont arrivés à 13 heures et les derniers à 15 h 45. Ce qui donne 165 minutes pour que prennent place, une par une, les 900 personnes, dont le tiers en fauteuil roulant et en brancard, et les autres marchant le plus souvent avec de grandes difficultés. Tout cela est très cordialement réalisé par les membres des Hospitalités lyonnaise et roannaise de Notre-Dame de Lourdes. Après des discours, Jean Paul II, pendant 45 minutes parcourt la cathédrale en saluant et réconfortant chacun des malades présents.

2 – Rencontre des jeunes à Gerland le dimanche 5 octobre 1986

1986 : visite du Pape Jean-Paul II à l'Université Catholique de Lyon ©UCL Quelle impressionnante rencontre que celle du rassemblement des jeunes au stade de Gerland ! Ce n’était pas encore des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse), mais ces rencontres de Jean Paul II avec les jeunes annonçaient les JMJ, dont la première rencontre internationale hors d’Italie eu lieu en 1987 en Argentine.

A Gerland, ils sont plus de 50 000 rassemblés depuis le milieu de l’après-midi. Deux podiums ont été installés. L’un plus important servira d’estrade à Jean Paul II entouré des cardinaux et évêques. Au dessus brille une immense Croix lumineuse.

Jean Paul II arrive à 18 heures. Accompagné du Cardinal Decourtray, il fait le tour du stade alors que des milliers de foulards s’agitent pour le saluer. La joie, l’enthousiasme apparaissent sur tous les visages. Les jeunes vont exprimer leur foi, leur prière et leur attente à travers un grand jeu scénique fait de chants, de lumière, de décors, de costumes, de musique et de danse. Jean Paul II et les jeunes se rencontrent, s’écoutent et se parlent pendant plus de deux heures.

Les jeunes interpellent Jean Paul II avec leurs questions sur la foi (Comment partager notre foi avec les autres ?), leurs questions sur l’Eglise (Parlez-nous d’une Eglise qui nous aide à vivre dans la vie de tous les jours), leurs questions sur l’engagement dans le monde (ne nous donnez pas des interdits mais des raisons de vivre). Jean Paul II donne des réponses vigoureuses et chaleureuses qui sont accueillies avec enthousiasme, tellement elles correspondent à l’attente profonde de tous ces jeunes.

Oui quelle impressionnante rencontre que celle du rassemblement des jeunes à Gerland. Dans les derniers instants de la fête où toute l’assemblée prie avec une jeune messagère qui, remettant un foulard à Jean Paul II, lui dit : "Ce soir, avec vous, notre foi en Jésus Christ nous soulève"

Nous avons vu, tout au long de sa visite apostolique, Jean Paul II présider de grandes célébrations eucharistiques avec le Peuple de Dieu, effectuer des pèlerinages, rassembler les jeunes, les séminaristes, les prêtres, les malades, les religieux et religieuses, les professeurs et les étudiants. Nous l’avons vu pasteur soucieux de tous, disponible pour tous, désireux de s’entretenir, fervent dans la prière avec tous.

Nous allons évoquer quelques rencontres particulières dans ces quatre jours passés à Lyon et sa région.

- La rencontre avec la communauté de Taizé le dimanche 5 octobre 1986

Le pape Jean-Paul II, le 4 octobre 1986, à Lyon / Photo Archives Le Progrès

Le Bon Pape Jean XXIII avait autrefois appelé Taizé le "Petit Printemps". Jean Paul II dira que l’on passe à Taizé comme l’on passe près d’une source. Il s’y rend ce dimanche 5 octobre 1986, avant d’aller à Paray-le-Monial. Il faudra une heure de parcours en voiture dans l’épais brouillard qui interdit d’utiliser l’hélicoptère. Jean Paul II est accueilli très chaleureusement et fraternellement à l’entrée de l’église de la Réconciliation par le Frère Roger entouré de membres de la communauté venus de nombreux pays.

- Jean Paul II sur les pas d’Antoine Chevrier le mardi 7 octobre 1986

Il est 17 heures, le mardi 7 octobre 1986, lorsque Jean Paul II arrive devant le Prado, dans le quartier de la Guillotière. Jean Paul II termine alors son voyage par son pèlerinage sur la tombe du Père Chevrier qu’il a béatifié quatre jours plus tôt. L’ancienne salle de bal où s’établit le Père Chevrier en 1860, est devenue la chapelle du Prado.
Frère Pierre, du Prado, témoigne : "Jean Paul II, c’est vraiment le Père au milieu de ses enfants, des pauvres et des riches, des savants et des ignorants ; c’est la grande famille ici réunie."

Durant son séjour, Jean Paul II a rencontré la communauté juive de Lyon, ainsi que les musulmans et les bouddhistes. Rencontre qui préfigurait la rencontre interreligieuse d’Assise du 27 octobre 1986 où Jean Paul II a invité toutes les religions à prier pour la Paix. A Assise le 27 octobre 1986 où Jean Paul II a invité toutes les religions à prier pour la Paix.
-  Enfin pour terminer, j’évoquerai : La bénédiction, par Jean Paul II, de la ville illuminée le soir du dimanche 5 octobre

Depuis deux jours, Jean Paul II reçoit un accueil de plus en plus enthousiaste. Des centaines de milliers de voix l’ont acclamé : "Tu es Pétrus" au cours des diverses célébrations.

Et comme il le fait habituellement sur la place Saint Pierre à Rome, et comme son prédécesseur Pie VII l’a fait à Fourvière en avril 1805, Jean Paul II va bénir la ville illuminée. Il le fait à 22 heures depuis la grande loggia construite pour les bénédictions autour du chœur de la Basilique et d’où, chaque année le 8 septembre, l’archevêque de Lyon bénit la ville. Ville illuminée avec ses milliers de lampions, comme elle l’est depuis 1852 chaque 8 décembre pour la fête de l’Immaculée Conception.

Jean Paul II lit son message : "Habitants de Lyon, habitants des villes voisines, voici que le successeur de Pierre est venu en pèlerinage auprès des saints de grands carrefours des Gaules. Ce soir, il s’est prosterné aux pieds de Notre-Dame de Fourvière qui veille sur votre cité depuis des siècles…. L’Evêque de Rome (Jean Paul II) au côté du Primat des Gaules (Cardinal Decourtray), vous salue très cordialement ce soir vous tous, chrétiens et non chrétiens. A chacun il souhaite la réussite de sa vie, selon ce qui est le plus digne de la personne humaine….
D’ici, j’aperçois vos clochers et j’adresse mes vœux particuliers aux chrétiens de toute l’agglomération lyonnaise…. Notre-Dame de Fourvière ! Veille sur tous tes enfants qui te vénèrent sur cette colline ! Humble servante du Seigneur et Mère admirable, allège les fardeaux trop lourds, et montre-nous le chemin où ton Fils nous appelle à la vie plus forte que la mort, au rassemblement de l’humanité renouvelée et sauvée !
Que Dieu bénisse les enfants de Notre-Dame de Fourvière".

Et Jean Paul II a conclu par un sympathique : Bonne nuit !

Le mercredi 5 octobre 2011 à 18 heures, après la messe célébrée à la Basilique de Fourvière, une statue de Jean Paul II (béatifié le 1er mai 2011 à Rome.) bénissant la ville est inaugurée en souvenir de ce moment très fort d’il y a 25 ans.

Lyon, Mercredi 5 octobre 2011

+ Pierre Joatton
Ancien évêque de Saint-Etienne

Pour aller plus loin

Jean-Paul II et la France





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Publié le : 11.10.2011 10:09 - Mis à jour le : 11.10.2011 11:32