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galet Mgr Lebrun :" Nos frères et sœurs du Moyen Orient ne cessent pas de désirer vivre autour d’une église pour communier"

Homélie du 16 août 2015

Vingtième dimanche du temps ordinaire (B)
Cathédrale Saint-Charles – dimanche 16 août 2015

Pv 9, 1-6 ; Ps 33
Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58

Homélie

« Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jn 6, 58).

Frères et sœurs, ainsi s’achève le discours de Jésus dit « du pain de vie ». La question est simple : que faisons-nous de cette affirmation ? L’eucharistie est-elle notre nourriture ?

« … vivra éternellement » : qu’est-ce que la vie éternelle ? « Je crois à la vie éternelle » est le dernier article du credo, du symbole des apôtres. Comme le propose le catéchisme de l’Eglise catholique pour expliquer ce qu’est la vie éternelle, je vous lis ce que l’Eglise dit au chrétien au moment de sa mort :

-* Quitte ce monde, âme chrétienne, au nom du Père Tout-Puissant qui t’a créée, au nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu vivant, qui a souffert pour toi, au nom du Saint-Esprit qui a été répandu en toi. Prends ta place aujourd’hui dans la paix, et fixe ta demeure avec Dieu dans la sainte Sion, avec la Vierge Marie, la Mère de Dieu, avec saint Joseph, les anges et tous les saints […] Retourne auprès de ton Créateur qui t’a formée de la poussière du sol. Qu’à l’heure où ton âme sortira de ton corps, Marie, les anges et tous les saints se hâtent à ta rencontre (…) que tu puisses voir ton Rédempteur face à face .

Communier n’a pas de sens, manger le corps n’a pas de sens en dehors de cette perspective : « prendre notre place parmi les saints en fixant notre demeure avec Dieu ».

Manger le corps du Seigneur, c’est communier à la Pâque du Seigneur, à la mort et la résurrection de Jésus qui ramène l’humanité au Père, qui nous conduit au paradis.

En juillet, je me suis rendu dans la région de la Turquie où eut lieu le génocide arménien et des autres chrétiens chaldéens ou syriaques, il y a cent ans. J’ai trouvé quelques chrétiens descendants des familles chassées et exterminées ; j’ai rencontré surtout des réfugiés descendants des familles qui avaient quitté la région pour se réfugier en Irak ou en Syrie ; cent ans plus tard, ils fuient ces pays pour se réfugier en Turquie ! Parmi les choses qui m’ont frappé, il y a leur priorité à reconstruire leurs églises. Trois sur sept sont en chantier à Mardin !

Lorsque « nous traversons des jours mauvais » (Ep 5, 16) pour reprendre l’expression de St Paul, que propose-t-il ? « Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur » (5, 19). Nos frères et sœurs du Moyen Orient ne cessent pas de désirer vivre autour d’une église pour communier, pour chanter des hymnes, des psaumes et des chants inspirés.

Quelle est la place de nos églises dans nos vies ? Sont-elles pour nous la perspective de la vie éternelle ou bien marquent-elles notre territoire, comme un symptôme de la peur qui peut nous habiter dans des » jours mauvais » ? Frères et sœurs, goûtons à la joie d’être rassemblés par le Seigneur. Il nous offre de communier à l’amour infini du Père : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 57).

Mgr Dominique Lebrun





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Publié le : 19.08.2015 10:01