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galet Mgr Lebrun : Homélie du 5ème dimanche de Pâques

Cinquième dimanche de Pâques (C) Cathédrale Saint-Charles – le 29 avril 2013

Ac 14, 21b-27 ; Ps 144
Ap 21, 1-5a ; Jn 13, 31-33a-34-35

Homélie

Frères et sœurs,

Le temps pascal est une grande méditation sur la vie chrétienne c’est-à-dire sur la vie de ceux qui sont morts et ressuscités avec le Christ. Le baptême nous a plongés dans la mort de Jésus et dans sa résurrection. C’est, en fait, chaque jour que nous sommes unis à Jésus mort et ressuscité. Paul et Barnabé vivent de ce mystère pascal. Ils connaissent l’épreuve et la réussite, la croix et la victoire. Et ils prêchent cela à leur première communauté : Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu (Ac 14, 22b). On croit entendre Jésus dire : Ne savez-vous pas qu’il faut que le Fils de l’homme soit tué … et que, le troisième jour, il ressuscite (Lc 9, 22). Les disciples ne sont pas plus grands que leur maître, disait Jésus (Lc 6, 40). Chacun d’entre nous pourrait vérifier dans sa propre vie de chrétien comment il vit du mystère pascal, comment sa vie est marquée par la mort et la résurrection. Et nous avons aussi à le faire ensemble, en Eglise, en communauté.

Nous sommes très tristes du vote de la loi sur le mariage prétendument pour tous. C’est un mal, une épreuve, comme la Croix dressée sur le monde. Comment de ce mal surgira-t-il un plus grand bien ? Comment l’épreuve nous purifie-t-elle et nous entraîne-t-elle à un surcroît de vie, un surcroît d’amour, non seulement envers les personnes homosexuelles mais aussi envers nos gouvernants et opposants ? En posant cette question, je suppose que nous ne confondons pas amour et sensibilité, amour et sensualité. Ne sommes-nous pas invités à vivre plus intensément le mariage dans ses dimensions fondamentales c’est-à-dire l’amour conjugal et la filiation qui lui est intrinsèquement liée ; à en vivre et à en témoigner ? Nous ouvrons les yeux sur les conséquences ultimes de la dissociation entre l’amour conjugal et la procréation. Ne l’avions-nous pas finalement accepté voire banalisé par la contraception - qui n’est pas la régulation naturelle des naissances ? Et, surtout, ne l’avions-nous pas accepté ou, du moins toléré, par l’avortement ?

Comment, en somme, accueillons-nous la parole de Jésus : Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres ? (Jn 13, 35).

Paul et Barnabé achèvent leur premier voyage missionnaire et rentre à Antioche de Syrie, actuellement dans le sud de la Turquie, d’où ils étaient partis. Ils racontent tout ce que Dieu a fait avec eux (Ac 14, 27). Le mystère pascal, ce n’est pas seulement le jour qui succède à la nuit, comme on dit après la pluie, le beau temps ; c’est surtout la réconciliation de l’homme avec Dieu. Dès lors, Dieu agit avec eux. C’est ce que nous entendons dans la bouche de Jésus : Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui (Jn 13, 31). Le chrétien peut dire en même temps : Dieu t’a guéri et tu as guéri ; tu pardonnes et Dieu pardonne en toi : tu te maries et Dieu te marie ; tu as des enfants et Dieu te donne des enfants.

L’apocalypse ne dit pas autre chose lorsque la nouvelle création apparaît comme la cité sainte, la Jérusalem nouvelle qui descend du ciel d’auprès de Dieu (Ap 21, 2). La création nouvelle est à la fois Jérusalem, la ville pleine et lourde de l’histoire de l’humanité - encore aujourd’hui - et un don du ciel. Parmi les choses que Dieu a faites avec Paul et Barnabé, il y a la porte de la foi ouverte aux nations païennes : Ils leur racontaient comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi (Ac 14, 27). Très explicitement, les actes des apôtres racontent comment Pierre, puis Barnabé et Paul se sont tournés vers les païens à la suite du refus de certains juifs de reconnaître en Jésus le Messie (Ac 11, 19-26). La persécution ouvre de nouveaux horizons. A nouveau du mal sort un grand bien. Cela doit nous inviter à la fois à l’humilité, à la prière, à l’espérance et à la reconnaissance de l’œuvre de Dieu, y compris à travers la contradiction comme à travers nos propres œuvres bonnes.

Demandons au Seigneur la grâce d’une foi plus grande pour que nous ne jugions pas de l’avancée du Royaume à l’aune de l’avancée de nos idées. Mesurons le Royaume sur la présence et l’avancée du Seigneur ressuscité dont l’Esprit continue de vaincre en nous la mort et le mal, par la Croix. Demandons une foi plus grande qui conduit à la charité.

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 29.04.2013 16:47 - Mis à jour le : 29.04.2013 16:48