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Fête de l’éveil à la foi

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galet Mgr Lebrun : Homélie de l’Épiphanie 2013

Solennité de l’Epiphanie du Seigneur
Cathédrale Saint-Charles – le 6 janvier 2013

Is 60, 1-6 ; Ps 71
Ep 3, 2-3a.5-6 ; Mt 2, 1-12

Homélie

Les mages lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe (Mt 2, 11).

Frères et sœurs, l’or, l’encens et la myrrhe, ne sont probablement pas les cadeaux habituels que vous faites à l’occasion de la naissance d’un enfant.

Ce récit offert par St Mathieu mélange les indications géographiques et historiques précises avec des notations, apparemment moins réalistes, qui reflètent l’intention de l’auteur et, à travers lui, de l’Esprit Saint son inspirateur. Cela mérite attention.

A vrai dire, il arrive d’offrir de l’or quand nous faisons don d’une médaille à l’occasion d’un baptême, de l’or à la fois métal réputé le plus précieux mais aussi inoxydable, sans limite dans le temps. L’or et l’encens sont annoncés par le prophète Isaïe : Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur (Is 60, 6). Il y a une éternité annoncée, une éternité d’origine divine.

La myrrhe est sans doute beaucoup plus rare ! Mais elle est présente dans l’évangile, au temps de la passion et de la mort de Jésus. Nicodème s’en est procuré pour aller faire l’onction sur le corps de Jésus (Cf. Jn 19, 6).

L’enfant que les mages trouvent avec leur mère est bien le Messie annoncé par Isaïe, et celui dont la royauté entraîne déjà l’opposition, celle incarnée par Hérode qui le voue à la mort. La myrrhe annonce l’acceptation de la mort par Jésus.

La symbolique de l’étoile nous paraît évidente. Le ciel fait signe aux chercheurs de Dieu. En fait, le récit bouleverse la mentalité religieuse de l’époque. Les étoiles comme les astres sont du côté de Dieu voire identifiés à des dieux. Or, ici, les astres apparaissent comme soumis à l’enfant, au lieu et à la date de sa naissance. Décidemment, cet enfant n’est pas simplement un chaînon dans l’histoire des hommes : il dirige même les dieux !

Ce renversement se fait en deux étapes ou plus exactement par la rencontre de deux sources : la sagesse et la recherche d’hommes capables de partir vers l’inconnu, et la révélation prophétique mémorisée par les chefs des prêtres et les scribes (cf . Mt 2, 4). Benoît XVI, dans son livre sur l’enfance de Jésus, s’interroge sur le sens de ces prêtres et de ces scribes qui savent et, pourtant, ne bougent pas. Ne serait-ce pas la théologie lorsqu’elle s’épuise en dispute académique, dit-il (p. 149) ? Ne sommes-nous pas très proches de certaines de nos attitudes. Je pense à nos disputes au sujet de nos plus ou moins bonnes manières de prier ou de faire la catéchèse ou bien de diriger un diocèse ou une paroisse, en oubliant d’aller simplement au but : Ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui (Mt 2, 11).

Au fond, St Mathieu nous rend sympathiques ces mages. Ce sont les chercheurs de Dieu, ceux qui ont besoin d’une parole pour aller plus loin. Ils sont si proches de notre humanité profonde, la nôtre et celle que nous révèlent tant de nos contemporains. Demandons au Seigneur la grâce de ne jamais nous considérer autrement que des chercheurs de Dieu en allant jusqu’à nous prosterner devant l’Enfant que nous tend sa mère. Demandons au Seigneur, la grâce d’oser dire la Parole aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui dont l’étoile semble avoir disparu et qui cherchent le chemin. Et comment le faire sinon en nous prosternant nous-mêmes devant l’Enfant Jésus !

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 06.01.2013 06:17 - Mis à jour le : 07.01.2013 10:20