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galet Mgr Dominique Lebrun de retour de Batroun, au Liban

Mgr Dominique Lebrun a séjourné au Liban du 25 au 28 octobre 2013 à l’occasion du Synode du diocèse de Batroun, jumelé avec le diocèse de Saint-Étienne. Il nous livre son témoignage.

Témoignage de Mgr Dominique Lebrun

Du vendredi 25 octobre au lundi 28 octobre, j’ai eu la joie de séjourner au centre du Liban, dans le diocèse de Batroun jumelé avec le nôtre. Son pasteur, Mgr MOUNIR KHAIRALLAH m’avait invité au lancement de leur synode diocésain. Il m’a reçu avec beaucoup de gentillesse, de disponibilité et d’amitié.

L'assemblée synodale écoutant la sœur, recteur de l'université

La séance inaugurale du synode était située au milieu du séjour, samedi après-midi. Tout était bien réglé pour que les 184 membres du synode, selon le droit canonique oriental, soient bien accueillis dans l’université dirigée par les soeurs de la Sainte Famille à Batroun. Mgr EMILE SAADE, l’évêque initiateur du jumelage, représentait le patriarche de l’Eglise maronite, Sa béatitude le cardinal BECHARA RAÏ. Etaient présents le Nonce apostolique, d’autres évêques maronites et les autorités locales, politiques ou religieuses (autres confessions chrétiennes et musulmans).

L’évêque de Batroun a expliqué les trois objectifs du synode :

  • approfondir les textes du synode patriarcal (2003-2006) qui concerne toute l’Église maronite présente au Liban et à travers le monde
  • travailler les modalités d’application pour le diocèse de Batroun des recommandations de ce synode dans le contexte d’aujourd’hui
  • oeuvrer au renouveau spirituel fondé sur la Parole de Dieu, la prière et le témoignage de vie.

Le secrétaire général, un fidèle laïc, a lancé la réflexion dans une intervention appréciée par sa hauteur de vue et applaudie lorsqu’il a rejeté la tentation des extrémismes ou fondamentalismes. Le tout était agrémenté de projections sur grand écran facilitant la participation.

Le synode durera deux ans. Mgr MOUNIR en a expliqué la devise : « Sur les pas de Saint JEAN MAROUN, nous nous renouvelons et nous sommes sanctifiés par le Christ ». Il a conclu en disant qu’il « sera une occasion pour la rencontre et le dialogue dans la vérité afin de rejeter nos différents et de nous traiter avec humilité, pardon et charité ». Et il l’a confié aux grands saints de l’Église maronite : Notre-Dame du Liban, Saint MAROUN, et JEAN MAROUN (patron du diocèse de Batroun).

Que retenir de ces trois jours ?

Sans conteste la présence et la force de l’histoire de cette communauté liée à ses montagnes. D’ailleurs, vendredi et samedi matin, Mgr MOUNIR m’a emmené visiter d’anciens ermitages et des églises datant de la deuxième moitié du premier millénaire. En fait, délicatement, Mgr MOUNIR me faisait faire le chemin des membres de son synode. Ceux-ci ont vécu une journée de ressourcement sur ces lieux historiques le 12 octobre. J’y relie aussi la messe du dimanche matin dans une paroisse en altitude bien ancrée dans la tradition et si joyeuse.

L’affirmation de « la culture maronite » comme constituante de l’identité libanaise est un deuxième élément fort. Cette culture naît de son histoire que ne cesse de féconder la foi. En tous les cas, l’idée que, l’oeuvre des hommes et l’oeuvre de Dieu ne sont pas séparées, est omniprésente. Quel avenir auprès des jeunes générations qui semblent goûter à la civilisation occidentale ? J’ai passé une soirée très intéressante avec quelques jeunes qui souffrent d’incompréhensions de la part de leurs collègues.

Monseigneur Mounir Khairallah et Monseigneur Dominique Lebrun près d'un ermitage en montagne

Enfin, l’hospitalité et l’accueil vont de pair avec une recherche d’authenticité libanaise et maronite. Le Liban continue de construire sur le roc de la montagne mais ce n’est pas pour se refermer sur lui-même. Combien de paroisses traversées où Mgr MOUNIR me montrait la salle paroissiale à peine achevée ou en cours de construction pour s’ouvrir les uns aux autres, sans parler de l’accueil des réfugiés syriens ! Dimanche, je terminais par la pose de la première pierre d’une maison de retraite au-dessus de sanctuaire de SAINTE RAFQA : symbole de continuité dans la construction, son financement par donation et le lien avec la sainte ; symbole de nouveauté par le type de maison encore peu habituel dans une société où les générations cohabitent volontiers. En rentrant, je rends grâce à Dieu pour notre humanité si diverse, si passionnante et si fragile. Je rends grâce à Dieu pour ces quelques jours, et j’invite tous ceux qui liront ces quelques lignes à prier pour la bonne réussite du synode du diocèse de Batroun et pour la paix dans la région.

+ DOMINIQUE LEBRUN
29 octobre 2013

Allocution de Mgr Dominique Lebrun à RAM

Le 27 oct 2013

Je suis impressionné par ce que j’ai vu : Impressionné par la grandeur de votre paroisse, qui est pourtant toute petite.
Impressionné par la présence de jeunes et d’enfants, bien que vous soyez une toute petite paroisse
Je suis impressionné par vos belles voix et votre enthousiasme à servir la Messe et vivre en Eglise.
Je suis également impressionné par quelque chose que vous n’avez pas vu : la joie de votre pasteur qui, en nous approchant de votre village, grandissait de plus en plus. Il se rappelait les premières années de son ministère presbytéral lorsqu’il venait chez vous pour des activités pastorales.
Je prie pour vous, pour votre diocèse et pour votre Eglise marote. _ Merci.

Prière à l'ouverture du synode, MonseigneurMounir Khairallah au centre

Allocution de Mgr Dominique Lebrun au couvent de Saint Rafqa à Jrabta _ 27 oct. 2013

Cher frère, Monseigneur Mounir,
Chers frères dans l’épiscopat, chers Pères,
Monsieur le ministre, mesdames et messieurs les hautes autorités,
Chère Mère supérieure et chères sœurs,
Chers amis bienfaiteurs,
Chers frères et sœurs,

C’est une grande joie et une grande émotion d’être avec vous aujourd’hui, et je crois une occasion de grandir encore dans ma foi. De là où je suis, je vois la nature, vos montagnes, et le chantier qui commence : en somme, l’œuvre de Dieu et l’œuvre des hommes. C’est cela qui permet à une peuple, à une nation, à une communauté, de maintenir sa culture. La culture de la communauté maronite en particulier, peut-être plus que toute autre, a su se construire sur l’œuvre de Dieu et sur l’œuvre des hommes, en n’oubliant pas que l’œuvre de l’homme demeure toujours soumise à l’œuvre de Dieu, laissant la place ainsi pour un avenir, pour des nouveautés que la Providence vient nous apporter.

Rendons grâce à Dieu. Je Lui rends grâce profondément pour cette rencontre qui m’est offerte et qui est offerte à mon diocèse de Saint Etienne, de rencontrer ainsi la culture de la communauté maronite, et plus largement la nation libanaise, qui rayonne à travers le monde. Et je voudrais vous apporter ici un témoignage qui date du début de cette semaine, lundi dernier. J’étais en Algérie, à Annaba, Hippone, la ville de Saint Augustin ; je représentais les Evêques de France pour la restauration de la grande basilique consacrée à Saint Augustin. Le lendemain, Mgr Paul Desfarges, évêque d’hippone (originaire du diocèse de Saint Etienne), m’a invité avec quelques « amis de Saint Augustin » ; c’est le nom qu’il donne à ces hommes et ces femmes qui ont commencé leur itinéraire spirituel dans l’Isalm et qui le poursuivent dans la rencontre avec Jésus et avec l’Evangile. L’un d’entre eux m’a raconté son histoire. C’est un professeur d’université qui, comme l’a dit hier d’une manière excellente le secrétaire général du synode diocésain, savait dans son cœur que son humanité, l’amour qu’il désirait pour elle, ne pouvait pas s’épanouir seulement dans l’esclavage d’un texte. Alors il s’est mis à chercher. Grâce à l’internet, il a rencontré le début d’une exégèse du livre qui était le sien jusqu’à présent, le Coran. Il a commencé à comprendre qu’il y avait peut-être autre chose. Puis, continuant sa recherche toujours grâce à l’internet, il est tombé sur un programme d’une télévision libanaise dans la langue qu’il comprend, l’arabe ; et c’était un programme sur Sainte Rafqa. Et il découvre cette femme dont on dit qu’elle souffrait beaucoup, et que par sa foi et son union au Christ elle rayonnait de bonheur. Il a alors trouvé que l’amour qu’il cherchait dans son cœur était là. Il a découvert que la souffrance, comme on lui avait toujours appris, ne s’arrêtait pas à un signe de malédiction ; mais à travers la souffrance et les épreuves, Dieu pouvait venir creuser en l’homme une source de bonheur à partager avec les autres.

Sainte Rafqa a été la porte qui l’a ouvert sur l’Evangile et sur le Christ. Cet homme a pris un nom chrétien et a été baptisé à Pâques dernier. Sainte Rafqa rayonne au-delà des frontières et sans doute dans bien des cœurs que nous ne connaissons pas.

Alors je rends grâce à Dieu. Je rends grâce pour celles qui sont autour de Sainte Rafqa et qui permettent à son message de se poursuivre. Je rends grâce également pour ceux qui, grâce à l’œuvre qui commence aujourd’hui, vont ainsi permettre aux personnes âgées de profiter de la vraie source, la source de l’amour, malgré et à travers la souffrance et les efforts imposés par l’âge et la maladie. Sans doute Sainte Rafqa est-elle aussi un symbole fort de ce diocèse, de ce pays, qui savent qu’à travers la souffrance, à travers l’épreuve, ils peuvent construire sur le roc, c’est-à-dire sur l’amour, son avenir.

Devise du synode diocésain

Titre : « Sur les pas de Saint Jean-Maroun, Nous nous renouvelons et nous sommes sanctifiés par le Christ »

L’image : Saint Jean-Maroun, au-dessus du couvent de Kfarhay, regardant vers la Croix illuminée, vers les montagnes du Liban et vers le ciel Autour du couvent de saint Jean-Maroun : trois saints dont le diocèse accueille les tombes, et des groupes de la « Nation des paysans », selon P. Youakim Moubarac

Explication :

1- Symbole et rôle du diocèse de Batroun dans l’histoire des Maronites : la résidence, la forteresse, le centre et l’école 2- Le rôle joué par les enfants de Batroun dans le cheminement de l’Eglise maronite 3- Le gouvernement de l’Eglise maronite – Premier patriarche : l’Institution la plus stable et la plus durable dans l’histoire des Maronites 4- Le couvent remplaçant celui de Mar Maroun sur l’Oronte (Relique de Saint Maroun) : la réalisation du concept de la Maronité /Terre et du Liban-Symbole 5- Le rôle de la foi, de la culture et de la terre dans la défense de l’identité maronite 6- Les Maronites à travers Saint Jean-Maroun ont relevé le défi : a- Nous avons notre patriarche et notre identité b- Nous avons notre foi en Jésus Christ en deux natures (Chalcédoine) c- Nous avons notre initiative et notre autonomie 7- La marche derrière Saint Jean-Maroun : a- L’action permanente pour le renouveau de l’Eglise b- La marche dans le bon sens c- La Maronité et la spiritualité stylite d- Les champs maronites e- Les constantes : la foi, la pioche et le crayon 8- La Croix illuminée symbole de la présence du Seigneur au sein de son peuple maronite enraciné dans cette Montagne et cette terre sainte.

Voir aussi

Jumelage spirituel des diocèses de Saint-Etienne et Batroun (Liban)

Depuis 1997, le diocèse de Saint-Etienne entretient des liens d’amitié avec le diocèse de Batroum au Liban. La célébration de création de jumelage a été présidée par Mgr Joatton en 2000 à la collégiale de Montbrison. Lire la suite >>)





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Publié le : 05.11.2013 09:34