Accueil > Actualités > Toutes les actualités
Rejoindre le Monastère Invisible

Don en ligne

galet Message de Pâques du Père François Reynard, administrateur du diocèse de Saint-Étienne

Pâques 2016,

“Il est Vivant !” réveillé de la mort et entré dans un mode d’existence nouveau : voilà ce qu’affirment les témoins du Ressuscité. Le croyons-nous assez, au point de fonder aujourd’hui notre existence sur cette annonce inouïe ?

Eux ne s’attendaient pas du tout à cette rencontre, sinon ils n’auraient sans doute pas repris si vite le cours ordinaire de leurs activités. Pour eux, l’espoir fondé sur Jésus s’était effondré. Celui en qui ils avaient mis leur espérance était mort abandonné et même comme un “maudit de Dieu”, d’une mort atroce. Ceux qui avaient voulu sa mort triomphaient : “Qu’il descende maintenant de la croix, s’il est le Fils de Dieu.”

C’est le silence de Jésus et son attitude durant sa Passion qui vont ouvrir les yeux du centurion romain, témoin de la scène. Les dernières paroles de Jésus, “Père Pardonne-leur” ; “mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné” ; “en tes mains, je remets mon esprit” vont le toucher profondément. “Vraiment cet Homme était Fils de Dieu“, dit-il, “vraiment cet homme était un juste”.

Je suis impressionné par la sobriété et la discrétion de la nouvelle présence de Jésus après sa mort : “Il était là au milieu d’eux”, est-il simplement écrit. Il n’est plus identifiable à ce qu’on connaissait de lui, son visage, son allure. Marie-Madeleine le prend pour le jardinier. Il a le visage de chaque visage humain. C’est désormais un des lieux de sa nouvelle présence : “Quand est-ce que nous t’avons vu ? Tu avais donc faim, soif, tu étais un étranger, tu étais nu, malade, en prison ?”
- “Chaque fois que tu l’as fait à l’un de ces petits parmi mes frères, c’est à moi que tu l’as fait”, répond-il.

La Résurrection de Jésus est tout l’inverse d’une évasion facile du quotidien ; elle éclaire de l’intérieur tout l’ordinaire des jours. Elle nous amène à chercher comment aimer mieux celles et ceux qui partagent notre vie, notre maison commune, appuyés sur cette promesse : “Je suis avec vous, tous les jours.”

Oui, Il est avec nous, il nous guide. Il ouvre une espérance et un avenir infinis. Un jour nous serons vraiment avec lui, rassemblés dans la maison du Père. Avec lui, par lui l’amour l’emportera. Il vaut donc la peine de l’incarner chaque jour ; de son côté, il a déjà remporté cette victoire.

Il nous précède dans l’épaisseur des jours, avec leurs joies, leurs peines, leurs angoisses. Il nous attend au cœur de ce monde qu’il vient ressusciter : avec les jeunes demandeurs d’un réel travail, avec les réfugiés en quête d’un accueil digne, avec les exclus de la course à la production, à la consommation… Il est présent dans le cri de tous les innocents et dans bien d’autres réalités. Il nous attend aussi, je le crois, chez nos frères musulmans : par leur existence même, ils nous provoquent à une foi forte, moins timide, plus audacieuse, plus réfléchie et surtout vécue dans un amour inconditionnel à son image.

En cette année de la Miséricorde, vivons la grande semaine et la fête de Pâques de manière encore plus intense : lors de la messe chrismale, soutenus par la prière de tous, prêtres et diacres nous renouvellerons nos engagements à sa suite.

Lors de veillée pascale, en communion avec les nouveaux baptisés, nous célébrerons sa Lumière qui jaillit dans la nuit ; ne la perdons plus de vue et laissons-la illuminer nos cœurs.

Belle fête de Pâques à vous tous,

PÈRE FRANÇOIS REYNARD





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 19.03.2016 08:00