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galet Les gendarmes célèbrent sainte Geneviève à la cathédrale

Pour honorer Geneviève, sainte patronne des gendarmes, un office religieux a été célébré vendredi 16 novembre 2012 à 16 heures la cathédrale Saint Charles, sous la présidence de Mgr Dominique Lebrun. Comme chaque année, il est de tradition pour les gendarmes du département de fêter leur patronne, qui, en leur temps, était venue au secours des populations.

Télécharger l’homélie de Mgr Dominique Lebrun

Monition d’ouverture

C’est avec joie et, je peux ajouter, avec fierté, que nous vous accueillons tous dans cette église cathédrale, pour la traditionnelle célébration de la Ste Geneviève.

A vrai dire, cette célébration de la Ste Geneviève revêt un caractère particulier : Le 18 mai 1962, il y a donc cinquante ans, le Bienheureux Pape Jean XXIII déclarait Ste Geneviève patronne principale des gendarmes français, gardiens de l’ordre public. Il commentait : « Ceux à qui est confiée la garde de la sécurité publique n’ont pas moins besoin d’un tel patronage : il leur revient de défendre les lois de leur pays, de veiller au bien de la société humaine, de réprimer l’audace des malfaiteurs. » Oui, nous sommes redevables à la gendarmerie « de défendre les lois de notre pays et de veiller au bien de la société », et tout le monde peut comprendre que la société civile soit présente à cette célébration pour honorer la responsabilité de ce corps d’hommes et de femmes qui nous est en même temps si familier.

Quant à « réprimer l’audace des malfaiteurs » … je vous invite à l’entendre, dans cette église, avec l’uniforme de l’humanité et de l’humilité. Nous sommes tous un peu malfaiteurs. Ceux qui croient savent que l’arme la plus profondément efficace contre cela est l’accueil de la miséricorde de Dieu. Les chrétiens commencent leur célébration en se reconnaissant pécheurs.

Homélie

Textes : 2 Jn 1,4-9 ; Ps 118 ; Lc 17,26-37

Chers amis gendarmes, vous n’êtes pas tous croyants. Mais vous êtes tous confrontés aux questions essentielles dont parle l’Evangile, celles de la vie et de la mort. Vous êtes, plus que d’autres, témoins de la complexité de la vie humaine.

La vie humaine est faite d’événements qui semblent indépendants de notre volonté et pourtant parfois si violents. L’évangile parle de déluge, de pluie de feu et de souffre. Vous parlez d’inondation et de tempête. Mais il y a aussi les accidents dont les conséquences sont difficilement compréhensibles : cette nuit-là, deux personnes sont dans la même voiture : l’une sera prise, l’autre laissée.

Longue histoire de l’humanité ponctuée par la vie et par la mort. Ste Geneviève, pendant les quatre-vint-neuf ans de sa vie terrestre, se battra en faveur de la vie. On connait bien ce passage où Ste Geneviève parvient à renverser le défaitisme des parisiens. Devant la menace des Huns, elle dit ces paroles qui s’adressaient sans doute à l’orgueil masculin : « Que les hommes fuient, s’ils le veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications ».

Chers amis gendarmes, les auditeurs de Jésus s’interrogeaient aussi devant l’histoire de l’humanité, en voyant Jésus accomplir des miracles et annoncer le Royaume de Dieu, royaume de paix, de justice et d’amour : quand et où cela arrivera-t-il ?

En décrivant ainsi la mort imprévisible, Jésus nous met sur le chemin du Royaume, un Royaume qui arrivera de manière imprévisible mais qui arrivera aussi sûr que la mort nous atteindra tous.

Même si vous n’êtes pas tous croyants, il me semble qu’être gendarme demande une dose de foi. Vous agissez pour la paix et pour la justice en passant votre temps à rencontrer la dispute et l’injustice ! Paradoxe de votre métier qui fait appel au meilleur de l’homme : la confiance ! Vous demandez ou vous cherchez des preuves mais vous agissez de manière à inspirer confiance. La gendarmerie n’existera plus le jour où les citoyens vous demanderont vos papiers !

Au fond, c’est aussi ce que nous avons tendance à faire avec Dieu : nous lui demandons ses papiers, de faire ses preuves, au lieu de lui faire confiance. Alors il disparait de l’horizon et réapparait le seul horizon de la mort ou celui des faux-Dieu qui se sont offerts des faux-papiers divins : l’argent, la drogue, le sexe.

Il est temps, chers amis, de reconnaître ce qui est le vrai moteur d’une vie-de la vie- et que l’Ecriture appelle commandement : aimons-nous les uns les autres. Mieux que d’autres, vous savez que le commandement est une valeur positive et une responsabilité. L’amour n’est pas qu’un sentiment ; l’amour n’est pas qu’un battement de cœur ou de corps ! L’amour est un engagement de tout notre être, à commencer par la volonté, pour le bien de la personne aimée.

En Jésus, Dieu s’est engagé à nos cotés de tout son amour, au point de donner sa vie pour nos péchés ; Ste Geneviève a été témoin de cet engagement par sa vie et par sa prière. Puissiez-vous l’être tous par votre vie et, si Dieu vous fait la grâce de la foi, aussi par la prière.

- Mgr Dominique Lebrun





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Publié le : 19.11.2012 14:38 - Mis à jour le : 19.11.2012 14:39