Accueil > Actualités > Toutes les actualités > Écologie > Cop 21 - Paris Climat
Rejoindre le Monastère Invisible

Don en ligne

galet Le succès de la COP21 nécessite une mobilisation citoyenne

"Il faut que les citoyens s’engagent activement pour faire résonner le message du pape dans les palais du pouvoir et demandent une action courageuse de la part des leaders en faveur des pauvres et de la planète." Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du conseil pontifical Justice et Paix

Le succès de la COP21 nécessite une mobilisation citoyenne

PDF - 724.7 ko

Depuis sa publication, l’encyclique Laudato si’ est probablement un facteur essentiel dans le processus de « catalysation » et d’ajustement qui mène au sommet mondial de Paris sur le climat (COP21). Ceci tient à plusieurs choses.
Tout d’abord, par sa manière d’aborder les changements climatiques, le pape François a montré clairement à tous qu’il ne s’agit pas d’un problème réservé aux techniciens et aux experts. Il concerne tout le monde, tout simplement parce que ce qui est en jeu, c’est la justice entre les personnes et les générations, la dignité des hommes qui habitent la planète et l’habiteront dans le futur, et la possibilité même de la vie humaine sur terre.
Ensuite, le texte a contribué à une prise de conscience de la gravité de la situation et de l’urgence de trouver les moyens de « sortir de la spirale autodestructrice dans laquelle nous sombrons » (n. 163). En s’exprimant ainsi, le pape signifie qu’il ne traite pas d’un sujet qui appartiendrait aux seuls mouvements écologistes, mais de quelque chose dont nous devrions tous être inquiets.
Ainsi, tout en s’inscrivant dans les débats publics et dans l’agenda mondial, François parvient à faire entendre la voix de ceux qui gémissent – la terre, notre mère et notre sœur, et les millions de pauvres qui l’habitent – mais dont les cris ne sont pas perçus.
Avec cette prise de position du pape, un résultat a minima de la COP21 serait embarrassant – ce qui augmente la pression sur les négociateurs. C’est aussi pour cette raison que l’encyclique s’adresse à plusieurs reprises à ceux qui ont le pouvoir de décider, pour les exhorter à assumer leurs responsabilités, en allant également contre « les logiques de l’efficience et de l’immédiateté portées par l’économie et les politiques actuelles » (n. 181).
Concernant la conduite du sommet, le pape insiste sur le dialogue comme unique voie pour affronter les problèmes de notre monde et chercher des solutions véritablement efficaces (cf. n. 201). Encore faut-il que ce message soit bel et bien reçu  : toutes les négociations ne sont pas nécessairement des dialogues. Si le dialogue faisait défaut à la conférence de Paris, elle aboutirait au même résultat que les autres sommets internationaux sur le climat qui « n’ont pas répondu aux attentes faute de décisions politiques, ils n’ont pas généré d’accords environnementaux globaux réellement significatifs et efficaces » (n. 166).
Ce dialogue se doit d’être authentique, c’est-à-dire honnête et transparent. Ceci requiert que les négociateurs ne soient pas guidés par des intérêts particuliers – ceux de nations ou de groupes d’intérêts spécifiques – mais orientés par les grands principes de la doctrine sociale de l’Église  : la solidarité, la subsidiarité, l’engagement pour le bien commun, le partage en faveur des pauvres et de la terre.
Le pape insiste aussi sur la nécessité d’endosser la perspective d’une « écologie intégrale » qui reconnaît que tous les êtres vivants, humains et non-humains, c’est-à-dire l’entière création, sont fondamentalement reliés. Seul un regard attentif au soin qu’il faut apporter à ces liens saura « identifier les moyens appropriés pour résoudre les problèmes les plus complexes du monde actuel, et particulièrement ceux de l’environnement et des pauvres, que l’on ne peut pas aborder à partir d’un seul point de vue ou selon un seul type d’intérêts » (n. 110).

Aussi importante soit-elle, l’influence du pape ne suffira pas à garantir que la COP21 parviendra à forger un accord équitable sur le climat, juridiquement contraignant et capable de générer un véritable changement.

Mais « le futur de l’humanité n’est pas seulement entre les mains des grands leaders, des puissants et de l’élite. Il est avant tout entre les mains des peuples, dans leur capacité à s’organiser et dans leurs mains qui irriguent avec humilité et conviction ce processus de changement », affirmait le pape en juillet dernier lors de la seconde Rencontre mondiale des mouvements populaires à Santa Cruz de la Sierra (Bolivie).

C’est pourquoi, dans la perspective de la COP21, il faut que les citoyens s’engagent activement pour faire résonner le message du pape dans les palais du pouvoir et demandent une action courageuse de la part des leaders en faveur des pauvres et de la planète.
C’est dans cette perspective que le 29 novembre, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants participeront à la marche mondiale pour le climat dans les rues de Paris, mais aussi de Londres, Berlin, Madrid, Amsterdam, Bogota, Johannesburg, Dacca, Kampala, Omaha, Rome, São Paulo, Sydney, Séoul, Ottawa, Tokyo et quelque 3 000 autres villes. Ils pourront manifester leur « citoyenneté écologique (…) avec un sens de la solidarité qui est en même temps la conscience d’habiter une maison commune, que Dieu nous a confiée » (n. 211, 232).

Enfin, dans une perspective de foi, il faut mentionner l’importance de la prière pour la réussite de la COP21. Le pape François invite tous les croyants à s’unir à la sienne  : sur un mode aussi mystérieux qu’efficace, la prière fera aussi entrer dans les négociations Celui pour qui rien n’est impossible.

LIRE AUSSI

Cop 21 : L’année 2015 est marquée par des échéances majeures pour la vie de la planète et de l’humanité

Changement climatique, objectifs du millénaire : dossier de présentation de l’Eglise Catholique en France.





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 19.11.2015 10:00 - Mis à jour le : 19.11.2015 14:24