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galet L’évêque aborde l’itinérance avec les animateurs laïcs en pastorale

L’itinérance au service de l’évangélisation, avec l’expérience réalisée sur trois paroisses dans le cadre du document rédigé par Mgr Dominique Lebrun intitulé « Loire, terre de mission », était au coeur de la rencontre proposée par l’évêque de Saint-Etienne aux animateurs laïcs en pastorale mardi 13 décembre 2012. Deux animateurs, reconvertis pour l’occasion en journalistes, ont interviewé l’évêque de Saint-Etienne autour de ce sujet.

- Pouvez-vous rappeler les raisons de ces nouvelles orientations diocésaines concernant l’itinérance ?

Mgr Dominique Lebrun : L’origine de l’itinérance, c’est peut être ce que j’ai été invité à vivre depuis cinq ans. De fait, je vis une itinérance, ayant quitté la Seine Saint Denis pour Saint-Etienne à la suite d’un appel. Je vis mon ministère en étant itinérant.

La deuxième raison, est effectivement parce qu’il y a une désertification spirituelle - c’est peut- être beaucoup dire ! - mais en tout cas du ministère ordonné qui lui aussi, fondamentalement, est un ministère itinérant. Même si on va de Marlles à Saint-Chamond, on est envoyé ! L’itinérance n’est pas forcément un grand déplacement géographique mais sans doute une attitude pour aller rencontrer l’autre, celui dont je ne sais pas tout, mais que j’apprends à connaître et avec qui je vis un échange.
Légitimement, des communautés, même si elles essayent de le vivre avec beaucoup de foi, se sentent un peu abandonnées, un peu laissées pour compte. L’itinérance est une réponse pour leur dire "on va venir vous voir, non pas simplement en passant, mais en prenant un peu de temps avec vous". Il y a beaucoup de prêtres qui vont célébrer à 9 heures le matin dans un village, qui discutent dix minutes avant ou après avec les paroissiens, puis qui reprennent leur voiture pour célébrer une deuxième messe à 10 h 30. C’est un bon service qu’ils rendent, mais l’itinérance serait autre chose.

Et puis enfin, l’année Saint Paul fut un peu un déclic pour moi. Avec la découverte de ce personnage, se pose la question : "Peut-il y avoir une mission sans itinérance ?". L’itinérance est fondamentalement intérieure à la mission. L’itinérance, c’est une fécondation entre une vie et une autre vie ; entre un message et un récepteur.

- Des expériences itinérantes ont été menées sur trois paroisses. Quels enseignements en tirez-vous ?
Lire l’article expériences itinérantes sur trois paroisses. Dominique Levrun, évêque de Saint-Etienne

Mgr Dominique Lebrun : Je remercie d’abord ceux et celles qui se sont lancés dans ces expériences très différentes. J’ai le sentiment que cela a été vécu dans la joie. Les envoyés ont été heureux.

La première expérience vécue par une paroisse est celle de la caravane qui s’installe dans un village : il n’y a pas meilleur symbole pour l’itinérance surtout quand le choix se porte sur une commune de 1300 habitants où l’église est fermée depuis quelques temps déjà pour cause de travaux ; là où les paroissiens pouvaient se sentir les plus abandonnés. Plusieurs sujets, conventiels on non, proposaient d’ouvrir le dialogue.

Deuxième expérience, celle du porte à porte avec une équipe constituée de deux personnes, une ayant déjà expérimenté l’évangélisation de rue (ou de plage) et une autre, engagé dans l’évangélisation au quotidien, en paroisse, mouvement... De cette expérience enrichissante, je retiens une phrase qu’ils ont dite : "nous sommes venus annoncer la foi et nous avons été invité à la charité, en écoutant les gens parler de leurs souffrances ou en venant en aide à une famille en difficulté que nous avons pu mettre en relation avec le Secours Catholique".

Enfin, la dernière paroisse a choisi une semaine missionnaire avec l’appui d’un missionnaire venu d’ailleurs. Ils ont visité les onze clochers de leur paroisse pendant une semaine pour leur dire : "vous comptez ! ".

- Peut-on transposer ces expériences en milieu urbain ?

Mgr Dominique Lebrun : Non ! Nous sommes invités à nous adapter, à nous ajuster à l’Évangile, au temps présent, dans une terre de mission.

- Le Vatican a annoncé comme thème pour 2012 : "la nouvelle évangélisation". L’itinérance entre-t-elle dans cette perspective ?.

Mgr Dominique Lebrun : Certainement !
Maintenant, il faut savoir ce qu’est la nouvelle évangélisation ! C’est précisément ce que nous aborderons lors du synode des évêques du monde entier en octobre 2012. Cela nous permettra de prendre connaissance de ce qui se vit sur tous les continents et de voir ce qui peut nous enrichir ou nous appauvrir selon les choix que nous prendrons. Il y a de nombreuses définitions de la nouvelles évangélisation. Nous sommes dans un temps de recherche. L’équipe diocésaine chargée de la mission itinérante, animée par Pierre Jean Capomaccio, lazariste et le vicaire général François Reynard en a bien conscience. Il faut certes, prévoir des expériences mais aussi prendre le temps de réfléchir et de chercher.

- Dans son discours de clôture de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes en novembre dernier, le cardinal André Vingt-trois, en appelant à un renouveau du dimanche, a adressé ses encouragements aux diocèses qui privilégient les célébrations du dimanche en un lieu central, à lieu et heures fixes, à la rotation des messes dans un même secteur. Cette orientation n’est-elle pas contradictoire avec l’option d’itinérance prise par notre diocèse ?

Mgr Dominique Lebrun : Elle peut-être complémentaire.
Cette option est la résultante d’un mouvement chez les évêques (pas unanime). Moi, je ne le dis pas - pas encore ! - notamment quand une paroisse n’a pas de vrai centre. Mais je constate aussi que c’est un mouvement qui se vit dans certaines paroisses de notre diocèse. Mais la vraie question est plutôt la place de l’eucharistie le dimanche matin.
L’eucharistie c’est le dimanche matin, et le dimanche matin c’est l’eucharistie.
Il faudra peut-être privilégier cette eucharistie le dimanche matin et favoriser parallèlement des temps de prière sans prêtre le samedi soir ou en semaine qui seront complémentaire. Une nouvelle fois, c’est à chercher.

Les animateurs laics en pastorale sont-ils préparés ?

Mgr Dominique Lebrun : Les animateurs en pastorale sont préparés, ils ne vivent pas dans une bulle ! Ils vivent déjà la mission sur leur paroisse, mais peut-être il y a t-il d’autres initiatives à prendre.

Propos recueillis par Frédérique Défrade





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Publié le : 15.12.2011 12:43 - Mis à jour le : 15.12.2011 14:25