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galet "L’éthique comme art de vivre" ou "comment l’Évangile éclaire nos existences"

Invitée par les services diocésains d’initiation chrétienne, Véronique Margron, soeur dominicaine, professeur de théologie morale à la Faculté de théologie de l’Université Catholique de l’Ouest a animé un journée de formation mardi 24 janvier sur le thème "Comment l’Évangile éclaire nos existences... des repères éthiques ".

Les choix sont-ils toujours faciles à prendre ?

Imaginez un cas d’école : Ce matin là, un jeune homme, qu’on appellera Adrien, sort de chez lui très pressé. Au bas de son immeuble, il aperçoit ce qu’il cherchait, un vélo non cadenassé appartenant à un inconnu qui l’avait déposé là en toute confiance. Adrien enfourche le vélo et s’éloigne rapidement. La question se pose : Ce jeune homme a-t-il le droit de prendre ce vélo qui ne lui appartient pas ?

Véronique Margron /© photo F. Défrade A première vue, la réponse semble évidente si l’on se réfère au 8ème commandement : tu ne voleras pas et à l’article 311-1 du code pénal. Moralement et juridiquement, on ne doit pas soustraire frauduleusement le bien d’autrui. Mais poursuivons notre cas d’école et imaginons qu’Adrien est pressé parce qu’il doit à tout prix se rendre à un entretien d’embauche. Il faut dire qu’il est au chômage depuis huit mois et que sa situation financière autant que psychique, devient précaire. Sans ce vélo providentiel, il ne serait jamais arrivé à l’heure à son rendez-vous.
On le voit ici, cette nouvelle donnée complique un peu la question morale. A t-on le droit, au nom de son intérêt personnel, fut-il tout à fait honorable, de transgresser la loi commune ?

Mais peut-être cette transgression est-elle légitime si on imagine qu’Adrien a emprunté le vélo d’autrui pour aller quérir d’urgence un médecin et non pour se se rendre à son rendez-vous (qui a été repoussé d’une heure). En effet, en sortant de chez lui, il a trouvé sa voisine de palier dans les escaliers, victime d’un malaise après s’être cassée une jambe.

Oui, non, peut être ... a-t-il le droit d’emprunter ce vélo s’il en a besoin pour secourir une personne. Après tout, Adrien n’a pas agi par intérêt personnel ? Oui mais voilà pendant qu’il va quérir du secours, le légitime propriétaire du vélo, un ouvrier qui habite la maison voisine, cherche désespérément son vélo pour se rendre au travail. Ne l’ayant pas trouvé à cause d’Adrien, il arrive très en retard à l’usine, se voit blâmé par son supérieur et menacé d’un licenciement.

Ce cas d’école nous interpelle : peut-on transgresser la loi en cas de force majeure ? Jusqu’à quel point peut-on mesurer les conséquences de ses actes ? Peut-on transgresser la loi de Dieu au nom de la loi des hommes ? Et inversement ? Peut-on agir au nom d’une cause qu’on trouve juste ? Comment trouver un bon équilibre entre loi et morale ?

On le voit, en matière d’éthique tout n’est pas blanc ou noir, les questions sont nombreuses et les réponses n’apparaissent pas toujours comme une évidence. "L’éthique n’est jamais acquise" soulignait Véronique Margron dans son brillant exposé, "l’homme est quelques fois confronté à des choix ponctuels où plusieurs éléments entrent en compte : intérêt personnel, bien commun, loi... L’éthique est un art de vivre qui doit nous apporter de la joie, du bonheur, ou simplement.... la Vie Bonne. Et elle ne peut se construire qu’avec d’autres, pour d’autres".

Frédérique Défrade





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Publié le : 30.01.2012 13:08 - Mis à jour le : 30.01.2012 13:39