Accueil > Actualités > Reportages et photos
Rejoindre le Monastère Invisible

Don en ligne

galet L’établissement scolaire du Marais Sainte Thérèse a fêté ses 100 ans

Homélie de Mgr Dominique Lebrun lors de la célébration eucharistique qui s’est déroulée mardi 1er octobre 2013 à l’établissement du Marais Sainte Thérèse à Saint-Etienne..

Messe à l’occasion des 100 ans du lycée du Marais - Sainte Thérèse

Espace P. DENIS JOURJON - Saint-Etienne - le 1er octobre 2013

Rm 8, 14-17 ; Ps 130
Mt 18, 1-4

Homélie

Le petit enfant appelé par JÉSUS pourrait-il être un élève du lycée Ste THÉRÈSE ? Difficile de le prétendre ! Et, pourtant, cet évangile éclaire la mission du lycée.

Que fait, que dit JÉSUS ?

JÉSUS se laisse approcher et interroger par les disciples. Dans le texte continu, on peut lire : « à cette heure-là » (Mt 18, 1). JÉSUS est disponible immédiatement, y compris pour entendre les questions pas toujours bienvenues : « qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux » (Idem) ? Que de dialogues vécus dans un lycée ou un centre de formation. Il est vrai que cela ne porte pas toujours sur de telles questions.

célébration eucharistique pour les 100 ans du Marais Qui est le plus grand dans la classe ? Quel est le meilleur professeur ? Quelle est la classe ou la filière qui marche le mieux ? Quel est le meilleur lycée de Saint-Etienne … ou du réseau Ignace-éducation ? Puis-je ajouter en me tournant vers le Père Provincial, quel est le meilleur jésuite ?

JÉSUS n’ignore certainement pas que la compétition fait partie de nos ressorts sinon pédagogiques du moins humains. A vrai dire, la question des disciples n’est pas une demande de classements entre eux, comme on peut le lire dans d’autres passages de l’évangile. Les disciples ont compris que les règles du jeu du Royaume des cieux annoncé par JÉSUS sont différentes : « Qui, donc, est le plus grand dans le Royaume des cieux » se comprend comme : « qu’est-ce qui est valorisé dans le Royaume des cieux » ?

Nous ne sommes pas loin du « magis » ignatien que l’on traduit par « plus », « davantage ». Votre pédagogie vous conduit à proposer au jeune de toujours « faire un pas de plus pour développer le meilleur de lui-même ». Au-delà du meilleur opticien, du meilleur agent de sécurité ou du meilleur prothésiste dentaire, vous cherchez aussi le meilleur pour le Royaume des cieux. Je pourrais dire aussi au-delà du meilleur directeur, du meilleur professeur, du meilleur gestionnaire ou parent d’élève, nous cherchons à nous aider à devenir meilleurs pour le Royaume des cieux.

Laissons-nous surprendre encore par la réponse de JÉSUS. « Il appelle un petit enfant et le place au milieu des disciples » (Mt 18, 2). Il invite à changer pour devenir comme eux (cf. 18, 3), véritable condition pour entrer dans le Royaume des cieux. Les murs de l’établissement ont bien changé ! Acceptons-nous l’idée de changer, de devenir un peu plus enfant ?

célébration eucharistique pour les 100 ans du MaraisL’enfant est dépendant, l’enfant est bienveillant, l’enfant est petit. Trois caractéristiques qui pourraient dessiner le portrait de l’apprenti du Royaume des cieux. Accepter de dépendre des autres. Un lycée sait bien que rien ne peut fonctionner par la volonté d’un seul. Un lycée sait aussi que, sans la bienveillance, le meilleur du professeur et de l’élève restera voilé et stérile, caché et étouffé par les défauts que nous portons tous. Un lycée sait qu’il est bien petit face à l’ampleur de la tâche éducative.

Plus profondément, la réponse de JÉSUS nous met sur la voie de sa mission d’envoyé du Père. Toute l’humanité est appelée à devenir enfants de Dieu, enfants de Dieu qui aime. Ste THÉRÈSE peut ici nous éclairer. Elle a une vive conscience que Dieu, en se faisant homme, en se faisant enfant, vient toucher toute homme, toute femme, tout enfant. L’amour que Dieu est, est si puissant et si humble à la fois, qu’il s’abaisse et se retrouve en tous, à commencer par les plus petits.L’amour de Dieu a trouvé un nouveau chemin pour ramener à Lui tous les hommes : se rendre présent dans la petitesse.

C’est pourquoi JÉSUS après avoir désigné la condition de l’enfant comme indispensable pour entrer dans le Royaume des cieux (Mt 18, 3), propose aux disciples : « Celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille » (Mt 18, 5). Il y a un double dépouillement : JÉSUS rend à l’homme la dignité d’agir en son nom ! Oui, aussi fou que cela puisse paraître, Dieu nous choisit, avec nos défauts, malgré eux, pour être les instruments de son amour infini. D’autre part, il se situe du côté du faible, en lui. En allant vers le plus petit, nous allons vers Lui, vers JÉSUS, vers son Père. Ce soir nous rendons grâce pour ce mouvement d’amour. Il se reflète dans tant de générations d’enfants et de jeunes qui grandissent car ils ont été accueillis ; dans tant de générations d’adultes qui, au contact des plus jeunes, ont gardé une âme d’enfants. Prions les uns pour les autres, par l’intercession de St IGNACE DE LOYOLA et de Ste THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS, pour que notre ambition demeure d’habiter et de bâtir le Royaume des cieux.

+DOMINIQUE LEBRUN





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 02.10.2013 21:26 - Mis à jour le : 03.10.2013 13:27