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galet Journée des missionnaires 2012 : "ce n’est pas la foule des grands jours"

Prêtres Fidei donum, missionnaires, religieux et religieuses de plusieurs nationalités se sont retrouvés samedi 23 juin 2012 à Feurs puis à Salt en Donzy pour la Journée des missionnaires.

Saint Paul aurait apprécié. L’aréopage multicolore en délégation dans la paroisse Saint Paul Forez en Donzy est un peuple cosmopolite, l’image d’une église universelle. Ici comme ailleurs les forces vives déclinent mais le bouillon missionnaire est toujours là. La journée débute par un repas africain cuisiné par les prêtres africains des paroisses : chèvre, riz, sauce aux herbes et haricots. « C’était une manière simple de répondre à leur joie et à partager leur culture » commente Geneviève Boeuf, responsable de la Mission Universelle de l’Église sur notre diocèse. On sent sur ces paroisses rurales (Feurs, Boën, Chalmazel) le fruit du travail d’intégration des Pères Fidei Donum venus de République Démocratique du Congo (RDC). "Ce travail a été permis par les échanges de la communauté du Prado", explique une responsable de la Mission universelle. "Les Peres Guy Vialla, curé de la paroisse et Philippe Brunel, curé de saint Luc et saint Mathieu ont fait un voyage en République Démocratique du Congo l’année dernière pour découvrir leurs frères en église. Cela se ressent aujourd’hui sur le travail pastoral".

Effectuer un déplacement

L’après-midi se poursuit à Salt-en-Donzy. On retrouve là des visages connus de missionnaires, prêtres ou coopérants, souvent rentrés en France pour raison de santé ou de retraite et poursuivant en paroisse ou dans les quartiers leur « mission . Quelques paroissiens intéressés par l’ouverture au monde se joignent aux échanges amicaux. "Ce n’est pas la foule des grands jours", déplore Geneviève. "Le nombre des missionnaires diminue. Leur moyenne d’âge augmente et leurs vacances sont écourtées. Il y a aussi malheureusement un manque de curiosité des paroissiens pour sortir de leur train-train et s’ouvrir à un échange en vérité et effectuer un déplacement personnel".

Hérésie

Le village de Salt impressionne les missionnaires. Ce petit village de 500 âmes, niché sur les contreforts des Monts du Lyonnais, est adossé à une source thermale. Il a conservé des traces de son histoire bi -millénaire. Le petit groupe d’une vingtaine de personnes visite le village avec son Prieuré, son sarcophage, ses vitraux modernes. Madame Coleen commente l’église romane du XIème siècle. Dans cette petite église ouverte , une scène cocasse se déroule. Gustav, prêtre originaire de RDC, découvre dans la chapelle romane l’œuvre du sculpteur Goulard, artiste visionnaire et mystique. Hérésie ! Le Christ en Croix est représenté sans couronne d’épines, les mains ouvertes et avec un sourire naïf. Les deux prêtres africains tempêtent. « C’est une hérésie théologique et le mélange des temps entre la Passion, la Crucifixion et la Résurrection » explique le P. Roger Kumbu Situ. Les européens pondèrent, préférant voir l’intention derrière la littéralité.

Sous l’arbre à palabres

Sous l’arbre à palabres, à 16 h 30, le groupe s’installe après la marche digestive. Question : « Comment le service de la fraternité se vit-il dans nos Églises respectives ? » Dans le groupe animé par le P. Roger, les échanges débutent fort autour des « mérites » ou valeurs comparées des deux « Églises » et des deux « univers ». Les informations et les jugements de valeur fusent. De fait en écoutant entre les mots, on découvre vite que ces témoignages croisés sont une invitation à penser les réalités « vécues durement d’ici ». Assemblées de prières, eucharistie, pain de vie, entraides : les témoignages des missionnaires et des prêtres africains dessinent les contours d’une Église, peuple de Dieu, joyeuse et rayonnante. La Loire reste donc bien une terre de mission.

A 18 heures, l’eucharistie « priante et dans l’unité d’une communauté soudée » est célébrée à l’église de Salt. Elle a été suivie d’un repas préparé par l’association KIKUNDI KI NZAMBI à la salle des boules. La soirée s’est achevée par la projection d’un film sur le diocèse de Boma réalisé par un congolais de Boma, John MBINGILAY .

Jean-Pierre Jusselme





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Publié le : 20.08.2012 14:21 - Mis à jour le : 20.08.2012 14:30