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galet Interview de Michèle Peyron, responsable du service des vocations

Le Service des vocations est composé de laïcs, religieux. Le but du service est :

  • de sensibiliser aux vocations de vie religieuse et aux ministères de prêtre et de diacre
  • rappeler à tous l’urgence d’appeler à la Vocation, faire retentir de manière diversifiée l’amitié de Dieu
  • un lieu pour s’informer et parler librement de la Vocation.

Quel peut être l’axe principal d’une pastorale des vocations ?

Michèle Peyron : Dans un premier temps, il faut que les questions des vocations et de l’appel puissent être posées naturellement. Il s’agit de réconcilier le terrain avec les mots ‘’ Appel et Vocation ‘’. Nos communautés ne sont elles pas un peu fatalistes et sans espérance sur cette question des vocations ? On doit oeuvrer pour que des moyens soient mis en place pour faire avancer chacun dans sa rencontre avec le Christ. La Pastorale des vocations est un miroir où se reflète la ferveur du peuple chrétien. Par temps de tiédeur, les récoltes sont maigres !

S’agit-il pour le service des vocations d’être comme un « projet transversal de recrutement » ?...

En aucun cas, il ne peut s’agir d’une question de recrutement ! Dieu appelle. Notre rôle est de permettre que cet appel puisse être relayé, révélé, entendu et accompagné. Les communautés paroissiales, les familles (lire ci-dessous propos de Claire et pascal Chassang) et tous les éveilleurs de la foi doivent porter en premier le souci de l’appel.

…Ou s’agit-il au contraire comme le suggérait Jean-Paul II dans sa lettre apostolique Novo millennio ineunte de susciter en amont une réflexion plus attentive sur "les valeurs essentielles de la vie, réflexion qui peut déboucher sur un appel et un don de soi" ?

Quelles sont, aujourd’hui, les valeurs essentielles de la vie ? Qu’est ce que veut dire réussir sa vie, est-ce encore possible d’avoir un idéal ? Est-ce l’argent qui gouverne notre vie ? A partir de quoi, faisons-nous nos choix ? C’est en approfondissant la question du sens de la vie, que l’on peut trouver en soi, le désir de vouloir la consacrer à Dieu, pour lui donner du sens, permettre à d’autres d’en trouver et de connaître le Christ.

Quel peut être (et doit être) le rôle des communautés chrétiennes dans cet appel puis dans la confirmation et la consolidation d’une vocation ?

Au-delà des questions de l’appel et du témoignage de communautés vivantes et joyeuses, la communauté a une place importante et son soutien est nécessaire avant l’entrée au séminaire, pendant et après. Un risque lourd pour la vie des prêtres est le manque de solidarité dans le peuple de Dieu. La communauté chrétienne se soucie-t-elle de la vie concrète de ceux qui se mettent corps et âme à son service ? Il y a des solitudes de prêtres qui sont criantes ! On utilise les services des prêtres ! Mais le prêtre n’est pas un mouchoir jetable après usage : c’est une personne qui a droit à de l’égard, du soutien, de la reconnaissance, des loisirs, etc …

Avec la prêtre academy.com, le Service diocésain des vocations et le Service communication du diocèse de Besançon ont décidé de s’essayer à une communication positive et ludique sur la vocation de prêtre, à destination des jeunes et diffusée sur le web. Qu’en pensez-vous ?

Comme Saint-Paul à Athènes, le diocèse de Besançon a fait preuve d’audace. Il ne faut pas attendre que ça tombe tout cuit dans nos sacristies ! Les jeunes sont critiques sur l’institutionnel, mais plein de respect pour ceux qui viennent à eux et partagent leur vie. Tout ce qui peut rejoindre la culture des jeunes est à favoriser. C’est sur leur terrain, comme Saint Paul l’a fait, qu’il faut rejoindre les gens. (1)

Sur la figure et les qualités du prêtre, pensez-vous comme Benoit XVI le suggère dans son message de 2006 qu’il ne faut pas attendre d’être des « Parfaits » pour se donner entièrement au Christ ?

Le prêtre est homme avant tout. Le Christ est pourrait-on dire le « prêtre parfait ». Nul n’est parfait, mais le baptême nous engage à la sainteté. Cette sainteté pour être icône du Christ pour le monde d’aujourd’hui, n’est pas une option ! C’est un travail quotidien pour avancer, dans la fidélité, avec le soutien de la prière et de la communauté.

Sur quels chemins de Galilée, les prêtres, ministres et serviteurs du Christ, sont-ils attendus aujourd’hui et demain ?

A cause de l’évolution de la société et de l’organisation des paroisses, aussi bien que pour l’équilibre de vie des prêtres, nous avons à nous interroger sur les terres de Mission des prêtres de demain, un demain qui n’est pas loin. Comment la fonction et la mission évolueront-elles ? Nous ne savons pas. Mais où qu’il soit envoyé, le chrétien comme le prêtre, doivent d’abord pratiquer le « allez-vers » avant le « venez-voir », sinon le christianisme sera une secte de plus dans le paysage religieux du 21° siècle !

Le rôle et la mission du prêtre diocésain évoluent-ils ?

La difficulté qui peut faire peur à un jeune pour s’engager, est que le prêtre aujourd’hui est attendu sur tous les fronts. Pour certains, la priorité sera la messe le plus près et le plus souvent possible (lire ci-dessous), pour d’autres les jeunes familles, d’autres l’accompagnement des personnes en difficulté, pour d’autres les malades, les mouvements. Pour d’autres encore ce sera d’être « aux frontières », là où l’Eglise n’est pas présente. Le travail ne manque pas. D’autres formules pour vivre la mission seraient peut être plus séduisantes pour ceux qui se posent la question du Ministère presbytéral ? Sans négliger ce qui est propre à son ministère (célébration de l’Eucharistie, ensemble des sacrements, annonce de la Parole, rassemblement des chrétiens), peut être devrions nous laisser chaque prêtre être signe du Christ à partir de ce qu’il est et de son charisme ?

Célibat et chasteté sont-ils des obstacles à la vocation au ministère presbytéral ?

Pour l’esprit du temps, le prêtre, le moine, le religieux sont des anormaux qui ne savent rien de la vie. Dans l’opinion publique la chasteté et le célibat sont deux options incompréhensibles, voire même, pensé quelquefois, comme le signe d’un déséquilibre psychologique ! Notons que les autres confessions chrétiennes, dans lesquelles le mariage est possible, n’ont pas plus de vocations. On a proportionnellement le nombre de prêtres qui correspondent au nombre de pratiquants. C’est donc la place de la foi dans notre société qui est en question ! Rappelons aussi que comme le dit clairement le concile Vatican II, le choix de donner sa vie pour servir le Christ et l’Eglise est un choix radical fait en connaissance de cause et avec la volonté d’une liberté et d’une disponibilité offertes pour le monde.

Qu’est-ce que cela signifie être signe du Christ, qui était lui vrai homme et vrai Dieu ?

‘’ Être signe du Christ ‘, n’est pas ‘’être le Christ’’. Ensuite cela se vit dans la célébration de l’Eucharistie, dans l’annonce de la Parole et le témoignage, ‘’ Aller vers’’ . C’est comme pour tous chrétiens, configurer sa manière d’être et de faire à celle du Christ. En cette année St Paul, on peut le citer ‘’ Prenez moi pour modèle ; mon modèle à moi, c’est le Christ’’ 1 Co 10.





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Publié le : 30.11.2010 09:43 - Mis à jour le : 05.02.2013 11:37