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galet Homélie du 8 décembre 2011, solennité de l’Immaculée Conception

Vêpres de la solennité du 8 décembre 2011

Institution de Bernard Malcurat et Christian Ratrema au lectorat
Grand’Eglise de Saint-Etienne

Notre prière, ce soir, accueille la grâce insigne qui fut faite à la Vierge Marie : Tu es belle, ô Marie, et la tâche originelle n’est pas en toi, avons-nous dit dans l’antienne encadrant le psaume 121, psaume d’espérance et de communion universelle : Quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur ! … Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t’aiment » !

Une femme devient la maison du Seigneur, le tabernacle de la Parole de Dieu. Dans son infini tendresse, Dieu a préparé son peuple, Dieu a préparé sa créature à recevoir sa Parole faite chair, Dieu a préparé sa maison. Et Marie nous révèle la véritable beauté de cette maison, reflet sans tâche de la beauté de son maître et Seigneur, le divin enfant, le Fils du Père éternel, le Crucifié par amour, le Ressuscité.

Sous le signe de la Vierge Marie, Bernard et Christian, vous recevez la charge de lecteur institué. Il ne s’agit pas de faire une lecture puis une autre ; il s’agit de devenir, pour vos frères et sœurs, des lecteurs de la Parole de Dieu, des indicateurs de son sens, des révélateurs de sa beauté et de sa puissance, à temps et à contretemps. Recevez cette mission sous le signe de la Vierge Marie, c’est-à-dire comme l’accomplissement d’une préparation dictée par l’amour de Dieu, c’est-à-dire comme une grâce tout à fait gratuite et indépendante de vos mérites.

Sous le signe de la Vierge Marie, recevez cette grâce comme une grâce de l’intérieur. Devenir lecteur de la Parole de Dieu c’est aussi la méditer dans le silence intérieur comme Marie méditait toutes ces choses en son cœur (Lc 2, 51).

Frères et sœurs, prions avec joie et par l’intercession de la Vierge Marie, pour que nos frères Bernard et Christian accomplissent avec fidélité le service de la Parole.

+ Dominique Lebrun
Évêque de Saint-Etienne

Messe de la Solennité de l’Immaculée Conception

Institution de BERNARD MALCURAT et de CHRISTIAN RATREMA à l’acolytat
Cathédrale Saint-Charles – 18 h 45 le 8 décembre 2011

Gn 3, 9…20 ; Ps 97
Ep 1, 3…12 ;

Homélie

L’homme appela sa femme : Eve (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère des vivants (Gn 3, 20). Cette petite phrase des origines est pleine d’espérance.

Après le récit de la désobéissance d’Adam et Eve, Dieu ne condamne pas la vie. Car Dieu, le vivant par excellence, la source de la vie, ne peut se renier lui-même : il réalise, dit St Paul, tout ce qu’il a décidé (Ep 1, 11). Adam et Eve continuent de porter la vie que Dieu a mise en eux. Ils l’ont seulement –si je puis dire- recouvert de honte, la honte du péché.

Chaque personne humaine qui vient au monde est, dès sa conception, un vivant de Dieu, même s’il l’ignore, même si la société feint de l’ignorer. Eve est bien la mère des vivants. Et cela est très bon (Gn 1, 31), pour reprendre une expression du même livre saint.

Notre société, comme chacun d’entre nous, se débat entre la vie et la mort. Débat intellectuel mais juste au sujet de lois, débat souvent plus existentiel quand il s’agit de reconnaître l’égale dignité de tous, à commencer par les plus petits, débat surréaliste quand des pays évidemment riches se prennent les pieds dans le tapis de la surconsommation qui engendre la pauvreté.

Ce débat entre la vie et la mort n’est heureusement pas un débat à armes égales. Car Dieu a choisi la vie, et il réalise tout ce qu’il a décidé. Il a choisi l’amour, l’amour de sa créature qu’il ne peut laisser choisir la mort. Il a choisi pour cela d’entrer dans le combat de l’humanité à nos côtés.

Le « oui » de la Vierge Marie à la vie nouvelle est le premier signe de la victoire définitive de la vie sur la mort. Immaculée, la Vierge Marie est, en elle-même, le signe de l’effacement du péché et de la mort qu’elle ne connaîtra pas.

Marie reçoit de l’Esprit Saint le germe de la vie éternelle. Elle est l’exemple de la vraie fécondité : l’humanité fécondée par la grâce, car rien n’est impossible à Dieu (Lc 1, 37).

La société occidentale semble découvrir ses limites. Saura-t-elle reconnaître qu’ils ont quelque chose à voir avec l’égoïsme et l’orgueil, avec le mensonge et l’adultère ? Saura-t-elle reconnaître qu’elle s’est coupée de la source de la vie et de la vie elle-même en cessant de dire « oui » à Dieu, Père de tous les hommes, créateur de la fraternité universelle ?

Frères et sœurs, nous sommes de cette humanité. Nous sommes surtout de cette Eglise à qui la Parole de Dieu est adressée comme elle fut adressée à la Vierge Marie. Comment l’avons-nous accueilli ? Comment l’accueillons-nous ? Quelle est la qualité de notre « oui » ?

Comment cela va-t-il se faire (Lc 1, 34) ? La qualité du « oui » de la Vierge Marie est déjà présente dans la qualité de sa question, une question qui reconnaît qu’elle n’est pas Dieu, qu’elle ne dirige pas, qu’elle cherche. Savons-nous demander à l’Esprit Saint ce qui nous manque, à savoir la connaissance du chemin qui placera du côté de la vie et de l’amour nos familles, nos sociétés, notre monde ?

Ce soir deux hommes, Christian et Bernard, avancent dans leur « oui » à Dieu. Après les avoir institués lecteurs à la Grand’Eglise cet après-midi, je vais maintenant les instituer acolytes. Ils seront serviteurs de la table de l’eucharistie où nous accueillons le fruit divin de l’obéissance de la Vierge Marie à la Parole de Dieu. Ils se préparent ainsi au « oui » de l’ordination de diacre, si Dieu veut.

Ce soir, chacun d’entre nous peut faire un pas dans la qualité de son « oui » en accueillant l’Immaculée conception comme modèle du « oui » à la Parole de Dieu : Que tout se passe pour moi selon ta Parole (Lc 1, 38).

Frères et sœurs, rendons grâce à Dieu de nous donner Marie comme la nouvelle Eve, mère des vivants à qui Dieu fait grâce : Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu (Lc 1, 30) !

Et, surtout, frères et sœurs, soyons dans l’espérance à la suite de la Vierge Marie car Dieu a voulu que nous soyons ceux qui avaient espéré dans le Christ à la louange de sa Gloire (Ep 1, 12).

+ Dominique Lebrun Evêque de Saint-Etienne





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Publié le : 08.12.2011 20:20