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galet Homélie de la Toussaint de Mgr Dominique Lebrun

Solennité de Tous les Saints
Jeudi 1er novembre 2013 - Cathédrale Saint-Charles

Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23
1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a

Homélie

"Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés" (1 Jn 3, 1).

Frères et sœurs,

La fête de la Toussaint est la fête de l’amour de Dieu, l’amour de Dieu partagé dans notre humanité. Dans le vocabulaire de Saint JEAN, le mot « voir » est important. Il exprime une relation directe, une lumière qui s’impose à nous, à moins de s’en détourner volontairement, à moins de fermer les yeux, à moins de se laisser englober par les ténèbres. Les saints sont des lumières qui manifestent l’amour de Dieu. Ils la rendent présent, non comme une idée mais comme une expérience. Cette expérience dans sa plénitude, c’est l’expérience de JESUS dans sa relation au Père. JESUS ne cesse de voir l’amour de son Père. Cet amour ne le quitte pas quand il regarde ses disciples s’approcher : Quand JESUS vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent (Mt 5, 1). Ne cessons pas d’approcher JESUS. En l’approchant, nous verrons qui nous sommes dans le cœur de son Père.

Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, - et nous le sommes - (1 Jn 3, 2).

Dans les drames humains, celui de parents qui voient leurs enfants prisonniers, otages ou malades, nous sommes frappés par la force de l’amour capable de traverser des épreuves insensées. Quand je vais à la prison de la Talaudière, j’avoue être particulièrement touché par cet amour qui résiste à l’incarcération - et à ce qui l’a précédée - quand il n’y grandit pas.

Pourtant, cet amour n’est encore qu’un reflet de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants, pour chacun de nous. Le drame de notre péché peut voiler l’amour de Dieu à nos yeux ; il ne peut empêcher l’amour du Père.

Tant que nous verrons les saints comme des héros, nous oublierons le cœur de notre aventure humaine : la paternité de Dieu, qui est son honneur et le nôtre, son bonheur et le nôtre. Tant que nous nous sentirons une vocation de héros, nous risquons de passer à côté de l’amour. Mais, en revanche, si nous ouvrons la porte d’entrée des béatitudes – Bienheureux les pauvres de cœur (Mt 5, 3) - nous entrerons dans le secret de la sainteté : l’amour reçu. C’est le cœur débordant du Père qui s’exprime dans la litanie du bonheur énoncés, annoncés par son Fils, JESUS. Il est sur la montagne, c’est-à-dire en ce lieu où s’est rétablie la communication entre Dieu et l’humanité.

Sur la montagne du Sinaï, la Loi donnée à MOÏSE était comme un premier pas pour restituer à l’homme sa dignité. Sa plus grande dignité est sa relation vivante, de personne à personne avec Dieu. Ecoute, Israël, Ton Dieu est l’unique, tu n’en auras pas d’autre (cf. Dt 6, 4-5). Dieu appelle à entendre, à l’écouter. En JESUS, Dieu appelle à voir. Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Cette première vision en appelle une autre encore plus complète : Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu (Mt 5, 8). Bien aimés, dit Saint JEAN, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est (1 Jn 3, 2).

Frères et sœurs, les saints voient Dieu tel qu’il est. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux (Mt 5, 12). Dieu est notre Père ! Les saints sont nos frères aînés. Soyons en fête avec eux …

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 04.11.2013 14:12