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galet Homélie de l’évêque pour la Solennité de l’Immaculée Conception

Solennité de l’Immaculée Conception
Cathédrale St Charles – 8 décembre 2012

Gn 3, 9 … 20 ; Ps 97
Ep 1, 3… 12 ; Lc 1, 26-38.

Homélie

Quand l’homme eut désobéi à Dieu, le Seigneur Dieu l’appela (Gn 3, 9).

En cette fête lumineuse de l’Immaculée conception, je ressens le besoin de nous appeler à l’humilité. Quand l’homme eut désobéi à Dieu. Quand ? Hier, certes. Aujourd’hui, encore !

Le péché marque nos vies. Avec cette tendance à rejeter la faute sur l’autre, sur la femme, sur le serpent. Mais Dieu choisit encore de poursuivre son œuvre d’amour : Le Seigneur Dieu l’appela. Et il le protégea du Mal en lui promettant : Je mettrai une hostilité entre la femme et toi, entre sa descendance et ta descendance (3, 15).

Alors, Eve devint la mère des vivants. Et l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée (Lc 1, 26). Alors que l’humanité continue de se battre et de mordre la poussière, Dieu appelle Marie : Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi (1, 28). Nous ne savons rien d’autre de la Vierge Marie. Juste une cousine, Elisabeth, indique que Marie est une jeune fille d’Israël comme les autres.

La Vierge Marie est à la fois le signe de la grande humilité de Dieu et le signe de l’immense espérance de l’humanité. Dieu se fait homme dans le sein d’une jeune fille, instant unique, pour ainsi dire microscopique. Ce même Dieu peut prétendre à une victoire par sa toute-puissance créatrice. Il choisit le chemin de l’humilité, le chemin du dialogue, le chemin du consentement intérieur.

Pour cela, Dieu a préparé la Vierge Marie qu’il a épargnée de tout mal. C’est pourquoi nous l’honorons ce soir avec ce beau titre : l’Immaculée conception. Elle a été conçue sans la marque du péché pour pouvoir entendre l’appel de Dieu : Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu (1, 30).

Notre société continue de connaître le combat entre la femme et le serpent, entre l’humanité et ce qui la détruit. Je pense évidemment au divorce –si j’ose dire- entre la vérité de l’homme et de la femme, entre la vérité de leur commune vocation à enfanter, à éduquer, à offrir le fruit de leur amour et la législation de notre pays.

Mais nous ne pouvons vivre ce combat autrement que Dieu lui-même : dans l’humilité. Je repense à ce que m’a dit le Pape il y a deux semaines. Je l’interrogeais sur les conditions d’un juste dialogue entre l’Eglise et le monde. Il me répondit : "Parlez sans arrogance. L’humilité est nécessaire pour le dialogue. Parlez avec le cœur". Et il ajoutait : "Le Seigneur a donné une lumière qui illumine la raison ; elle nous donne la possibilité de montrer les points essentiels de la vie sociale".

Le point essentiel du projet de loi sur l’élargissement du mariage aux personnes de même sexe est celui du lien entre le mariage et la filiation, entre l’amour et le don de la vie. Sommes-nous certains de l’avoir respecté dans notre propre communauté catholique, dans nos propres familles ? Le refus d’enfants dont l’avortement est un triste signe ou l’idée que l’homme serait le maître de la vie, au début comme à la fin, sont sous nos yeux avec des conséquences désastreuses. Aucune loi ne peut en fait résoudre les interrogations profondes de l’humanité.

La question non moins importante posée par ce projet de loi est notre amour envers les personnes homosexuelles. J’ai été frappé lors des JMJ de Madrid : A trois reprises des jeunes différents m’ont demandé ce que je pensais de l’homosexualité. Qu’ai-je fait pour répondre depuis ? Qu’avons-nous fait en Eglise pour chercher avec la raison, et la foi qui illumine la raison, des chemins de compréhension et de vérité ?

Très récemment, j’ai été heureux que soient invités un prêtre et un couple de laïcs à discuter après un film promu par une association de personnes homosexuelles. Reconnaissons que nous n’avons pas assez condamné les discriminations dont elles sont victimes, de par le monde, et qui peuvent aller jusqu’à la condamnation à mort. Le dialogue nécessite l’humilité et y conduit.

Reconnaître notre insuffisance n’est pas renoncé à la vérité qui vient de Dieu. La Vierge Marie est notre modèle. Elle interroge et elle obéit, dans l’humilité : je suis la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole (1, 38). Marie est notre modèle et notre espérance ! Bénissons Dieu et prions-la dans la joie de son « oui » humble et pur. Ainsi se réalise le projet de Dieu : la descendance de l’homme écrase la tête du serpent (Gn 3, 15).

Multiplions les « oui » à Dieu et à son projet pour l’homme et la femme, en particulier pour respecter la vie, toute vie qui est don de Dieu. Ainsi nous préparons la fête de Noël c’est à dire la naissance au milieu de nous du Fils de Dieu. En Lui tous sont appelés à devenir ses fils, à renaître pour leur plus grand bonheur et la Gloire de Dieu.

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 12.12.2012 11:36