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Que fête-t-on à l’Ascension ?

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galet Homélie de Noël de Mgr Dominique Lebrun

Messe de minuit à la cathédrale Saint Charles.

Solennité de la Nativité du Seigneur
Messe de la nuit
Cathédrale Saint-Charles – 24 décembre 2012
Is 9, 1-6 ; Ps 95
Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14

Homélie

Marie l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire (Lc 2, 7). Nos crèches, petites ou grandes, gardent fidèlement ce détail : elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire. St Luc le répète deux fois, et même une troisième fois dans la suite : Les bergers, allant voir ce que le Seigneur leur a fait connaître, découvrirent Marie, Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire (2, 16).

C’est pour cela que nous sommes là cette nuit : à cause de la naissance d’un enfant qui ressemble à tout nouveau-né, à ce que tu étais Samuel, toi qui nous as guidés au cours de la veillée. L’enfant n’a pas de caractéristique particulière : ni son poids ni sa taille ni ses traits ne retiennent l’attention. Il pourrait être n’importe lequel des nouveau-nés de tous les pays du monde. De Jésus, nous savons simplement qu’il est emmailloté et couché dans une mangeoire (Lc 2, 12). Telle est l’observation recueillie par St Luc : Emmailloté, car il fait froid, sans doute ; emmailloté, car tel est le geste de protection de la maman, probablement. Mais St Luc sait que ce fut également la précision donnée par l’Ange du Seigneur aux bergers, précision qui renvoie au premier événement de l’histoire de l’humanité.

Le nouveau-né de Bethléem vient à la rencontre de l’humanité pécheresse : j’ai pris peur, dit Adam, parce que je suis nu, et je me suis caché. Alors le Seigneur fit à l’homme et à la femme des tuniques de peau et les en revêtit (Gn 3, 10.21), comme pour les protéger jusqu’au jour béni de la naissance du Sauveur. Le Fils de Dieu entre dans notre humanité, telle qu’elle est, honteuse d’avoir méprisé l’amour infini de son Créateur mais toujours à la recherche de son bonheur. Chaque année, la grâce de Dieu se manifeste pour le salut de tous les hommes, dit saint Paul. Et, poursuit-il, elle nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent … et attendre le bonheur que nous espérons (Tt 2, 11-13).

Frères et sœurs, la grâce se fait enfant, un enfant comme vous et moi. Et elle nous touche car nous avons au plus profond de notre âme la marque indélébile donnée à l’enfant, la marque de son Créateur : son origine est l’amour ; comme son avenir, même si le péché le masque. Voulons-nous promettre ce soir à Jésus de le laisser nous ramener à notre origine qui est son origine : son Père très aimant, son Père tout-puissant créateur du ciel et de la terre ? Ce serait un beau cadeau, peut-être le plus beau cadeau que nous pourrions lui offrir. Marie coucha l’enfant dans une mangeoire. Selon le texte original elle l’étend dans la mangeoire. Geste étonnant de pauvreté alors que nous attendions le fils d’un roi avec l’insigne du pouvoir sur son épaule (Is 9, 5). Geste merveilleux de tendresse alors que nous attendions un Dieu fort solidement établi sur le droit et la justice (9, 6). L’ange semble confirmer ce geste mais le mot change. Il n’est plus étendu ; il git-comme une victime git- dans la mangeoire (Lc 2, 12).

C’est le même verbe que Luc emploie pour parler du tombeau où personne n’a encore été couché (cf. Lc 23, 53). L’envoyé de Dieu sait que Jésus vient en ce monde, qu’il n’échappera pas à la mort et sera mis au tombeau où il vaincra la mort. Frères et sœurs, voulons-nous reconnaître en Jésus couché dans une mangeoire Celui qui nous sauve de la mort, de toute mort, de tout désespoir ? Voulons-nous vivre une communion d’amour avec Lui et retrouver ainsi notre divine origine ? Jésus est étendu dans une mangeoire. Ce soir, Jésus se donne en nourriture. Chacun d’entre nous peut consommer la Parole. Beaucoup de fidèles du diocèse se sont lancés dans la belle aventure de la lecture de l’évangile selon St Luc du début jusqu’à la fin. Cette nuit nous la Parole nous est parvenue par la voix de l’Ange comme une grande joie pour tout le peuple (Lc 2, 10), joie chantée merveilleusement par la maîtrise. Puissions-nous la déposer dans notre cœur avec la même tendresse et attention que la Vierge Marie a couché Jésus dans la mangeoire !

Beaucoup parmi nous recevrons Jésus en nourriture dans la communion eucharistique. Comme Jésus est né pour tous les hommes, recevons-le au nom de tous. Et pensons, avec la même tendresse que Marie, aux plus isolés et aux plus éprouvés de notre assemblée, de nos familles, de notre ville, de notre monde. Telle est la joie de Dieu devenu enfant emmailloté et couché dans une mangeoire : Se donner à nous pour que s’ouvre à nouveau le ciel et que retentissent déjà dans nos cœurs le chant des anges : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime (Lc 2, 14).

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 27.12.2012 10:40 - Mis à jour le : 27.12.2012 10:41