Accueil > Le diocèse > Mgr Dominique Lebrun, ancien évêque de Saint-Etienne > Homélies de Mgr Dominique Lebrun ancien évêque de Saint-Étienne
Que fête-t-on à l’Ascension ?

Don en ligne

galet Homélie de Mgr Lebrun du dimanche -19 août 2012

Vingtième dimanche du temps ordinaire (année B).

Vingtième dimanche du temps ordinaire (B)
Cathédrale Saint-Charles – 20 août 2012
Pv 9, 1-6 ; Ps 33
Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58

Celui qui mange ce pain vivra éternellement (Jn 6, 51.58). Cette affirmation de Jésus ouvre et termine l’Evangile de ce dimanche. Elle traverse tout le discours sur le Pain de vie.

Quel est ce pain ? Nous croyons que réellement, substantiellement, le Christ est présent dans le pain comme dans le vin consacré. Et nous sommes invités à le manger. Quelque soit notre foi, nous pouvons comprendre la question des juifs : Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? (Jn 6, 52). Manger le pain qui est le Christ ?

Faut-il redire ici que nous ne sommes pas des anthropophages ?

Oui, il est grand le mystère de la foi, comme nous le chantons au cœur de la messe. Quel est donc ce pain ? Jésus nous donne trois pistes pour accueillir le mystère de la communion au corps et au sang de Jésus :
- Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ! (Jn 6, 51) Nous ne mangeons pas un pain statique. Nous mangeons Celui qui vient vers nous … et, en quelque sorte, qui poursuit son chemin et vient en nous … Celui qui vient partager notre vie pour que nous partagions sa vie du Ciel, autrement dit sa vie de relation au Père.
C’est pourquoi les rites de communion commencent par le Notre Père. Nous ne prenons pas notre pain ; nous le recevons, après l’avoir demandé, comme la présence de Celui qui nous dit que la vraie nourriture est celle qui conduit au Père. Jésus dira que sa nourriture, c’est de faire la volonté de son Père. Nous communions au pain de la volonté du Père. Quand nous disons Amen, nous disons « oui » à la volonté du Père.

- Deuxième piste : le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie (Jn 6, 51). Le pain « donnée » est le Christ qui s’offre à son Père sur la Croix par amour pour nous. Communier, c’est communier au sacrifice de Jésus. Communier c’est recevoir le pain de l’amour, le pain qui fait de notre vie une offrande par amour. Avons-nous réalisé qu’en mangeant le pain consacré, nous le faisons disparaître ! Ce qui n’est pas bien : faire disparaître le Fils de Dieu ! A moins que nous comprenions que nous sommes appelés à être ce que nous recevons : le Corps du Christ. Alors, non seulement il ne disparaît pas mais il continue sa mission en rayonnant à la mesure où nous rayonnons de son amour !

- Enfin, Il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé : Eux, ils sont morts ; celui mange de pain vivra éternellement (Jn 6, 58). Notre vie est bien plus que la vie de notre corps sans en être séparée. Le fait d’être uni inséparablement à notre corps –parfois soumis- ; plus exactement le fait que notre corps soit inséparablement avec notre âme une composante de notre personne, masque la réalité de la vie éternelle. Et pourtant, celle-ci a besoin d’une nourriture.

En communiant, nous nourrissons notre âme qui porte en elle la vie éternelle ; c’est une nourriture spirituelle. Paul l’a dit : Laissez-vous plutôt remplir par l’Esprit Saint (Ep 5, 15-20).

A qui Jésus s’adresse-t-il ? A la foule ! Et pourtant, d’une certaine manière, il ne donnera son corps à manger qu’à ses apôtres. Je n’ignore pas que certains parmi nous ne communient pas, parfois en respectant plus que d’autres la réalité du mystère et le chemin qui est le leur. En s’abstenant, si cela est juste, je crois même qu’ils accueillent et nous aident à mieux accueillir le pain que personne ne peut prendre mais seulement recevoir.

Préparons-nous à l’accueillir sur notre autel !

+DOMINIQUE LEBRUN
Evêque de SAINT-ETIENNE.





Version imprimable de cet article Version imprimable


Publié le : 20.08.2012 13:57