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galet Homélie de Mgr Dominique Lebrun, veillée de Noël 2014

Homélie

Solennité de la Nativité du Seigneur
Cathédrale Saint-Charles – messe de la nuit 2014
Is 9, 1-6 ; Ps 95
Tite 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14

Avez-vous remarqué que les crèches vivantes se multiplient ? Dans bien des paroisses, dans bien des écoles, des enfants, parfois des adultes mettent en scène la Nativité. Ils le font un peu à la manière dont notre maîtrise nous a aidés à vivre joyeusement la veillée de Noël en marchant parmi nous. En fait, nous assistons à une sourde lutte entre deux courants opposés : celui qui élimine de Noël la référence à JESUS, qui élimine toute référence à l’événement historique dont la crèche est le symbole, et celui qui fait vivre la naissance de JESUS comme une réalité pour aujourd’hui, comme une joie pour tous, à partir de la crèche.

Comment s’en étonner ? Le prophète ISAÏE l’affirme : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9, 1). Frères et sœurs, vous êtes venus dans la nuit, pas seulement la nuit cosmique mais aussi dans la nuit de nos vies, dans la nuit de notre monde : il y a toujours des « bottes qui frappent le sol et des manteaux couverts de sang » (9, 4), au Pakistan, en Irak, au Nigéria et, parfois, dans notre pays.

Comment s’étonner de cette lutte pour ou contre JESUS ? « MARIE l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Lc 2, 7). Quelle est aujourd’hui « la salle commune » où JESUS et sa famille n’ont pas de place, sinon nos villes, nos villages, peut-être nos maisons ?

Il serait facile de dénoncer les quelques fanatiques de la laïcité qui s’effarouchent devant une crèche ou une croix, et s’en tenir là. Facile ou, plutôt, très partiel. Ce soir nous fêtons, comme dit Saint PAUL à TITE, « la grâce de Dieu. Elle s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (2, 11), donc pour notre salut ! Etes-vous venus ce soir pour être sauvés ? Etre sauvés, c’est-à-dire être tirés du danger de mort que constituent nos péchés, ces refus d’amour qui défigurent nos familles, nos amitiés, nos villes, notre propre cœur ?

Enfants, jeunes, adultes, anciens, écoutez votre désir de faire mieux dans votre vie ? Ne désirons-nous pas sortir du bourbier de nos mensonges, de nos critiques stériles, de nos injustices, de nos médisances ? Si monte en vous ce désir d’une vie plus belle, plus pure, c’est le signe que la grâce est déjà dans votre cœur ! Nourrissons cette grâce de la grande grâce de la venue parmi nous du Sauveur : « Aujourd’hui … vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ! » (Lc 2, 11).

Laissez vous prendre par la joie de savoir que le pire n’est pas notre avenir, que la lumière qui vient du ciel est notre route, que la paix est la promesse irrésistible de Noël. « Il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs » (Lc 2, 8). Nous aussi nous vivons dehors, en dehors de notre humanité véritable, à cause de nos péchés. Il fait alors nuit. C’est à eux - donc à nous - que l’ange du Seigneur s’adresse : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ! » (Lc 2, 10).

Demain, ne cachez plus la lumière de l’amour véritable derrière des repas indécents et des cadeaux éphémères. Accueillez la grâce : « Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété » (Tt 2, 12).

Prenez JESUS avec vous. C’est lui la grâce, la manifestation visible de la Gloire de Dieu ! Si vous l’avez oublié, reprenez la bonne habitude de prier dès le matin ; si vous être trop pris par les convoitises du monde, demandez pardon et accrochez-vous à la rencontre hebdomadaire avec JESUS à la messe du dimanche ; si vous avez perdu l’espérance de changer, ouvrez sans vous lasser le livre des évangiles où JESUS change le cœur de ses amis.

Cette nuit, arrêtons-nous sur l’Enfant unique de MARIE. Il est Celui qui vient nous dire que nous sommes tous ses frères, des frères souvent fautifs, mais encore et toujours ses frères et ses sœurs. Laissez-vous emmailloter par la douce Maman de JESUS et placer au centre de leur amour. Il n’y a pas de place dans la salle commune, il y en a toujours dans le cœur de Dieu. Votre présence ici vous assure de l’amour de Dieu pour chacun d’entre vous, pour ceux qui vous entourent, pour notre monde.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime ! » (Lc 2, 14).

+DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 29.12.2014 10:02