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galet Homélie de Mgr Dominique Lebrun pour la fête de la Sainte Famille

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph
Cathédrale Saint-Charles – le 30 décembre 2012
1 S 1, 20-22.24.28 ; ps 83
1 Jn 3, 1-2.21-24 ; Lc 2, 41-52.

Homélie
Frères et sœurs,

L’évangéliste St Luc est le seul à offrir cet épisode de la vie de Jésus à douze ans. Nul doute qu’il a puisé ses informations à la source très pure de la Vierge Marie. Par deux fois, il affirme : Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements (Lc 2, 19.51) c’est-à-dire toutes ces paroles qui viennent de Dieu. Nous avons là les premiers mots de Jésus connus, paroles étonnantes : Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être (Lc 2, 49).
Avec Marie, recevons cette réponse à son propre étonnement : Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! (2, 48). Le dialogue est tendu, dirions-nous. Jésus ne veut laisser aucune ambigüité sur sa relation à Dieu dont il est le Fils. C’est la priorité des priorités qui vient se mêler à ses relations d’homme, ici d’enfant, avec ses parents. La sainte famille de Nazareth est au service de la famille sainte de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, et réciproquement.
La sainte famille de Nazareth entre avec foi dans le mystère et commence par se taire : Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait (2, 50). Mais elle continue d’assumer sa mission : Jésus descendit avec eux pour rentrer à Nazareth où il leur était soumis (2, 51).
En cette année de la foi, je voudrais souligner l’obéissance comme une vertu intérieure à la foi, et une vertu réciproque quand elle est vécue dans l’amour et la vérité. L’obéissance de Jésus à son Père des cieux fait de lui le premier des croyants, au sens de Celui qui met toute sa confiance en son Père, comme son Père met sa confiance en son Fils bien-aimé.
L’obéissance de la Vierge Marie et de Joseph fait d’eux des modèles pour la foi de l’Eglise qui continue de scruter les faits et gestes du Seigneur. Et, réciproquement, Jésus se soumet à ses parents de la terre pour nous indiquer le vrai sens de la famille humaine et renouveler notre confiance en elle. En somme, leur confiance est mutuelle, mais c’est Jésus qui détient la clé du chemin du ciel, dans sa relation au Père.
Sur plus d’un aspect de la vie familiale, les propositions des hommes sont aujourd’hui en contradiction avec la volonté de Dieu incarnée par la sainte famille et la Parole de Jésus. A la suite de Jésus, nous avons à choisir les choses du Père des cieux : l’image de Dieu inscrite dans la création complémentaire de l’homme et de la femme ; le mariage, don réciproque de l’homme et de la femme ouvert à la vie ; l’amour comme don ; l’accueil de la vie humaine depuis son commencement jusqu’à son terme naturel.
Ce choix est un choix de la foi qui se nourrit de contemplation et d’obéissance. Il se peut que nous ne comprenions pas les choix de Dieu et de l’Eglise, comme la Vierge Marie a vécu cela jusque dans l’angoisse de la perte de son fils. Cela ne dispense pas d’obéir dans une confiance mutuelle. Cela n’empêche pas de poser des questions.
Je souhaite vraiment que toute la communauté catholique se rassemble derrière le projet de Dieu sur la famille pour en vivre et en témoigner, sans fermer la porte au dialogue tel que la Vierge Marie et Joseph l’ont vécu c’est-à-dire dans l’obéissance.
La disparition de Jésus dura trois jours et eut lieu la semaine de la fête de Pâques. St Luc marque ainsi dès le début de son évangile le sens de la mission de Jésus et annonce comment elle s’achèvera. Sa dernière parole prononcée sur la croix rapportée par St Luc sera aussi pour son Père dans un acte de foi total : Père, entre tes mains, je remets mon esprit (Lc 23, 46). Suivre Jésus, remettre notre vie entre les mains du Père très aimant : ainsi et ainsi seulement, nous pouvons affronter les contradictions de ce monde. Enfouissons-nous dans cet amour : Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, -et nous le sommes- (1 Jn 3, 1).

+ Dominique Lebrun
Evêque de Saint-Etienne





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Publié le : 31.12.2012 11:26 - Mis à jour le : 07.01.2013 10:19