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Que fête-t-on à l’Ascension ?

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galet Homélie de Mgr Dominique Lebrun : 1er janvier 2012

Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu Cathédrale Saint-Charles – 1er janvier 2012

Nb 6, 22-27 ; Ps 66 ;
Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21.

Homélie

Frères et sœurs, l’Evangile nous offre de continuer à méditer sur la crèche, huit jours après la fête de la naissance de Jésus. Cela coïncide heureusement avec le passage à une nouvelle année. Le millésime, comme nous disons, est bien en référence avec la naissance du Fils de Dieu fait homme, il y a un peu plus de 2000 ans.

Des bergers, saisis par une annonce angélique, arrivent à Bethléem. Que voient-ils ? Ils découvrent une femme, un homme, un nouveau-né couché dans une mangeoire. C’est toute notre richesse. La richesse de l’humanité dans sa simplicité et sa pauvreté : une femme, un homme, un enfant.

L’humanité est depuis toujours cette réalité que personne ne peut posséder seul. La marque de la sexualité humaine est d’abord celle-ci : aucune personne humaine ne peut s’approprier l’humanité dans sa chair comme dans ses sentiments : Chacun, homme ou femme, n’expérimente que ce que la moitié de l’humanité peut expérimenter. Nous avons besoin d’un autre.

La grandeur de cette humanité est aussi sa capacité à mettre au monde de nouvelles personnes, à la fois si semblables et si différentes. Chaque enfant est un héritier ; chaque enfant est une nouveauté. Le temps est intimement mêlé à l’aventure humaine par la succession des générations. La nature humaine est faite de continuité et de l’offre toujours possible d’un changement.

Les bergers n’ont devant les yeux que cette humanité en Joseph, en Marie et en Celui qui reçoit le nom de Jésus. Et pourtant, les voilà détenteurs d’une vérité plus complète car ils ont accueilli une annonce au sujet de l’Enfant. Les bergers sont, après Marie et Joseph, les premiers à croire et, en même temps, les premiers témoins de la foi en Jésus, Sauveur : Tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers (Lc 2, 18). Leur foi et leur témoignage se font alors louange au Dieu vivant (2, 20).

Telle est notre foi, deux mille ans après, une foi que l’épreuve de notre époque dépouille et rajeunit. Nous avons bien entendu l’annonce de l’Evangile et du salut en Jésus Christ ! Et que voyons-nous, avec nos yeux de chair ? Rien d’autre que notre humanité. Ne nous désolons pas même si nous souhaiterions des miracles qui sauvent l’euro, réduisent les dettes et, surtout, suppriment les injustices et la misère.

Les bergers ont eu les yeux ouverts par la foi : dans cette petite famille, venait d’être donné le signe du salut, celui qui donne à l’humanité sa véritable vocation divine. La foi donne la vraie réponse à notre besoin intime d’un autre pour être sauvé. Elle donne la vraie réponse à notre désir de changer sans renoncer au meilleur de nous-mêmes : cette réponse s’appelle Dieu fait homme, Jésus.

La foi a permis aux bergers d’être attentifs à deux signes, l’un invisible et l’autre visible qui les ont mis sur le chemin de la louange.

Le signe invisible, c’est celui de Marie devenue Mère de Dieu. Les bergers ne pouvaient voir qu’une Maman. Or, ils ont cru que son enfant venait de Dieu. Nous fêtons aujourd’hui sainte Marie, Mère de Dieu. C’est aller jusqu’au bout de la foi : puisque le nouveau-né est le Fils de Dieu, Dieu lui-même, sa Maman, celle qui l’a conçu selon la chair, est sa mère dans tout ce qu’il est, homme et Dieu. La Vierge Marie est sainte Marie, Mère de Dieu.

Le signe visible est celui de la mangeoire, petit détail annoncé par l’ange, mais aussi détail majeur qui révèle ce que sera le plus beau geste d’amour d’amour : se donner en nourriture à l’humanité affamée de justice, de vérité et d’amour.

Pour un disciple de Jésus, formuler des vœux c’est ouvrir ses yeux de la foi sur l’humanité et sa vocation divine. Formuler des vœux pour un admirateur de la crèche, c’est accueillir le signe de Marie, mère de Dieu, et de l’Eucharistie.

Personnellement, je voudrais placer la vie de nos communautés sous le signe de la Vierge Marie, celle qui retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur (Lc 1, 19). Je formule le vœu que nous soyons accueillants au plus profond de notre être et de notre prière à la Parole de Dieu, et à ce qui se déroule dans notre monde ; je formule le vœu que nous sachions en découvrir la profonde union dans le projet d’amour de Dieu.

Je prie aussi pour que nous apprenions de l’Eucharistie à vivre en vrais disciples de Jésus, nourris par son amour. Par sa grâce, nous serons rendus capables d’aimer en offrant notre vie, en devenant nous aussi nourriture pour notre monde.

Ainsi, nous chanterons la Gloire de Dieu et sa louange.

+ Dominique Lebrun Évêque de Saint-Etienne





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Publié le : 02.01.2012 13:29 - Mis à jour le : 02.01.2012 13:30