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galet Homélie de Mgr D. Lebrun pour l’institut de Rémi-Gabriel Perchot, séminariste

Institution à l’acolytat de Rémi-Gabriel Perchot (diocèse de Saint-Etienne), et de MARTIN Soboul, (diocèse de Belley-Ars) et au lectorat de Paul Pan Bao Shan (diocèse de Yi Xian, Chine), à Ars le jeudi 22 novembre 2012. Homélie de Mgr Dominique Lebrun.

Homélie

Ap 19, 1.5-9a
Psaume 148, 1-2, 11-12, 13, 14
Mt 19, 3-12

Sainte Cécile chante les louanges du Seigneur à tout jamais. Beaucoup d’entre nous sont descendus dans les catacombes de St Calixte à Rome. Là est conservée la mémoire de cette sainte martyre des premiers temps de l’Eglise. Ses doigts figés dans une magnifique statue de marbre expriment la foi en Dieu trinité et en la double nature de Jésus

La liturgie nous invite à la louange, non pas une petite louange portative et individuelle mais celle de la grande foule, de la foule immense. Pour l’apocalypse, la voix de la foule est comme la voix des océans ou celle de violents coups de tonnerre. Elle résonne loin, au-delà des mers, au-delà de l’atmosphère.

Ce matin nous sommes associés –comme à chaque eucharistie- à cette louange. Votre séminaire a la joie de vivre concrètement la louange en accueillant la Chine et bien d’autres pays. Rémi-Gabriel, j’espère, garde au cœur le Brésil.

Heureux les invités au repas des Noces de l’Agneau. Ce n’est pas un petit repas ; c’est celui de la louange du Fils. Pour ce repas, Rémi-Gabriel et Martin sont appelés à intensifier leur service, à revêtir leur cœur de l’habit du serviteur, pour se préparer à être configurés au Serviteur.

Paul est aussi associé à ce Repas en recevant le ministère de lecteur. Il n’y a qu’une seule table : celle de la Parole, celle de la Parole faite chair. Il n’y a qu’une seule voix, celle de l’époux. C’est un repas de Noces où l’épouse et l’époux se donnent mutuellement.

Rémi Gabriel Perchot Le mystère conjugal de l’alliance est comme convoqué par notre société. Et pas seulement par un projet de loi qui n’est qu’un symptôme de questions plus profondes. Ces questions touchent notre être profond. Aucun d’entre nous ne peut prétendre faire l’expérience de l’humanité à part entière car il n’est que masculin ou que féminin. Et, pourtant, tous sommes appelés à la plénitude de l’amour.

Cela est vrai pour chacun d’entre nous car cela est vrai pour l’humanité toute entière dont l’Eglise est comme le sacrement. Cela nous installe dans l’inconfort de celui qui dépend de l’autre et dans une réelle humilité. Je suis sûr que la préparation au mariage va encore s’approfondir dans les années qui viennent. Elle omettait souvent d’observer le simple fait qu’un mariage, c’est un homme et une femme, avec ce que cela implique de réalisme et d’humilité, et de le contempler.

Le mariage est bon, vos parents présents ou absents en témoignent. Jésus le révèle à ses disciples en confirmant le projet du Créateur qui, au commencement, nous fit homme et femme. Mais, ajoute-t-il à l’adresse de ceux qui s’interrogent non sans quelque raison sur l’intérêt du mariage humain : « Il y en a qui ne se marieront pas à cause du Royaume de cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »

Pouvons-nous comprendre ? Cela nous dépasse. Le mariage humain s’efface devant le Royaume qui s’accomplit dans des noces. Rémi-Gabriel, Martin et Paul, vous vous préparez à vivre cet effacement. Il laissera votre humanité dans une attente plus grande encore voire dans un manque qui peut devenir fort ou trop fort. Ste Cécile et tant d’autres saints, déclarés ou non, ont su se mettre au service des Noces éternelles, en unissant leur cœur et leur corps pour répondre à la voix de l’époux, dans une liberté souveraine.

Rendons grâce à Dieu pour la disponibilité de nos frères à servir plus intensément la voix du Christ, en accueillant le chemin d’humilité inscrit au plus profond de notre nature humaine et que le Christ lui-même a emprunté. Rendons grâce pour le projet de Dieu qui convoque toute l’humanité aux Noces par Jésus Christ, projet source de la mission de l’Eglise et de votre ministère. Ce projet n’a pas de limites et nous engage à aimer notre humanité comme à prier pour elle de manière universelle. Vous avez sans doute remarqué l’apparente pauvreté de la prière d’ouverture de la fête de Ste Cécile : Sois favorable à nos prières, Seigneur, et, par l’intercession de sainte Cécile, daigne les exaucer. En fait, il s’agit de la plus antique oraison connue. Elle ne spécifie pas la prière, sans doute car c’est la seule manière d’être tout à Dieu, comme l’épouse qui se donne à son époux.

+ Mgr DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 26.11.2012 14:02 - Mis à jour le : 26.11.2012 14:03