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Fête de l’éveil à la foi

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galet Homélie de Mgr D. Lebrun du 7 juillet 2013

Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire (C), dimanche 7 juillet 2013 à la cathédrale Saint-Charles, par Mgr Dominique Lebrun.

Is 66, 10-14c ; Ps 65
Ga 6, 14-18 ; Lc 10, 1-12.17-20.

Homélie

Jésus prit avec courage la route de Jérusalem (Lc 9, 51), avons-nous entendu dimanche dernier. Aujourd’hui, nous entendons la suite : Jésus envoie soixante-douze disciples deux par deux. A l’approche de la fin de sa mission sur la terre, il forme les missionnaires. Les missionnaires ne sont pas seulement les apôtres. Plus qu’hier, nous comprenons que tous les disciples de Jésus sont appelés à la mission. Le chiffre de soixante-douze fait référence au nombre des nations païennes tel que le judaïsme le pensait. Il n’y a pas de pays qui ne soit appelé à connaître le Christ.

Je me souviens encore de l’époque où l’on apprenait au lycée qu’il y avait des pays communistes et donc athées au-delà d’un rideau de fer. Je me demande si d’aucuns n’imaginent pas encore qu’il y aurait des pays chrétiens et des pays musulmans. L’Egypte, pas plus que la Syrie ou l’Arabie Saoudite ne sont des pays musulmans. J’imagine que ces temps-ci nous prions tous avec ferveur pour les chrétiens qui habitent ces pays.

La première consigne donnée par Jésus est celle de prier le maître d’envoyer des ouvriers pour sa moisson (Lc 10, 2). S’agit-il d’informer Dieu que nous manquons de prêtres ? La prière pour les vocations est un appel à changer d’attitude. La mission n’est pas la nôtre, c’est celle du Christ. Ne cessons pas de reconnaître que nous ne sommes que des envoyés, que d’être envoyé est une grâce dans le prolongement de la grâce du Christ. D’autres sont donc les bienvenus dans la perspective universelle de la mission.

La dernière consigne fait écho à la première : s’il nous est donné de participer à la victoire du Christ sur les esprits, que cela ne soit pas motif de vaine gloire. La vraie joie est celle de savoir que nos noms sont inscrits dans les cieux, que nous faisons la volonté de notre Père qui est aux Cieux.

Entre ces deux consignes, nous entendons abondamment le mot de « paix » (cf. Lc 10, 5-6). Cette salutation - paix à cette maison - sera celle de Jésus ressuscité : La paix soit avec vous (cf. Lc 24, 36). C’est celle que j’ai la joie de prononcer au début de chaque célébration au nom de Jésus. Comment imaginer que nous pouvons apporter la paix si celle-ci ne nous habite pas au plus profond de nous-mêmes ? Là aussi la paix ne nous appartient pas : elle est la nôtre parce que nous l’avons accueillie. Elle est de Dieu ; elle est Dieu. Pensons-y tout à l’heure en échangeant cette paix présente sur notre autel. Soyons des amis de la paix, des amis de Dieu. Et cherchons de nouveaux amis de la paix. Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (Lc 10, 3).

Récemment, cette phrase m’est venue à l’esprit. Je demandais à un prêtre, aumônier de l’hôpital nord, de participer à un colloque sur laïcité et religions. Ce colloque était organisé, si je puis dire, au profit de la libre-pensée. Son secrétaire général était l’intervenant vedette. La journée était prise en charge par la formation continue de l’hôpital et les cadres de santé y ont été généreusement invités. Comme le P. PATRICK FRENAY résistait un peu à y aller - humblement il ne se sentait pas d’attaque -, je lui ai dit : Je t’envoie comme un agneau au milieu des loups. Il y est allé dans la foi, et j’en rends grâce.

Là encore, ce n’est pas nous, du moins nous tout seul. L’agneau véritable est le Christ lui-même, l’Agneau de Dieu. Pouvons-nous vivre la mission dans notre monde sans être habités par JESUS … ne sommes-nous pas venus le recevoir en nous ce matin ? N’est-ce pas pour la mission ?

Enfin, je relève que les disciples sont envoyés en avant de JESUS. Ils sont envoyés pour favoriser la rencontre avec lui. Elle adviendra au moment décidé par Dieu. Ce point est très important pour ne pas enfermer la mission dans un face à face, une joute ou un combat personnel. Nous avons comme mission de préparer la rencontre de nos voisins, de nos collègues, de nos enfants avec Jésus.

Comme nous l’a écrit le Pape FRANÇOIS cette semaine : « Celui qui s’est ouvert à l’amour de Dieu, qui a écouté sa voix et reçu sa lumière, ne peut garder ce don pour lui. » (Lettre encyclique Lumen fidei n. 37).

Prions intensément pour que l’Esprit Saint éclaire notre Eglise diocésaine et ses membres à devenir des disciples de Jésus, des disciples missionnaires.

+ DOMINIQUE LEBRUN

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Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire (C),





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Publié le : 08.07.2013 11:22