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galet Homélie à l’occasion des vingt ans de présence de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre

Célébration à l’occasion des vingt ans de présence de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre à la chapelle Saint-Bernard (Paroisse Saint-Etienne)
IVème dimanche de l’Avent

1 Co 4, 1-5 ; Lc 3, 1-6

Homélie

Toute chair verra le salut de Dieu (Lc 3, 6).

Frères et sœurs, telle est la parole du prophète ISAÏE rapportée par l’Evangile ; telle est ce que nous nous apprêtons à fêter dans le mystère de Noël : toute chair verra le salut de Dieu ! L’évangéliste Saint LUC prend soin de dater la prédication de JEAN BAPTISTE. Après deux chapitres consacrés à l’enfance et l’adolescence de JESUS, une nouvelle période, une période historique s’ouvre. C’est l’an quinze du gouvernement de TIBERE CESAR. PONCE PILATE est gouverneur de la Judée. Puis viennent les mentions de PHILIPPE et de LYSANIAS. Jusqu’ici, il s’agit des chefs du monde païen. Ensuite, seulement, Saint LUC nomme les chefs du peuple juif, le grand prêtre et l’ancien grand prêtre encore influent : CAÏPHE et ANNE (cf. Lc 3, 1-2).

Il n’y a pas de doute dans l’intention de l’évangéliste : Toute chair verra le salut de Dieu, le monde juif et le monde païen. La mission divine ne peut être qu’universelle. Dieu, dans son amour, ne peut et ne veut exclure aucune personne. La pédagogie de Dieu nous surprend. Il semble en choisir quelques-uns alors qu’Il veut le salut de tous. Notre époque nous interroge sur ce point.

Comment recevons-nous cette prophétie ? Personne ne peut être exclu du plan divin du salut. Assemblés dans cette église, sans doute espérons-nous être sauvés. Avons-nous la même espérance pour tout homme, toute femme ? Je pense à ceux qui ne sont pas baptisés ou bien à ceux qui se sont éloignés ou bien encore ceux et celles dont nous pensons parfois tant de mal ! Le mystère de Noël nous fait entrer dans la profonde humilité de Dieu où se révèle la puissance de son amour. Il devient l’un de nous pour que tous soient sauvés. En prenant chair, « le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (GS 22, 2), comme dit le magistère de l’Eglise. Saint PAUL nous exhorte à ne pas juger avant que le Seigneur vienne : C’est lui qui éclairera ce qui est caché dans les ténèbres et mettra en évidence les desseins des cœurs (1 Co 4, 5). Dans le temps d’épreuve pour la foi qui est le nôtre, nous devons être vigilants à croire en l’amour infini de Dieu capable de sauver tous les hommes. En tous les cas, il nous faut renoncer à tout jugement sur le salut des hommes, le seul jugement qui importe pour les chrétiens. Chacun d’entre nous fait partie des hommes. Nous devons aussi laisser Dieu juger notre propre cœur, car il est plus présent à nous que nous-mêmes, comme le dit Saint AUGUSTIN. Une bonne confession est une confession qui laisse Dieu juger de sa conscience. Je peux me présenter en m’avouant pécheur, je ne peux mesurer mon péché et je dois encore laisser Dieu éclairer ma route.

Aussi devons-nous sans cesse demander à Dieu la grâce de la conversion de notre regard sur les personnes ; et la grâce de l’espérance que vient ranimer le cycle annuel de la liturgie. Dans trois jours, nous chanterons : Aujourd’hui nous est né un Sauveur ! N’attendons pas de retrouver PONCE PILATE et CAÏPHE à la passion pour nous convertir. Un beau signe serait que chacun d’entre nous se tourne en ce temps de Noël vers les préférés du Seigneur, les pauvres, d’une manière ou d’une autre en changeant éventuellement son programme douillet. Et parmi, les pauvres, il peut y avoir aussi ceux que nous condamnons et excluons de l’amour de Dieu.

Certains d’entre vous chanteront la Nativité du Seigneur dans la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain ; d’autres dans la forme ordinaire. Personne n’est de trop pour annoncer le salut universel. Personne n’est exempt d’accueillir ce salut au plus profond de lui-même en reconnaissant l’œuvre de Dieu qui redressent les sentiers et comble les ravins. Reconnaissons aussi l’œuvre de Dieu quand elle abaisse toute montagne ou toute colline qui pourrait bien être notre orgueil à prétendre au salut sans les autres.

+ DOMINIQUE LEBRUN 2013





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Publié le : 23.12.2013 14:29