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galet Guerres, violences, intolérances, rejets, à cause ou malgré les religions ?

Une soirée avec THIERRY MAGNIN et TAREQ OUBROU qui comptera pour tous ceux et celles qui ont eu la chance d’y assister. Jean-Claude Duverger nous explique pourquoi.

La Paroisse Saint-Ennemond en Gier, l’association AMEA et RCF ont organisé une conférence commune jeudi 23 avril 2015 à 20 heures, Salle Aristide Briand à Saint Chamond, sur le thème : « A cause ou malgré les religions ? Violences, guerres, régression, peurs, rejets... » Avec THIERRY MAGNIN : Théologien et Recteur de l’Université Catholique de Lyon et TAREQ OUBROU : Théologien et Grand Imam de Bordeaux.

- Les liens d’amitié qui se sont tissées depuis plusieurs années entre les organisateurs, la paroisse catholique de Saint-Chamond et AMEA (Association Musulmane El Andalus) : visites réciproques pour faire mieux connaissance, repas en commun (150 participants en janvier 2015), actions auprès des jeunes rassemblant jeunes scouts et membres des aumôneries, jeunes d’AMEA et jeunes du conseil consultatif de la jeunesse de Saint-Chamond. Se connaitre, agir ensemble pour le bien commun, vaincre ainsi les préjugés et les idées reçues, faire grandir le respect de l’autre, c’est un acquis important !

- La qualité des intervenants choisis : Tarek Oubrou et Thierry Magnin sont tous deux des personnalités marquantes par leur parcours personnels, les responsabilités qu’ils assument, leur « sagesse » et leur expérience, leur culture et aussi le fait qu’ils aient déjà eu l’occasion de rencontrer beaucoup des participants de la soirée.

- Le langage de vérité et d’honnêteté qu’ils ont tenu. Oui, les religions ont pu et peuvent ne pas apporter la paix. Elles peuvent être instrumentalisées par des idéologies et des régimes politiques. Il y a de la violence dans la Bible et dans le Coran. Elles peuvent avoir du mal à prendre en compte la modernité, refuser le pluralisme et les diversités religieuses et culturelles. Comme pour chacun de nous, elles peuvent être ambigües, en particulier dans le rapport au sacré. La violence est surtout le résultat de l’ignorance, du refus de faire face aux contradictions, dans un retour à un « irrationnel brutal » qui peut menacer chacun. Une communauté peut se replier sur elle-même et voir en celui qui est différent un « bouc-émissaire » qu’on va vouloir éliminer. La tentation du prosélytisme peut générer des tensions et des incompréhensions.

- Oui, les religions sont effectivement un facteur de paix. Une évidence : l’homme est libre, nul ne peut être contraint de croire (ou de ne pas croire). Le droit de ne pas croire, celui de changer de religion doit être affirmé. La foi suppose l’intelligence, la rationalité et l’intériorité : ces attitudes permettent au croyant de dépasser sa violence intérieure. Pour le chrétien, Jésus est celui qui nous permet de passer de la violence à la non-violence, pour le musulman, il faut affirmer le droit à la diversité culturelle et religieuse, il est indispensable d’interpréter le livre en fonction des réalités de notre époque, la foi suppose et réclame l’exercice de notre intelligence.

- Oui, on peut s’entendre sur des points clés, sans aucun syncrétisme. La religion (chrétienne comme musulmane) doit juguler notre violence personnelle et collective, elle appelle à l’amour (agapé pour les chrétiens), elle met le croyant sur le chemin de la justice et du refus de toute discrimination, elle donne des repères et des valeurs indispensables pour vivre sereinement, surtout elle donne de l’espérance et la conviction que la haine n’aura pas le dernier mot.

- Oui, le dialogue inter-religieux est fécond, à condition qu’il soit respectueux des règles du droit et de la laïcité. On doit se retrouver sur le terrain de la construction du bien commun, celui de l’éducation des jeunes, du développement de leur raison et de la nécessaire connaissance des grands principes des religions autres que la nôtre.
Très concrètement, un chantier commun s’ouvre chez nous : celui de la défense de la création qui passe par le refus d’un développement économique sans freins, la lutte pour une écologie humaine et le développement de tous les peuples. Les assises chrétiennes de l‘écologie fin août verront d’ailleurs une participation active des musulmans.

- La seconde partie de la soirée a vu les invités répondre très librement aux très nombreuses questions écrites posées par la salle (plus de 80… et des réponses pour plus de 30). Là encore, les accords ont été largement partagés et les inquiétudes en face des horreurs que les media nous proposent en permanence ont pu être exprimées. Les deux invités ont pu apporter des réponses fortes et parfois étonnantes et informer ainsi les croyants d’une autre religion (et sans doute aussi ceux de leur propre foi…).

Ayant eu la chance d’être celui qui assurait la bonne marche de la soirée, je peux dire que, vu de la scène, j’ai eu en face de moi des visages graves souvent mais également souriants… Un grand climat de fraternité a régné toute la soirée et s’est largement continué par les échanges entre les participants ! Et les organisateurs de cette belle soirée auront certainement d’autres idées intéressantes et originales pour continuer à construire des ponts entre les croyants, les générations et tous les hommes de bonne volonté.

Jean-Claude Duverger
RCF Saint-Etienne






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Publié le : 27.04.2015 08:45 - Mis à jour le : 28.05.2015 10:22