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galet Funérailles du père Marcel Bertrand (homélie)

Le Père Marcel Bertrand, prêtre de notre diocèse, nous a quittés mardi 20 décembre 2011 à l’âge de 84 ans. La célébration de ses funérailles a eu lieu vendredi 23 décembre 2011 en l’église Saint-Paul Saint-Pierre à Saint-Etienne. (Paroisse Saint-Luc)

Monition d’ouverture

Hier soir, nous étions déjà nombreux devant cette vierge à l’enfant qui grandit, pour veiller et prier dans le souvenir de ce que nous avons vécu avec le Père Marcel Bertrand. Il avait fait réaliser cette statue alors qu’il était curé de cette église. Chacun, chacune d’entre nous, famille –que je salue avec affection-, paroissiens, amis, tous auraient pu y prendre la parole, dire à la fois sa peine et sa reconnaissance. Ce matin, si vous le voulez bien, nous voulons recueillir la vie du Père Bertrand qui vient d’être évoqué, et la placer dans la rencontre avec le Sauveur. Que la Vierge Marie, qui donne naissance, nous accompagne sur le chemin de l’espérance.

1 Jn 4, 7-10 ; Ps 24
Lc 24, 13-35.

Ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé (Lc 24-14).

Hier soir, nous avons aimé « parler ensemble de tout ce qui s’est passé » avec le Père Marcel Bertrand à l’école cléricale Sainte Thérèse, à l’aumônerie des lycées de Saint-Chamond, à la paroisse Saint Louis, à Savigneux et dans le Forez, ici à la Rivière et à l’Etrat, à la paroisse Sainte Anne de Liseron, au CHU et à la clinique mutualiste, à la maison diocésaine et à la résidence où il s’est éteint. Je n’oublie pas ce qu’il a vécu dans les mouvements ou groupes de prière, dans des camps, en pèlerinage, avec des amis, en montagne et, surtout, auprès de sa chère famille.

Oui, nous pouvons faire mémoire de ce qui s’est passé  ; quelques-uns d’entre vous ont sans doute pensé que cet évangile était adapté au goût du Père Bertrand pour les instants passés à table ! Pourquoi pas ? Mais nous devons surtout « faire mémoire » dans la foi, en y lisant la trace du Seigneur, l’empreinte du Seigneur qui avait choisi Marcel pour son fidèle depuis 84 ans, pour son prêtre depuis 57 ans. Le prêtre est Celui qui entraîne à la mémoire : Faites-ceci en mémoire de moi ! Le prêtre ne cesse de partager le pain de la Parole et Celui du Corps du Seigneur, pour lier nos vies à celle du Sauveur : Ceci est mon corps livré pour vous ; ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.

Marcel avait ce geste de Jésus -qui donne sa vie par amour- dans sa mémoire vive. Il en vivait en dépensant ses heures et ses jours pour tous, en transformant ses relations à l’aune de sa foi en Jésus Christ : nous devenions vite des amis, des frères. J’aimais entendre Marcel me dire bonjour, avec un œil malicieux, en m’appelant : Frère Dominique. Ce n’était pas des mots.

Père Bertrand - pèlerinage Cotatay

A la fraction du pain, les disciples d’Emmaüs le reconnurent (cf Lc 24, 35). J’ai été impressionné de trouver le Père Marcel Bertrand plusieurs fois auprès du Saint-Sacrement à la chapelle de la maison diocésaine dans l’après-midi, alors que les sorties devenaient déjà plus difficiles. Le Père François Reynard se souvient de la même chose, dans la même maison, où en 1969 Marcel Bertrand enseignait. Le Père Marcel Bertrand était un fidèle.

Je ne peux présumer de ce qui se passait dans son cœur mais je pense à lui quand j’entends dans l’évangile : Notre cœur n’était-il pas tout brûlant ? (Lc 24, 32) Il était brûlant de foi et aussi d’affection, comme nous le savons bien. C’est ainsi que je comprends que chaque changement de ministère a été pour lui comme un arrachement, comme une nouvelle offrande à faire, un nouveau « oui » à donner, un acte d’abandon comme le lui apprenait Charles de Foucauld. Je l’ai lu dans un courrier qu’il adressa en 1966 au Père Rousset nouvellement arrivé alors qu’il lui était demandé de quitter Saint-Louis.

Le Père Marcel Bertrand a suivi la route du sacerdoce, en alliant prière et accueil de toute humanité. Il savait où il allait, servi d’ailleurs par un tempérament quelque peu opiniâtre. Savait-il ou croyait-il ? Savons-nous ou croyons-nous ?

Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui (1 Jn 5, 1).

Nous entendons ces paroles de St Jean à l’avant-veille de la fête de la naissance du fils premier-né, Jésus. Nous sommes invités une fois encore par le Père Bertrand à lever les yeux vers la maison du Père, vers le Père lui-même.

De tout cœur, je souhaite que ces jours de Noël soient vraiment un temps de naissance et de renaissance pour notre foi en Dieu Père, Dieu source de tout amour qui envoie son Fils bien-aimé parmi nous, et demeure vraiment présent par son Esprit Saint. De tout cœur, je souhaite que ces jours de Noël soit naissance et renaissance, par notre participation à la mort et la résurrection de Jésus. La pâque définitive du Père Bertrand nous y entraîne.





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Publié le : 29.12.2011 10:35 - Mis à jour le : 13.10.2014 15:36