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galet Fouad Hassoun à Saint-Genest-Lerpt : "Comment le pardon m’a transformé la vie"

Vendredi 16 septembre à 20h30 à l’église de Saint-Genest-Lerpt, témoignage de Fouad Hassoun : " Comment le pardon m’a transformé la vie".
Dans le cadre du pèlerinage à Notre Dame de Pitié à Saint-Genest-Lerpt qui aura lieu du 14 au 21 septembre 2016.

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La folie meurtrière a rendu Fouad Hassoun aveugle. Fougueux étudiant en médecine au Liban, il avait 17 ans lorsqu’un attentat lui a "crevé les yeux" et marqué le visage. Le jeune homme était emprisonné dans sa haine et son désir de vengeance. Jusqu’à ce qu’il pardonne à l’auteur de l’attentat, au terme d’un long chemin de conversion.

"Perdre la vue a donné une nouvelle orientation à ma vie. Mais j’ai perdu la vue, pas la vie ! Même quand tout le monde pleurait autour de moi, j’étais joyeux parce que j’étais encore là. Ma vie devenait plus importante que jamais parce que j’ai touché du doigt cette valeur d’être vivant. J’ai eu du mal à accepter mon nouvel état et j’ai connu un moment de révolte, pourquoi moi, pourquoi tout cela, pourquoi cette injustice ? Sur un plan humain, on se sent le plus malheureux, le plus démuni. Mais j’ai fini par transformer ma faiblesse en force, et j’en suis venu à me dire : et pourquoi pas ? Pourquoi moi, aveugle, ne pourrais-je pas faire des choses ? Cette grâce de l’acceptation m’a amené plus loin : j’ai appris à m’aimer comme je suis. J’ai compris que la phrase de l’évangile « Aime-ton prochain comme toi-même » était une vraie exigence : s’aimer soi-même, pas par égoïsme, mais comprendre qui je suis pour m’aimer tel que je suis. Ma foi en Dieu m’aide à recommencer tous les jours, à ne pas en rester là. Le problème n’est pas de tomber, il est de ne pas se relever.

J’ai pu être désolé mais je n’ai jamais été déçu. On est toujours déçu quand on ne met pas notre espérance au bon endroit, il faut aller au-delà de tout cela. C’est le sens du pardon. Quand on est capable de pardonner, on peut être triste, pas déçu. Le pardon mène vers l’amour. Il nous rend capable de dépasser les trahisons et les lâchetés. De même que l’amour entre deux êtres est toujours un peu déçu : on a nos rêves, nos projets, qui sont toujours un peu irréels, mais si on a le pardon, on peut toujours mieux. Le pardon mène à l’amour véritable, il nous rend capables de dépasser cette difficulté de la déception. Cette foi dans l’avenir va jusqu’à l’éternité. Si je crois dans ma vie, c’est que je crois que j’aurai une autre vie après, cela ne s’arrête pas. J’ai des repères, mais pas de limites, car il n’y a pas de limite à l’amour. L’Evangile nous le dit bien, en nous demandant de pardonner à notre frère 77 fois 7 fois.

Réussir sa vie, c’est pouvoir dire : "je suis vivant". Chaque jour, il faut renouveler cet enthousiasme et se dire : "je peux faire quelque chose de ma vie". Il y a toujours quelque chose à faire. La réussite n’est pas le succès, ce n’est pas être le meilleur, le plus important, le plus riche. C’est s’endormir en se disant : "j’ai aidé, j’ai résolu des problèmes, j’ai pris soin des autres." Nous devons prier Dieu pour qu’il nous aide à faire moins de mal et plus de bien. Plus la balance penche de ce côté, plus on est heureux. Le bonheur n’est pas dans les grandes études ou dans les grandes responsabilités, il ne se paye pas, Il n’appartient à personne, mais on peut participer à celui des autres. ’Heureux les artisans de paix’, dit l’évangile. Et rien, ni les souffrances, ni les épreuves, ni la cécité, ne peut m’empêcher d’être heureux."

Propos recueillis par Sophie le Pivain. Réussir ma vie





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Publié le : 08.09.2016 16:54