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galet Exposition de « La grande aventure des Chrétiens d’Orient » à l’église Saint Louis, Un parcours didactique et largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Eglises et des Chrétiens d’Orient

Exposition la « Grande aventure des Chrétiens d’Orient »

Conçue par l’Oeuvre d’Orient avec l’aide de l’Ordinariat des Catholiques des Eglises orientales en France, cette exposition sera présentée à Saint-Etienne du 8 au 23 mai 2010 à l’église Saint-Louis (place Waldeck Rouseau).

Le vernissage a eu lieu mardi 11 mai 2010 en présence de Mgr Dominique Lebrun et Mgr Philippe Brizard.

L’exposition "La grande aventure des Chrétiens d’Orient » se veut un parcours didactique et largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Eglises et des Chrétiens d’Orient. Elle aborde le côté historique, de la naissance de l’Eglise à Jérusalem aux séparations et réconciliations avec l’Eglise de Rome ainsi que les traditions et rites : maronite, chaldéen, copte, melkite, syriaque, arménien, gréco-catholique, malabar…

Une invitation à mieux connaître l’Oeuvre d’Orient et ses missions aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses, du Moyen-Orient jusqu’en Inde, d’Ukraine en Ethiopie.

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P. Louis Tronchon, Mgr Dominique Lebrun, Geneviève Boeuf, Mgr Philippe Brizard _ photo©Défrade

Paralèlement à cette exposition, Mgr Philippe Brizard, directeur général de l’Œuvre d’Orient, a donné une conférence le mardi 11 mai à 20 heures au centre d’Information Catholique sur le thème : "Fragilités et forces de l’Évangile, le témoignage des Églises d’Orient ».

L’OEuvre d’Orient instruit, soigne et soutient spirituellement les chrétiens d’Orient depuis plus de 150 ans. Grâce à ses 100 000 donateurs, elle aide évêques, prêtres et communautés religieuses à accomplir leur mission auprès de tous ceux qui en ont besoin, sans considération d’appartenance religieuse, dans 21 pays.


Mgr Philippe Brizard : « Si on courbe trop l’échine, on finit par être éliminé »

Entretien avec Mgr Philippe Brizard, directeur général de l’Œuvre d’Orient (extrait de La croix

- La Croix : Quel est l’avenir des minorités chrétiennes au Proche-Orient ?

Mgr Philippe Brizard : Le concept de minorité est probablement inadéquat dans ces pays multiethniques et multireligieux. Le terme de « mosaïque » traduit mieux la réalité. En Syrie, par exemple, les communautés alaouite, chrétienne et druze représentent chacune 10 % environ de la population, les chiites 15 %. Manifestement, il est une recette qui a fait son temps, c’est celle de l’État multiconfessionnel.

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Inventée par les Français et appliquée au Liban, on voit aujourd’hui qu’elle tourne mal. La seule vraie solution, celle que réclament les chrétiens, c’est une vraie démocratie reconnaissant la liberté religieuse, le droit de changer de religion, etc. L’idée a été promue par le parti Baas au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et par des intellectuels, entre autres, chrétiens : l’État doit dépasser les clivages religieux et accorder une seule citoyenneté. Mais pour de multiples raisons, liées à la guerre froide, aucun pays n’a poussé cette solution jusqu’au bout.

- Certains ne sont-ils pas plus tolérants que d’autres à l’égard des chrétiens ?

Mgr Philippe Brizard :La Syrie ou la Jordanie : on sent parfois que le volcan gronde mais il n’y a pas d’explosion. Dans ces deux pays, le gouvernement manifeste une plus grande neutralité religieuse et a une gestion plus raisonnable de la diversité.

En Jordanie, le Parlement a tenu bon plusieurs fois contre la demande de députés fondamentalistes d’appliquer la charia. Quant à la Syrie, c’est une dictature qui tient comme un couvercle sur une cocotte-minute. Mais au moins, les chrétiens n’y sont pas victimes d’ostracisme.

Ce qui n’est pas le cas ailleurs, en Irak bien sûr, mais aussi en Égypte, un pays qui m’inquiète beaucoup. J’ai le sentiment que les coptes minorent leurs difficultés pour ne pas les aggraver.

- La Turquie n’offre-t-elle pas un refuge à de nombreux chrétiens irakiens ?

Mgr Philippe Brizard :C’est la grande supercherie. Où est la laïcité, quand le gouvernement paye la construction des mosquées, les imams et contrôle le prêche du vendredi ? Les chrétiens n’y ont aucun statut, comme en témoignent leurs difficultés à gérer leurs biens. Quant aux réfugiés irakiens, ils sont, dès leur arrivée, accusés d’être des révolutionnaires kurdes, et déportés pour éviter qu’ils ne se constituent en communautés.

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Mgr Philippe Brizard, directeur général de l’Œuvre d’Orient _ photo©Défrade

- Que peuvent faire les Églises d’Occident ?

Mgr Philippe Brizard : Nous devons porter avec les chrétiens du Proche-Orient ce qu’ils ont à vivre. Et aussi les aider matériellement, financièrement. Nous avons eu récemment à Rome une réunion à ce sujet : force est de constater que l’on ne peut que parer aux situations d’urgence. Rendez-vous compte ce que c’est que d’être réfugié dans le désert de Syrie, là où ont été déportés les Arméniens pendant le génocide ! En Irak, on est au bord d’un génocide contre les chrétiens.

- En attendant une amélioration durable, convient-il d’aider les chrétiens à partir ?

Mgr Philippe Brizard : La meilleure solution est que chacun vive chez soi. Si les chrétiens viennent en Europe ou en Amérique du Nord, il faut évidemment les aider. Mais ils ne doivent pas se faire d’illusions : l’Occident n’est pas l’eldorado qu’ils imaginent, surtout que de nombreux pays ferment leurs frontières. Et puis, l’exode des chrétiens pose problème. S’ils fuient dans des pays limitrophes, il y a des chances pour qu’ils retournent un jour dans leur patrie d’origine. Mais s’ils s’installent à des milliers de kilomètres, ils ne reviendront pas, ni leurs enfants. Or la foi catholique s’exprime dans la tradition latine, mais aussi byzantine, copte, etc. Si l’une de ces cultures meurt, c’est une catastrophe. Un appauvrissement des cultures est un appauvrissement de la foi.

Les chrétiens du Proche-Orient doivent tout faire pour obtenir un statut dans leur pays. Si on courbe trop l’échine, on finit par être éliminé. Si on résiste, on montre ce que l’on a dans le ventre. Regardez l’évêque de Kerkuk, Mgr Louis Sako, qui souhaite aider ses fidèles à vivre en Irak dans leur foi et en devenant des citoyens responsables : son idée est qu’ils ne doivent pas se replier sur eux-mêmes, mais relancer l’activité religieuse. Mieux vaut montrer par son attitude qu’on est là et vivant, plutôt que de se laisser partir au fil de l’eau.

Recueilli par Anne-Bénédicte HOFFNER - revue La croix

- Plus d’information sur l’oeuvre d’Orient : www.oeuvre-orient.fr





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Publié le : 10.05.2010 16:24 - Mis à jour le : 25.05.2010 17:47